François Legault a fait valoir que le ministère de la Santé avait besoin de « quelqu’un qui sait comment motiver du personnel ».

CAQ: un gestionnaire du privé comme ministre de la Santé?

TERREBONE — François Legault n’écarte nullement la possibilité de nommer un gestionnaire du secteur privé comme ministre de la Santé.

C’est ce qu’a affirmé mercredi le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) en présentant son candidat dans la circonscription de Terrebonne, l’homme d’affaires Pierre Fitzgibbon.

À la suite du désistement de la PDG du CHU de Québec, Gertrude Bourdon, que plusieurs voyaient au poste de ministre de la Santé dans un éventuel gouvernement caquiste, la liste des candidats issus du réseau de la santé pour le plus important portefeuille ministériel s’est rétrécie. Il reste notamment le directeur du service de neurologie du CHU Sainte-Justine, le neurologue Lionel Carmant, qui porte les couleurs de la CAQ dans Taillon.

En présentant M. Fitzgibbon, François Legault a fait état de la nécessité d’avoir d’excellents gestionnaires pour « mieux gérer des gros ministères comme la Santé ».

« Ce qu’on veut, c’est d’abord quelqu’un qui a une expérience en gestion, que ce soit gestion dans le réseau de la santé ou gestion dans une entreprise », a-t-il affirmé.

M. Legault a fait valoir que ce ministère avait besoin de « quelqu’un qui sait comment motiver du personnel ; on sait qu’actuellement le personnel du réseau de la santé est démotivé, démobilisé ».

Rappelant que le budget du ministère de la Santé atteint 40 milliards $ et que celui-ci chapeaute une masse d’employés, il a dit vouloir « un ou une gestionnaire qui a déjà géré des grandes organisations, qui a déjà géré des grands groupes d’employés ».

Cadre financier : dépôt conditionnel ?
François Legault a par ailleurs indiqué que son cadre financier est déjà prêt, mais qu’il attend de voir celui des libéraux avant de le rendre public.

Bien qu’il s’attende à dévoiler ce cadre financier avant le premier débat, il a insisté sur le fait que le parti de Philippe Couillard, aux affaires depuis quatre ans, « a une connaissance plus fine de l’application de toutes les annonces — on sait qu’ils en ont fait beaucoup d’annonces dans les dernières semaines ».

« C’est difficile de savoir si toutes les annonces qu’ils ont faites dans les dernières semaines se retrouvent dans le cadre qui a été déposé et approuvé par la vérificatrice générale », a expliqué le chef caquiste.

Pressé quant à savoir s’il rendait le dépôt de son propre cadre financier conditionnel au dépôt de celui des libéraux, il a répondu : « la question se pose, mais j’aimerais être capable de voir le cadre des libéraux avant de déposer le nôtre ».

Circonscription prenable
Les sondages continuent d’être favorables à la CAQ, qui maintient sa première position dans les intentions de vote et la formation entend étendre son emprise sur la couronne Nord de Montréal, où elle a déjà des assises solides.

La circonscription de Terrebonne représente une de ses cibles privilégiées : le député sortant, le péquiste Mathieu Traversy, y a été élu avec seulement 743 voix de majorité devant son adversaire caquiste, Jean-François Jarry, en 2014.

Pierre Fitzgibbon, directeur associé chez Partenaires Walter Capital, est un gestionnaire chevronné qui a œuvré à la haute direction de nombreuses entreprises, dont la Banque Nationale, Domtar et Price Waterhouse. Il a également siégé sur plusieurs conseils d’administration, dont celui de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

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LES QUÉBÉCOIS NE VEULENT PLUS DE BARRETTE

QUÉBEC - Les Québécois ne veulent plus du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, selon un sondage publié mercredi par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le sondage Recherche Mainstreet a été réalisé du 4 au 6 août dernier auprès de 1328 répondants par réponse vocale interactive. Sa marge d’erreur est de 2,69 pour cent.

Il suggère que 81 pour cent des répondants ne veulent plus de Gaétan Barrette comme ministre de la Santé. Près de 60 pour cent d’entre eux s’identifieraient pourtant au Parti libéral de Philippe Couillard.

Le bilan en santé du gouvernement libéral serait perçu de façon négative par 70 pour cent des répondants.

De plus, le sondage suggère que 47 pour cent des répondants estiment que Philippe Couillard et Gaétan Barrette ont davantage travaillé à améliorer le sort des médecins plutôt que celui des patients au cours des dernières années.

De passage à Terrebonne mercredi, François Legault a annoncé qu’il n’écartait pas la possibilité de nommer un gestionnaire du secteur privé comme ministre de la Santé.

C’est ce qu’il a affirmé en présentant son candidat dans la circonscription de Terrebonne, l’homme d’affaires Pierre Fitzgibbon.

Jonatan Julien dans Charlesbourg

Par ailleurs, M. Legault se rendra en fin de journée mercredi dans la circonscription de Charlesbourg, où il présentera Jonatan Julien comme candidat, à défaut de pouvoir compter sur la présidente-directrice générale du CHU de Québec.

Gertrude Bourdon a fait faux bond à la CAQ samedi. Selon plusieurs médias, la gestionnaire d’expérience et ex-infirmière, qui est aussi courtisée par les libéraux, aurait exigé le poste de ministre de la Santé, un réinvestissement en santé de huit pour cent par année, et le maintien de l’entente de rémunération des médecins spécialistes.

Cela entrait en contradiction avec la promesse du chef de la CAQ, François Legault, de renégocier le pacte avec les médecins spécialistes, duquel il espère recouvrer 1 milliard $.

Mme Bourdon a, jusqu’à ce jour, refusé toutes les demandes d’entrevue qui lui ont été proposées. De son côté, le premier ministre et chef du Parti libéral, Philippe Couillard, n’a pas voulu confirmer lundi la tenue de discussions avec elle.

M. Legault présentera donc le conseiller municipal Jonatan Julien dans la circonscription de Charlesbourg. L’ex-bras droit du maire de Québec, Régis Labeaume, affrontera notamment le ministre libéral François Blais.

Il s’agit d’un deuxième essai dans le comté de Charlesbourg pour M. Julien, qui s’est déjà présenté pour l’Action démocratique du Québec (ADQ) il y a 15 ans, en 2003.

Jonatan Julien était en froid avec le maire Labeaume depuis le mois de mai. Il a claqué la porte d’Équipe Labeaume, après que le maire l’eut critiqué publiquement pour sa gestion du projet de construction d’une nouvelle centrale de police. Le projet a finalement été abandonné.