Le chef libéral Philippe Couillard

Couillard se défend d’envoyer ses candidats «passer des messages»

SHERBROOKE — Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, qui a promis de mener une campagne positive, se défend de demander à certains de ses candidats d’aller critiquer les autres partis ou ses adversaires sur la place publique.

Au neuvième jour de la campagne, celui-ci a été pressé de questions, vendredi, à Sherbrooke, après que le libéral Gaétan Barrette eut suggéré la veille que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) fasse la lumière sur le prêt de 55 000 $ fait au caquiste Éric Caire par le maire d’une municipalité de sa circonscription.

Irrité, M. Couillard a refusé de commenter et d’endosser la sortie de son député, comme il l’avait fait plus tôt dans la campagne avec ses candidates Marwah Rizqy et Christine St-Pierre, lorsqu’elles avaient reproché au chef caquiste François Legault d’être «sexiste» et de pratiquer du «féminisme de façade».

«Non, je n’envoie aucune instruction à mes candidats et candidates de prononcer des paroles semblables et je leur demande toujours de penser, s’ils le font, à se demander si c’était des paroles que moi j’utiliserais», a-t-il dit, lorsque questionné sur M. Barrette.

Lorsqu’on lui a demandé s’il ne relevait pas de sa responsabilité d’intervenir auprès de ses candidats s’il estimait que leurs commentaires n’étaient pas appropriés, M. Couillard n’a pas directement répondu à la question.

Pendant le point de presse, le chef libéral a dit que son équipe était «toujours en concertation», mais que ses candidats avaient également une «certaine liberté de parole».

«Je pense qu’ils agissent après des années [...] où l’équipe a été soumise à des critiques, de très dures critiques, a affirmé M. Couillard. Cela provoque chez certains des réactions.»

Le chef libéral par ailleurs réitéré sa confiance à l’endroit de sa recrue Gertrude Bourdon, qui serait sa prochaine ministre de la Santé, même si un rapport du Conseil du trésor consulté par le Journal de Montréal fait état que le CHU de Québec, alors qu’il était dirigé par Mme Bourdon, a fractionné des contrats pour en faciliter l’octroi à une entreprise spécifique.

Selon ce rapport, la procédure du CHU pour les appels d’offres «n’est pas conforme au cadre normatif en gestion contractuelle».

En juin, le Journal rapportait que M. Barrette avait défendu la gestion de la candidate libérale dans la circonscription de Jean-Lesage, dans la région de Québec.

«S’il vous plaît, ne comparez pas les deux situations ici», a répondu le chef libéral, lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il y avait de l’éthique à deux vitesses puisque M. Barrette suggère une enquête de l’UPAC pour le cas de M. Caire alors qu’il a défendu la gestion de Mme Bourdon.

«Toutes les règles ont été suivies, point final, toutes les règles ont été suivies», a répété M. Couillard

Il a également rejeté du revers de la main la déclaration du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui a dit trouver cette affaire «louche».