Philippe Couillard

Couillard en Mauricie pour lancer la campagne

TROIS-RIVIÈRES — Quand un premier ministre sortant choisit la Mauricie pour y faire son lancement de campagne, cela démontre à quel point la région sera des plus convoitées d’ici le 1er octobre, et ce, par tous les partis.

Il faut dire que Philippe Couillard débarquera jeudi sur un territoire entièrement libéral. Il se rendra en effet à la Ferme Nouvelle-France à Sainte-Angèle-de-Prémont en fin de journée. Mais avec le départ de Julie Boulet et la perte d’un comté à la suite du redécoupage de la carte électorale, le chef du PLQ veut à tout prix préserver les quatre circonscriptions restantes, dont celle de Trois-Rivières.

Dans ce cas, et à l’instar de ses collègues libéraux, le député sortant Jean-Denis Girard, qui aura perdu une limousine en cours de mandat, amorce la bataille avec des sondages défavorables. De plus, il doit composer avec le fait que son parti ait voulu se débarrasser de lui, selon le chroniqueur Denis Lessard, de La Presse. «Des rumeurs, il y en a toujours eu», a commenté le principal intéressé.

Sauf que son adversaire caquiste, Jean Boulet, n’hésite pas à relayer cette information. «Je veux certainement permettre à Trois-Rivières d’être à l’avant-plan, de revenir à l’agenda de ce qui se passe à Québec. Je veux redonner un rapport de force, un pouvoir de négociation au comté de Trois-Rivières. Les électeurs de Trois-Rivières ont des ambitions et il faut, en étant au pouvoir, permettre de les réaliser», confie le frère de la ministre libérale Julie Boulet.

Or, Jean-Denis Girard assure avoir un appui inconditionnel de son chef. «Je l’ai mentionné, je suis le candidat à Trois-Rivières et celui qui va faire la campagne. D’ailleurs, il était au Grand Prix de Trois-Rivières et il a adoré sa visite», se plaît-il à rapporter.

Celui-ci n’est pas peu fier du bilan de son gouvernement. «Les réalisations parlent d’elles-mêmes, que ce soit au niveau de la croissance économique ou de la lutte contre la pauvreté. Et on a mis en place des choses concrètes, comme la superclinique. Trois-Rivières va bien et je propose la continuité pour améliorer la qualité de vie des citoyens», fait-il savoir tout en soulignant le travail en équipe des députés libéraux en Mauricie.

Fraîchement reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs avocats au Canada, Jean Boulet veut pour sa part «plaider pour tous les dossiers qui militent en faveur de la déréglementation pour permettre aux entrepreneurs de se développer». «Il faut que Trois-Rivières soit reconnue comme le moteur du développement économique régional. Et notre rapport de force à Québec est extrêmement important. Plus grand est ton pouvoir, plus c’est bénéfique pour ta région», affirme-t-il.

Bref, un bel affrontement qui se dessine entre ces deux anciens présidents de chambre de commerce.

Aux dernières élections, la Mauricie avait élu cinq députés libéraux, Jean-Denis Girard, Pierre Giguère, Pierre Michel Auger, Marc H. Plante et Julie Boulet.
Donald Martel

Du côté de la CAQ, c’est néanmoins Sonia LeBel, dans Champlain, qui fait figure de candidate vedette en région. Reste à voir dans quelle mesure sa notoriété jouera en sa faveur contre le député libéral en place, Pierre Michel Auger. Dans Laviolette-Saint-Maurice, sans Julie Boulet, une occasion en or s’offre aux autres partis, sans écarter les chances de réélection de Pierre Giguère, tandis que dans Maskinongé, le député sortant Marc H. Plante semble le mieux positionné pour résister à une éventuelle vague caquiste.

Malgré sa troisième position dans les sondages, le Parti québécois reste optimiste. Et la candidate dans Nicolet-Bécancour, Lucie Allard, reflète plus que jamais cet état d’esprit alors qu’elle affronte un député de la CAQ qui a su faire sa place en région, Donald Martel.

«C’est un beau défi. Le vrai sondage, c’est le 1er octobre et il y a encore beaucoup d’indécis. Déjà, ça se passe vraiment bien. Je suis enthousiaste et positive. On a enfin l’opportunité de présenter notre programme. Notre parti est celui qui incarne le changement que les Québécois et les Québécoises attendent. Peu importe le candidat du PQ, on est vraiment très convaincu de ça. On y va par conviction, avec cœur et on s’investit à 150 %», soutient celle qui dit miser aussi sur les racines péquistes de sa circonscription.

En ce qui concerne Québec solidaire, qui a des candidats partout en région, on doit s’attendre à y voir débarquer régulièrement ses leaders. «On va passer en Mauricie plusieurs fois pour venir épauler nos candidats qui sont bien implantés dans leur milieu. Ce ne sont pas des gens parachutés. Ils connaissent la région, en proviennent, y vivent. Cette proximité-là avec les gens de la région sera un avantage pour nous», affirme l’organisateur en chef de la campagne électorale, Gabriel Nadeau-Dubois.

D’ailleurs, c’est en Mauricie que son parti a l’intention de dévoiler «une proposition économique importante et d’avenir». «Ce sera une annonce d’un projet économique majeur d’ampleur nationale, mais qui va s’incarner en Mauricie, un nouveau modèle de développement économique pour le Québec axé sur la réalité du 21e siècle», explique-t-il.

Et d’ici au 1er octobre, Québec solidaire fera également d’autres annonces «ambitieuses» et susceptibles d’intéresser les électeurs de la région, soit en matière de transport interrégional et d’accès à Internet haute vitesse.

«Il n’est pas normal que ce soit aussi difficile de se rendre en Mauricie ou de partir de la Mauricie pour se rendre dans d’autres régions du Québec», fait-il valoir.

Et selon lui, on ne peut demander à des familles immigrantes de venir s’installer dans une ville ou un village où elles n’auront pas accès à une connexion Internet de qualité. «Plusieurs municipalités en Mauricie ont un mauvais accès, voire aucun accès à Internet haute vitesse. En 2018, c’est inacceptable. Le modèle que proposent les libéraux et la CAQ ne fonctionne pas. On prend de l’argent public pour financer des entreprises privées qui donnent un mauvais service et qui elles, font du profit. Ce modèle-là n’a pas d’allure», dénonce M. Nadeau-Dubois.

Jeudi, les quatre candidats de la Mauricie vont procéder au lancement officiel de leur campagne dans le local situé au 180, rue des Forges, à Trois-Rivières. L’accueil se fera dès 17 h et les aspirants de Québec solidaire s’adresseront à leurs militants à compter de 17 h 30.

Finalement, le Parti vert du Québec, qui ne compte pour l’instant que deux candidats en région, fait tout de même parler de lui par sa représentante dans Champlain, Stéphanie Dufresne, avec son défi de manger 100 % local pendant 100 jours.