Le ministre François Blais, s’était tourné vers la Commissaire à l’éthique et à la déontologie en alléguant qu’Éric Caire (photo) s’était placé dans une situation de conflit d’intérêts lorsque lui et son ex-conjointe ont reçu un prêt de 55 000 $ du maire de L’Ancienne-Lorette.

Éric Caire blanchi par la Commissaire à l’éthique

EXCLUSIF / La Commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale blanchit le député sortant de La Peltrie, Éric Caire.

Le ministre de l’Emploi, François Blais, s’était tourné vers elle récemment en alléguant que le caquiste s’était placé dans une situation de conflit d’intérêts lorsque lui et son ex-conjointe ont reçu un prêt de 55 000 $ du maire de L’Ancienne-Lorette.

Comme le rapportait la Presse canadienne le 12 septembre, M. Blais faisait valoir, dans la plainte qu’il lui a envoyée, que lors de l’étude des crédits de son ministère, en mai 2017, le caquiste Éric Caire, reconnu pour «être en faveur des élargissements et prolongements d’autoroutes dans la région de Québec», s’était farouchement opposé au projet de prolonger l’autoroute 40 vers l’ouest. Le ministre relevait du même souffle que le maire Émile Loranger s’oppose lui aussi avec véhémence à ce projet, qui toucherait sa municipalité.

Dans ce contexte, le député-ministre libéral se demandait dans quelle mesure Éric Caire avait agi non seulement en toute transparence, mais en toute indépendance face à son créancier.

Dans sa réponse, obtenue par Le Soleil, la Commissaire à l’éthique et à la déontologie, Ariane Mignolet, conclut n’avoir aucun «motif raisonnable» de croire que le député Éric Caire a «commis un manquement au Code» lors de ses «interventions relatives au prolongement de l’autoroute 40 au cours de la séance de la Commission de l’aménagement du territoire du 1er mai 2017» en lien avec le prêt qu’il a contracté auprès du maire de L’Ancienne-Lorette.

Estimant, après «vérifications», n’avoir aucun «motif raisonnable» de croire que M. Caire ait commis quelque manquement que ce soit, la Commissaire Mignolet précise qu’elle ne voit ni la nécessité ni la pertinence de lancer une enquête.

Aucun fondement

Mme Mignolet écrit qu’il ressort de ses vérifications que le contrat de prêt a été signé le 16 juin 2017, soit un mois et demi après la séance de la Commission de l’aménagement du territoire du 1er mai 2017. «Il m’a également été confirmé que les discussions ayant mené à ce contrat de prêt n’ont pas débuté avant la fin du mois de mai 2017», précise-t-elle.

En outre, poursuit-elle, la position de M. Caire «concernant le prolongement de l’autoroute 40 était connue au moins depuis l’automne 2016».

Le ministre Blais avait aussi affirmé avoir eu «la forte impression» que lorsque M. Caire s’était absenté des travaux parlementaires du 1er mai, c’était pour communiquer avec le maire de L’Ancienne-Lorette dans le but d’ajuster ses prises de position à celles de son créancier. La Commissaire Mignolet conclut que cette impression n’a aucun fondement.