Éducation

Plus de 1000 étudiants reçoivent leur diplôme

Plus de 1000 étudiants de l’Université d’Ottawa ont reçu leur diplôme universitaire dimanche après-midi au Centre Shaw.

Au total, ce sont 1 767 diplômes qui ont été remis. Au passage, le recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont, et le chancelier Calin Rovinescu, ont décerné deux doctorats honorifiques. 

L’ancien président-directeur général du Centre national des arts, Peter Herrndorf, et la Dre Catharine Stimpson sont les récipiendaires. 

Pour M. Herrndorf il s’agit d’un septième doctorat honorifique en carrière.

Éducation

Ressources en éducation: pour en finir avec le Yo-Yo

«Je ne vous pardonnerai jamais d’avoir coupé dans l’aide aux enfants en difficulté!» François Legault piquait ainsi Philippe Couillard lors du dernier débat de la campagne électorale. Le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, marche dans ses pas en s’engageant à augmenter le nombre de professionnels dans les écoles dès septembre 2019, en plus de garantir un «plancher de services» aux élèves d’ici la fin du mandat.

«C’est inexcusable ce que les libéraux ont fait», peste M. Roberge en entrevue au Soleil. Pour atteindre l’équilibre budgétaire, des compressions importantes ont été faites à partir de 2015 et les commissions scolaires ont choisi de couper des postes de psychologue et d’orthopédagogue, par exemple. Résultat : le réseau scolaire a perdu environ 370 professionnels en deux ans, une baisse de 6 % des effectifs (voir tableau à la page 33).

«Je vous dirais que c’est le principe du yo-yo habituel. C’est pas la première fois que ça se produit, qu’on arrive dans une période de déficit zéro et le premier groupe qui est touché, c’est les professionnels», explique Johanne Pomerleau, présidente de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec.

Les enseignants sont protégés par un ratio d’élèves par classe, si bien qu’ils ne peuvent être coupés, mais aucune mesure semblable ne protège les professionnels, qui supportent ces enseignants dans leur tâche.

Pour M. Roberge, ce jeu du yo-yo doit cesser. «On pourra toujours aller plus haut, mais on ne pourra pas aller plus bas qu’un certain seuil», indique-t-il. Au travail depuis huit jours, il raconte avoir déjà donné plusieurs orientations et consignes à sa sous-ministre Sylvie Barcelo et à son équipe. Le dossier des services professionnels en fait partie.

Même si les libéraux ont recommencé à investir en éducation en fin de mandat et que de nouveaux postes ont été ouverts, M. Roberge estime que ce n’est pas suffisant. «Nous, la courbe [des professionnels scolaires] va être ascendante tout le long du mandat.»

Rattrapage

Mme Pomerleau croit également que du rattrapage reste à faire. «On n’a même pas atteint ce qu’on considérait comme un minimum en 2010. Et depuis, le nombre d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA) a augmenté.»

Selon une étude de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, publiée en avril, un élève sur cinq au Québec est considéré HDAA à l’heure actuelle. Entre 2001 et 2016, cette clientèle a connu une croissance de 72 %.

Mais même si le gouvernement de la CAQ ouvre les vannes, une pénurie de cette main-d’œuvre spécialisée pourrait se faire sentir. «On a une problématique d’attraction et de rétention. Pour plusieurs corps d’emploi, par exemple, les conditions de travail sont meilleures au privé et même au public en santé», indique Mme Pomerleau.

Ainsi, une orthophoniste qui travaille pour le ministère de la Santé peut le faire toujours à partir du même bureau et voit les patients un à la fois. «Sa liste d’attente, c’est des dossiers classés dans un tiroir. Quand tu es au scolaire, tu vas te promener dans quatre ou cinq écoles, tu vas travailler dans des petits locaux très bruyants et en plus, ta liste d’attente, elle court autour de toi. 

Les enfants, ils sont là, dans l’école», décrit Mme Pomerleau.

Le ministre Roberge se dit conscient du défi, mais croit que le plan de son gouvernement va créer des conditions gagnantes pour ramener les professionnels, tout comme les enseignants, vers les écoles. «La marée va changer de côté. Je suis confiant qu’en améliorant plusieurs choses, on va y arriver.»

La CAQ a l’intention de rénover et de construire de nouvelles écoles beaucoup plus rapidement qu’avant et propose de créer davantage de classes spécialisées, afin de limiter le nombre d’élèves à besoins particuliers dans les classes ordinaires.

En chiffres
Nombre de professionnels dans les écoles du Québec (En équivalent temps plein)
Année     Nombre     Variation
2011-2012    6251    
2012-2013    6351 ↑
2013-2014    6418 ↑
2014-2015    6432 ↑
2015-2016    6236    ↑
2016-2017*    6061    ↓
2017-2018*    6311    ↑
2018-2019*    6911    ↑
Source : Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (système Percos)

* Évaluations faites par la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, les chiffres du ministère n’ayant pas encore été mis à jour.

Éducation

Le père d’un enfant autiste poursuit la commission scolaire de la Capitale

Avant même l’entrée à la maternelle, la commission scolaire de la Capitale savait que Thomas souffrait d’autisme et aurait besoin de soutien à l’école. Ce n’est que cinq ans plus tard que la porte d’une classe spécialisée s’est ouverte pour lui.

Le père de Thomas, Michel Labonté, témoigne cette semaine dans le cadre de la poursuite de 600 000$ qu’il a intenté contre la commission scolaire de la Capitale. Le père allègue que la commission scolaire a fait preuve de discrimination et n’a pas offert l’éducation primaire que méritait son garçon, aujourd’hui âgé de 15 ans.

En septembre 2007, alors qu’il fréquente une garderie, Thomas reçoit un diagnostic de trouble envahissant du développement (TED), une forme d’autisme. Le garçon est docile, gentil avec les adultes, mais peine à entrer en contact avec les autres enfants.

Son père se rappelle comment, lorsqu’il jouait avec Thomas, son garçon replaçait toujours les trains de façon rectiligne. Et il se revoit encore couvrir les oreilles de Thomas avec ses mains pour ne pas que l’enfant soit effrayé par le bruit des sèche-mains à la salle de bain.

Pas d’évaluation

Lorsque Thomas commence la maternelle à l’école Val-Joli de Val-Bélair, la commission scolaire a déjà reçu tous les rapports médicaux de Thomas. Selon la prétention du père, jamais les autorités scolaires n’ont procédé à l’évaluation des besoins et capacités de l’enfant, tel que le requiert la Loi sur l’instruction publique.

Thomas intègre la classe d’une enseignante d’expérience. Une technicienne en éducation spécialisée aide Thomas. Elles seront trois à se succéder auprès de l’enfant durant l’année scolaire.

Le garçon fait l’objet d’un premier plan d’intervention, qui sera suivi de plusieurs autres. Les parents participent à toutes les rencontres. « On veut être des partenaires », insiste Michel Labonté.

En première année, Thomas a énormément de difficultés avec les notions abstraites, surtout en français et en mathématiques. La période des leçons à la maison s’étire souvent sur plus d’une heure. « Il doit suivre le même rythme que les autres, raconte le père. La charge nous semble trop lourde, mais c’est notre premier enfant, on essaie de suivre la vague. »

Sur papier, les résultats scolaires de Thomas sont suffisants. Jusqu’en 4e année, qu’il devra recommencer.

Liste d’attente

En mars 2011, lorsque Thomas est en deuxième année, le médecin qui le suit fait une recommandation pour que l’enfant intègre une classe spécialisée.

Selon le père, la direction de l’école n’évoquera pour la première fois cette possibilité de classe spécialisée qu’après cette recommandation. Thomas n’y aura accès qu’en 2013, dans la classe Le Petit Prince à l’école des Écrivains, dans le quartier Les Saules. Selon la commission scolaire, ce retard s’explique en raison d’une longue liste d’attente.

Thomas devra faire deux fois sa quatrième année dans sa nouvelle classe spécialisée. Il y termine son cours primaire. Aujourd’hui, il étudie au secondaire, dans une classe spécialisée.

Le procès doit durer neuf jours.

Éducation

Un conseil scolaire veut changer la façon d’enseigner «To Kill A Mockingbird»

MISSISSAUGA — Certains écrivains canadiens applaudissent un conseil scolaire ontarien qui a affirmé que «Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur» («To Kill A Mockingbird») ne devait être enseigné que dans une lorgnette critique «anti-oppression».

Les auteurs font valoir qu’il est important que les étudiants voient leur identité reflétée dans les documents sur lesquels ils travaillent en classe d’anglais.

Le conseil scolaire du district de Peel a déclaré vouloir exposer les élèves à des textes d’auteurs divers sur l’appartenance ethnique et l’injustice afin de mettre à jour son programme d’enseignement de l’anglais. Il a envoyé une note en ce sens aux directeurs et chefs de département d’anglais.

La note indique que si les enseignants choisissent d’utiliser le roman classique de Harper Lee dans leurs plans de cours, cela doit être fait avec un oeil critique.

Le roman a été publié en 1960 et explore les inégalités raciales dans une petite ville de l’Alabama par l’entremise d’un procès d’un homme noir faussement accusé d’avoir violé une femme blanche, tel que raconté par la fille de l’avocat blanc responsable de la défense de l’accusé.

Le poète afro-canadien George Elliott Clarke a fait valoir que les textes enseignés aux étudiants sur le racisme devraient avoir des personnages principaux de couleur, car ceux-ci valident et concentrent les expériences d’oppression.

Poleen Grewal, directrice adjointe des services de soutien à l’éducation et à l’équité au conseil scolaire, a envoyé la note de service et a affirmé que le roman serait enseigné de manière à analyser l’impact du fait que l’enjeu du racisme est brossé par une écrivaine blanche et comment cela laisse en plan la perspective de ceux ayant véritablement expérimenté le racisme.

L’écrivain sino-canadien Wayson Choy a dit être aussi d’avis que To Kill a Mockingbird devrait être enseigné avec une approche plus critique et une mise en contexte importante, étant donné que le racisme est abordé différemment aujourd’hui qu’il l’était il y a plus de 50 ans.