L'autocar du PQ a éprouvé un problème de suspension, mercredi. Le chef Jean-François Lisée a récupéré la situation à son avantage : un problème de suspension, oui, à cause des routes en mauvais état, vu l'inaction libérale depuis 15 ans, a-t-il lancé.

Carnet de bord: visite dans les coulisses de la campagne électorale

Une campagne électorale n'est pas seulement faite d'annonces et de discours officiels : elle donne aussi lieu à une foule d'anecdotes et d'histoires cocasses ou insolites. Chaque semaine, La Presse canadienne consigne les meilleures dans son carnet de bord.

DIMANCHE 2 SEPTEMBRE

Parti québécois

Après 11 jours à prendre la parole en public du matin au soir, un lapsus n'aurait su tarder.

Lors d'une conférence de presse sur la décentralisation des pouvoirs de l'État, dimanche matin, le chef péquiste Jean-François Lisée a déclaré : «Moi, comme premier ministre du Parti québécois...»

Questionné sur ce nouveau titre qu'il s'accordait, M. Lisée a précisé qu'il voulait plutôt dire «premier ministre du gouvernement du Parti québécois», se projetant dans l'éventualité de son accession au pouvoir.

Coalition avenir Québec

La caravane caquiste a effectué un arrêt au Village québécois d'antan de Drummondville.

En mêlée de presse à son arrivée sur place, François Legault a eu l'échange suivant avec un journaliste :

«Monsieur Legault, vous visitez le Village d'antan aujourd'hui. Quelles sont les valeurs d'antan que l'on devrait voir davantage aujourd'hui?

— Je ne me souviens pas de l'avoir visité, donc je vais le découvrir en même temps que vous.

— Mais sur les valeurs d'antan que vous aimeriez peut-être voir davantage aujourd'hui?

— Je n'ai pas vu le village, donc je ne peux pas vous dire ce qu'on va voir. Je vais peut-être vous le dire après ou demain matin.

— Les valeurs, les valeurs d'antan qu'on voyait dans le Québec d'autrefois?

— Ben les gens qui ont travaillé fort pour bâtir le Québec, on a une certaine responsabilité de garder ces valeurs-là.

— Quelles sont ces valeurs?

— La famille, la famille!»

MERCREDI 5 SEPTEMBRE

Parti québécois

Sur la route vers Rivière-du-Loup, l'autocar du Parti québécois s'est abruptement immobilisé.

Les journalistes ont exigé l'arrêt de leur propre autobus pour aller voir ce qui se passait, au grand dam des organisateurs politiques qui détestent les grands titres tels que «La caravane péquiste est en panne — comme sa campagne».

Le personnel a rapidement fait état d'un problème de suspension déjà corrigé, alors que les journalistes marchaient en bordure de la 132 pour observer tout cela de plus près.

Une fois arrivé à destination, le chef Jean-François Lisée décide de récupérer la situation à son avantage : un problème de suspension, oui, à cause des routes en mauvais état, vu l'inaction libérale depuis 15 ans, lance-t-il. Incident clos.

Coalition avenir Québec

L'équipe caquiste a eu affaire à un autre candidat plongé dans l'embarras, cette fois, en raison de la gestion de son bar, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Stéphane Laroche a été forcé de retirer sa candidature mercredi, après que La Presse canadienne eut révélé que l'établissement dont il est le propriétaire est reconnu pour avoir souvent accueilli des mineurs et pour avoir offert un salaire inférieur aux femmes de son personnel.

Autre fait saillant : pendant deux années consécutives, M. Laroche avait choisi de souligner la fête nationale par un événement intitulé la «Nain-Jean-Baptiste», dont l'animation était confiée à une personne de petite taille.

Malgré tous les tracas causés par cette affaire, l'équipe de la CAQ n'a pas pu réprimer ses rires devant une réécriture humoristique de leur slogan, «Maintenant» étant remplacé par «Naintenant».

JEUDI 6 SEPTEMBRE

Parti libéral du Québec

Lors d'une visite à la ferme laitière de la famille Leduc, à Thurso, en Outaouais, Philippe Couillard a accompagné l'un des copropriétaires dans l'étable, flanqué de journalistes et de caméras.

Steve Leduc leur a présenté une vache qui avait mis bas moins de 24 heures plus tôt. Sa petite velle restait alors à être baptisée.

«On pourrait l'appeler Aléna!» a lancé un caméraman, provoquant l'hilarité générale alors que l'accès au marché laitier canadien constitue justement une pierre d'achoppement dans la renégociation du traité de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique.

Coalition avenir Québec

À l'inauguration du local électoral de sa candidate dans la circonscription de Bertrand, jeudi, François Legault semblait confus sur la composition de son éventuel cabinet.

«J'ai promis qu'il y aurait 50 % de femmes ministres, 50 % de femmes-hommes. Je vais respecter ça! Ça ne sera pas compliqué!» a-t-il promis.

VENDREDI 7 SEPTEMBRE

Parti québécois

La nouvelle candidate péquiste dans la circonscription de Laporte a dû suivre un cours en accéléré, devant les caméras, sur la vision de son parti vendredi.

Questionnée sur le port de signes religieux, Annie Lessard a admis ne pas connaître la position péquiste en la matière par rapport aux éducatrices en service de garde.

Le chef péquiste est intervenu, lâchant au passage qu'elle n'avait «pas eu son briefing de candidate encore».

«Ceux qui sont déjà à l'emploi et qui portent un signe religieux ont un droit acquis. Pour les futures embauches, on dit : "Écoutez, le code vestimentaire a changé. Vous ne pouvez plus, pour les nouvelles embauches, avoir de signes religieux ou de convictions si vous êtes à l'emploi d'une garderie installée"», a résumé Jean-François Lisée.

La candidate a demandé des précisions.

«Mais mettons... la petite croix ou la grosse? C'est parce que c'est relatif ça, encore. Si j'ai un petit tatou[age] moi, caché...»

«Apparent», a spécifié son chef.

Elle a pris son souffle — et un moment pour y réfléchir.

«J'appuie le parti. Je suis à l'aise avec la position du parti», a-t-elle finalement lâché, après quelques secondes qui ont dû paraître interminables pour le chef Lisée.