La directrice générale du CJE de l’Outaouais, Martine Morissette

CJE: des revendications à l'aube de la campagne

À l’aube de la campagne provinciale, le Carrefour jeunesse emploi (CJE) de l’Outaouais lance une campagne pour rafraîchir la mémoire des électeurs au sujet de la réforme mur à mur du financement des CJE à travers la province, implantée en 2015.

«Ce n’est pas plus d’argent, ce n’est pas une loi à changer, c’est juste de nous redonner notre financement pour qu’on soit encore plus performant», s’exclame la directrice générale du CJE de l’Outaouais, Martine Morissette.

Le CJE de l’Outaouais ne se plaint pas d’avoir été victime de mesures d’austérité. Le député et candidat libéral de Chapleau, Marc Carrière, soutient même que le financement provincial annuel a même augmenté.

Mme Morissette et le président du conseil d’administration du CJE de l’Outaouais, Nicolas Greugny, en ont plutôt sur les conditions reliées à l’obtention de l’enveloppe allouée par Québec. 

Autrefois, l’organisme recevait un financement de base et le gérait en fonction de son évaluation des besoins de la jeunesse de Gatineau et des environs. En 2015, Emploi-Québec a revu son cadre administratif et verse désormais des fonds aux CJE en fonction des services octroyés. 

La priorité étant de trouver un emploi aux jeunes prestataires de l’aide financière de dernier recours et aux jeunes admissibles à l’assurance-emploi. Des services comme l’aide à l’entrepreneuriat et l’accompagnement des jeunes artistes vers la professionnalisation ne peuvent plus être offerts.

Selon le CJE de l’Outaouais, le résultat c’est que 937 jeunes adultes en moins annuellement ont reçu du soutien, le temps consacré à l’administration a augmenté de 10% et le coût annuel par client a grimpé de 435$.

«Si je voulais changer d’emploi aujourd’hui, je ne pourrais pas bénéficier de l’expertise du Carrefour, soutient M. Greugny. Aujourd’hui, oui, facilement on peut trouver de l’emploi à Gatineau, parce qu’il y en a. Mais concrètement, trouver un bon emploi, qui correspond à ce qu’on veut faire et qu’on puisse nous aider à le faire, le marché du travail est complexe.»

«On veut évoluer. Le marché d’aujourd’hui ne sera pas le même dans six mois ou dans un an. Un financement de base souple et accessible, avec notre capacité de bouger et d’être performant, on va faire des miracles et même mieux», ajoute Mme Morissette.

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« LE TAUX DE CHÔMAGE N'A JAMAIS ÉTÉ AUSSI BAS », SOUTIENT MARC CARRIÈRE

Le Parti libéral du Québec n’a pas l’intention, du moins à court terme, de revenir à l’ancien modèle de financement pour le CJE de l’Outaouais.

Le député et candidat libéral de Chapleau, Marc Carrière, affirme que l’entente actuelle avec le Réseau des CJE du Québec — initialement d’une durée de trois ans — a été prolongée de façon à assurer une enveloppe pour les CJE jusqu’en 2021.

« L’ensemble des centres jeunesse emploi semble satisfaite de l’entente qu’il y a présentement. Est-ce qu’il y a lieu, après le bilan des trois ans, de revoir? À ce moment-là, le ministère pourra regarder ça. »

M. Carrière ajoute que les changements apportés ont apporté les résultats escomptés.

« L’objectif du gouvernement, on a un enjeu de main-d’œuvre criant, donc c’est d’amener les jeunes le plus rapidement possible sur le marché du travail, explique le député de Chapleau. Le taux de chômage n’a jamais été aussi bas au Québec, alors, ça doit donner des résultats quelque part. »

La directrice générale du CJE de l’Outaouais, Martine Morissette, n’est pas satisfaite de cette réponse et croit que les critères du gouvernement pour juger de la réussite du programme ne sont pas les bons.

« Ils sont bien satisfaits du marché du travail, mais c’est n’importe quoi. Le gouvernement n’est pas conscient de tous les besoins. On a des jeunes qui viennent nous voir, qui veulent changer de carrière et améliorer leur sort. »

Présent à la conférence de presse de mardi, le candidat du Parti québécois dans Chapleau, Blake Ippersiel, n’a pas mentionné si sa formation politique entend acquiescer à la demande du CJE de l’Outaouais.

« Ce qu’on veut, c’est réinvestir dans les organismes communautaires et ça comprend les CJE, ajoute M. Ippersiel. Au-delà du financement, au Parti québécois, on a une proposition en immigration qui permettrait d’alléger le fardeau des centres jeunesse emploi avec une reconnaissance des acquis. »