Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s'en est pris samedi matin au supposé cadre financier de la CAQ, ciblant ce parti car ce sont «les pires», estime-t-il.

Cadre financier de la CAQ: «du charlatanisme», juge Lisée

MONTRÉAL — Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s'en est pris samedi matin au supposé cadre financier de la CAQ, ciblant ce parti car ce sont «les pires», estime-t-il.

Au troisième jour de la campagne électorale, le chef péquiste a fait cet exercice puisqu’il juge bon que les citoyens tiennent dès maintenant à l’oeil les offres financières de son adversaire politique afin d’évaluer si elles sont crédibles ou non.

Même si la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas encore dévoilé son cadre, le PQ a fait des calculs avec les chiffres de la vérificatrice générale, rendus publics lundi, et avec des positions déjà affichées par la CAQ, notamment la promesse de baisser les taxes scolaires à hauteur de 700 millions $.

L’avis pour cette activité de M. Lisée était intitulé «Point de presse sur le cadre financier de la CAQ».

Pourquoi viser ce parti? Interrogé à savoir s’il se concentrait ainsi sur les caquistes parce qu’il les considère comme ses principaux adversaires dans cette campagne électorale, Jean-François Lisée a répondu laconiquement : «parce que c’est les pires».

Il avait toutefois auparavant dit que l’encre rouge sur le tableau financier qu’il avait apporté pour son annonce, qui représente le déficit d’un Québec dirigé par la CAQ, est le résultat à la fois de «l’héritage libéral» et de «la menace caquiste».

Aux côtés de l'ex-ministre péquiste des Finances Nicolas Marceau, maintenant candidat dans la circonscription de Rousseau, M. Lisée a plutôt fait valoir que considérant l'état actuel des finances du Québec, M. Legault n'a que deux options: couper dans les services ou faire des déficits.

Mais il fait plutôt miroiter aux citoyens des choses impossibles, a-t-il lancé.

«Un cadre financier qui est fondé sur de l'argent imaginaire qu'on va aller chercher, c'est ... du charlatanisme», a lancé le chef péquiste.

Car les présumées sources de revenus de la CAQ pour financer ses projets sont, au mieux, illusoires, a insisté M. Marceau, faisant référence notamment aux vagues «gains d'efficacité» promis par M. Legault qui doivent dégager de l'argent pour offrir des services.

«Ça, c'est la broche à foin avec laquelle M. Legault va attacher son cadre financier», s'est exclamé M. Marceau. Le point de presse s'est tenu, pour marquer le coup, dans un cul-de-sac de la métropole.

Des gains d'efficacité, oui, c'est bon et possible, mais prétendre en dégager pour des centaines de millions, «c'est mentir à la population» et ça rime avec austérité, a-t-il ajouté.

François Legault fait de telles promesses car il veut être premier ministre: «Parce que ses sondeurs lui ont dit: "offre ça, ça va marcher". Dis que tu aimes le Canada, tu vas être premier ministre. Alors, il dit des choses qui ne se peuvent pas et il fait le pari que les gens vont le croire», a déclaré M. Lisée.

Le chef de la CAQ réagit

François Legault ne semble pas avoir accordé beaucoup d'importance aux critiques de son homologue péquiste.
Il soutient que son cadre financier est prêt, «qu'il balance» et est «impeccable», car il a été confectionné par d'excellents gestionnaires, qui sont de plus candidats dans son équipe. Il dit attendre que les libéraux dévoilent le leur avant de faire de même.

M. Legault a aussi rétorqué que son plan, annoncé vendredi, de «maisons pour aînés», des établissements plus modernes et confortables qui remplaceraient tous les Centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) d'ici 2038, ne serait pas une dépense incommensurable. Il a contesté le chiffre de 20 milliards $ avancé par Radio-Canada comme facture totale et précisé que son plan s'étale sur 20 ans.

Et le chef caquiste envisage aussi de recourir à des partenariats public-privé (PPP) pour les construire, a-t-il dit samedi.

«(Le coût), ça va dépendre de quelle proportion sera faite par le privé, quelle sera faite par le public», a-t-il indiqué, soulignant qu'il y aura, avec un gouvernement caquiste, des maisons pour aînés publiques et semi-publiques. Il verra à évaluer qui est disponible pour faire les projets et lesquels «ont le meilleur coût-bénéfice».

Rencontre imprévue

Samedi, le chef péquiste a fait une foule d'activités dans sa propre circonscription de Rosemont, où il se rendait pour la première fois depuis le lancement de l'élection. Sur la promenade Masson, il est arrivé face à face avec Vincent Marissal de Québec solidaire (QS), qui lui dispute la circonscription. La poignée de main a été polie, et les deux hommes se sont empressés de continuer leurs activités respectives.
M. Marissal, un ancien chroniqueur du journal «La Presse», a estimé que la lutte serait serrée.

Agriculture urbaine

Lors de sa première visite dans sa circonscription de Rosemont, sur l’île de Montréal, samedi matin, le chef péquiste avait fait une promesse verte.

Il avait indiqué qu’un gouvernement du PQ favoriserait l’installation de serres sur les toits des édifices en milieu urbain, en remettant aux propriétaires qui en installent l’équivalent de leurs taxes foncières sur cinq ans.

La mesure serait bonne pour l’environnement en réduisant les gaz à effet de serre (GES), avait fait valoir le PQ.

On ne sait pas combien d’immeubles pourraient bénéficier de cette initiative, qui ne s’appliquerait qu’aux nouvelles constructions.