Lorsqu’ils regardent le système de santé de l’Outaouais, les politiciens ne proposent pas tous le même pronostic.

Différentes visions du système de santé

Que ce soit avec des mesures visant à régler « la grande pénurie de main-d’œuvre qui sévit en Outaouais », avec la correction du « sous-financement chronique », avec le « décloisonnement des actes cliniques » ou avec un « grand rattrapage », les quatre principaux partis provinciaux se sont engagés, en répondant à un questionnaire du groupe Santé Outaouais 2020 (SO2020), à améliorer l’offre de soins dans la région.

SO2020 a voulu profiter de la campagne électorale pour faire connaître les engagements détaillés des différents partis en matière de santé pour l’Outaouais, en invitant les candidats à répondre à huit questions portant notamment sur les urgences, la pénurie de personnel, l’accès aux lits de courte durée et le rapatriement des soins consommés en Ontario.

Recul en Outaouais
La Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) ont soutenu dans leurs réponses, dont Le Droit a obtenu copie, que le réseau de la santé est moins bien financé en Outaouais.


«  Le sous-financement [est] le nerf de la guerre.  »
Andrew Gibson, président de SO2020

La CAQ a fait mention du « sous-financement chronique persistant sous le régime libéral », le PQ s’engage « à corriger les iniquités entre les régions » et QS promet « un grand rattrapage en Outaouais ». Même si les libéraux affirment avoir corrigé la situation, le président de SO2020, Andrew Gibson, estime que « le sous-financement » est « le nerf de la guerre ».

Les candidats libéraux sont les seuls qui n’ont pas répondu à chaque question posée par SO2020. Ils ont plutôt effectué un retour sur leurs réalisations qui « ont fait une grande différence pour la population », en admettant que « tout n’est pas parfait ».

Andrew Gibson dit comprendre que les libéraux aient « vanté un peu leur parcours ». « Mais en même temps, c’est sûr qu’on aurait apprécié qu’ils prennent le temps de répondre » à chaque question, dit-il. Les libéraux résument donc, en seulement deux paragraphes, leurs « engagements concrets pour régler notamment la grande pénurie de main-d’œuvre qui sévit » dans la région.

Alors que libéraux misent notamment sur l’ouverture de nouvelles supercliniques, le PQ et QS mettent l’accent sur l’ouverture prolongée des CLSC, tandis que la CAQ veut un accès rapide aux professionnels œuvrant dans les cliniques et les groupes de médecine familiale.

Infrastructures
Si la CAQ promet un nouvel hôpital, le PLQ et le PQ prônent la modernisation de l’Hôpital de Hull, un projet dont la première phase ne toucherait toutefois pas à la zone des chambres. Deux promesses jugées « intéressantes » par M. Gibson, qui estime toutefois que chacune a « ses forces et ses faiblesses ».

Les candidats de QS sont moins précis, mais s’engagent « à fournir le financement nécessaire pour développer les infrastructures de santé et l’équipement médical requis ».

Tout en se disant satisfait que les partis aient pris la peine de répondre aux questions du regroupement citoyen dont il assume la présidence, Andrew Gibson aurait apprécié obtenir davantage de détails « sur comment » chaque formation souhaite arriver à ses fins.

Les réponses de chaque parti, qui seront accessibles sur la page Facebook de Santé Outaouais 2020, seront conservées précieusement, assure M. Gibson. « Une fois le nouveau gouvernement en place, peu importe ce sera qui, on va envoyer une lettre au premier ministre pour lui rappeler les engagements de son parti », promet-il.

+

PARMI LES RÉPONSES...

...de la CAQ

› Un nouvel hôpital d’au moins 170 lits d’ici cinq ans

› Accès à un médecin ou une infirmière dans un délai maximal de 36 heures

› Correction du « sous-financement chronique »

...du PLQ

› Rénover le Foyer du Bonheur et moderniser l’Hôpital de Hull

› Mieux former les préposés aux bénéficiaires

› Ajout de 25 supercliniques à travers le Québec

...du PQ

› réseau de cliniques d’infirmières spécialisées ouvertes les soirs et les fins de semaine

› Accès aux soins en CLSC Jusqu’à 21 h chaque jour

› Correction des « iniquités » entre les régions

...de QS

› Ouverture des CLSC sept jours sur sept, 24 heures sur 24

› Amélioration de la rémunération des employés et interdiction du temps supplémentaire obligatoire

› Un « grand rattrapage en Outaouais » pour pallier au « retard historique par rapport à d’autres régions similaires »