Éducation

Université francophone : Joly réfute les propos des sous-ministres ontariens

Mélanie Joly réfute les propos énoncés par les deux sous-ministres ontariens qui sont venus dire au Comité permanent des langues officielles qu’il n’y avait pas eu de discussions entre leur ministère respectif et le fédéral dans le dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF).

« On a essayé d’entrer en contact avec eux par lettre, sans retour, et les fonctionnaires du département de Mme Joly ont été mandatés d’être en communication avec eux de façon hebdomadaire par téléphone », explique Jérémy Ghio, l’attaché de presse de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie du Canada.

Ce dernier ajoute qu’il a obtenu une confirmation que plusieurs échanges, tant par courriel que par téléphone, ont eu lieu entre les deux paliers de gouvernement.

La sous-ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Marie-Lison Fougère, et son homologue de la Formation et des Collèges et Universités, Georges Zegarac, étaient de passage à Ottawa jeudi pour traiter des coupes dans les services en français en Ontario. 

M. Zegarac a mentionné qu’aucune rencontre n’a eu lieu entre son ministère et Ottawa depuis les annonces du 15 novembre. 

« Il n’y a pas eu de réunion entre le ministère de Mme Joly et le nôtre, a déclaré le sous-ministre. Peut-être qu’il y a eu des discussions par l’intermédiaire des médias, mais moi je n’ai rien reçu. »

Des propos qui ont surpris le bureau de la ministre Joly.

« On veut discuter et parler avec la province, mais c’est un projet qui doit d’abord être proposé par la province. Il faut que la province fasse preuve de leadership et qu’elle s’assoie avec nous », ajoute M. Ghio.

Dans la lettre envoyée à la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, le 13 janvier dernier pour l’informer des fonds de 1,9 M$ remis à l’UOF, la ministre Joly tend la main à son homologue. Elle soutient que la contribution d’Ottawa est « conditionnelle à ce que la province lui présente une demande de financement, et qu’elle s’engage à assumer au moins 50 % des coûts totaux ». La ministre fédérale ajoute que c’est au gouvernement ontarien que revient la responsabilité de mener à bien ce projet.

Actualités

Les frais de garde au Canada augmentent moins vite, selon une étude

OTTAWA — Les frais de garderie ont baissé - ou ont peu augmenté - dans certaines villes canadiennes, ce qui pourrait être un signe que l’argent fédéral commence à porter ses fruits, selon une nouvelle étude.

La cinquième enquête annuelle sur les frais de garde d’enfants dans les plus grandes villes du Canada, réalisée par le Centre canadien de politiques alternatives, indique quand même que les frais de places en garderie réglementées à temps plein ont augmenté plus rapidement que l’inflation dans 61 pour cent des villes examinées.

Le groupe de réflexion a constaté que les coûts étaient les plus élevés à Toronto et dans ses banlieues, où les frais s’élevaient en moyenne à 1685 $ par mois pour les poupons de moins de 18 mois, et à 1150 $ par mois pour les enfants plus âgés.

C’est encore au Québec que les villes affichaient les tarifs les plus bas pour les places réglementées à temps plein au pays, suivies de Winnipeg et de Charlottetown - dans les trois provinces, en fait, où les tarifs sont fixes depuis des années.

Le Trésor fédéral devrait dépenser 7,5 milliards $ sur 10 ans pour aider à financer des places en garderie dans tout le pays, grâce à des accords conclus avec chaque province. Les trois premières années, ces dépenses doivent s’élever à 1,3 milliard $, ce qui devrait permettre de créer ou de maintenir 40 000 places subventionnées, un objectif qui serait sur le point d’être atteint, selon les libéraux. Une fois ces trois années écoulées - après les élections fédérales d’octobre -, de nouveaux accords de financement devront être signés avec les provinces - qui sont responsables des services de garde.

David Macdonald, économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives, s’attend à ce que les efforts fédéraux visant à réduire les frais de garde entraînent une baisse globale des prix pour la première fois en cinq ans.

«Les frais augmentaient en général d’année en année, beaucoup plus que le taux d’inflation, et nous constatons que ces frais commencent à s’inverser dans quelques provinces», a soutenu M. Macdonald. Le chercheur affirme que les dépenses fédérales initiales semblent avoir aidé les provinces à réglementer les tarifs.

Le gouvernement fédéral ne s’attendait pas à ce que les provinces fixent des frais moins élevés lorsqu’il a conclu avec elles des accords de financement l’année dernière: Ottawa croyait plutôt que les gouvernements provinciaux trouveraient le moyen de moduler les tarifs en fonction des revenus des parents.

Ainsi, un régime de frais fixes à Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, a entraîné une baisse de 13 pour cent des frais de garde, indique le rapport, même si ces tarifs restent comparables à ceux d’Ottawa, où les taux sont fixés par le marché.

D’autres provinces utilisent les fonds fédéraux pour financer d’autres initiatives publiques, en augmentant par exemple les subventions aux familles à faible revenu, précise M. Macdonald. Les impacts de ces initiatives ne sont pas pris en compte dans l’enquête sur les frais de garde. Certains organismes soutiennent qu’il est préférable de donner plus d’argent aux familles et de les laisser prendre leurs propres décisions en matière de garde d’enfants.

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Points saillants de la cinquième enquête annuelle sur les frais de garde d’enfants dans les plus grandes villes du Canada, réalisée par le Centre canadien de politiques alternatives:

- pour les enfants d’âge préscolaire (de trois ans jusqu’à l’âge de fréquenter l’école, dépendamment de la province), la catégorie la plus répandue, les frais de garde sont les plus élevés à Toronto (1150 $ par mois) et dans ses banlieues. Par contre, des frais de garde autour de 1000 $ par mois sont courants en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta. Une fois de plus, les frais de garde fixes au Québec (175 $ à Montréal et 190 $ à Gatineau, Laval, Longueuil et Québec) se trouvent à l’extrémité opposée de la fourchette tarifaire canadienne.

- pour les bambins (18 mois à trois ans), les frais de garde médians les plus élevés sont à Vancouver (1407 $ par mois), Toronto (1367 $) et Mississauga (1269 $). Une fois de plus, en raison du régime à tarifs fixes en vigueur au Québec, les frais de garde les plus bas pour ce groupe d’âge sont à Montréal (175 $ par mois) et à Gatineau, Laval, Longueuil et Québec (190 $).

- pour les poupons (enfants de moins de deux ans, en général), les frais de garde médians les plus élevés sont encore à Toronto (1685 $ par mois), Mississauga (1591 $) et Hamilton (1497 $). Les frais les moins élevés sont encore au Québec: à Montréal (175 $ par mois) et dans les villes de Gatineau, Laval, Longueuil et Québec (190 $).

Éducation

Un campus de L’Héritage à Alexandria

L’école élémentaire publique Terre des Jeunes d’Alexandria accueillera un nouveau pavillon de l’école secondaire L’Héritage. Cette initiative permettra aux élèves du primaire de continuer leur éducation au secondaire dans une école publique francophone.

Pour pouvoir continuer leurs études en français, 60 % des élèves du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) à Alexandria doivent se diriger vers une école secondaire catholique à la fin de leurs études à l’école primaire. Le reste se dirige plutôt vers les écoles anglophones.

Politique

Sébastien Proulx écarte la chefferie et ne s'engage pas à compléter son mandat

Sébastien Proulx, ce pilier du Parti libéral du Québec (PLQ), ne se présentera pas comme candidat à la chefferie et ne s'engage pas non plus à compléter son mandat.

Le politicien de 43 ans, qui oeuvre actuellement comme leader parlementaire de l'opposition officielle, a annoncé sa décision mercredi, lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale.

Estimant avoir déjà «donné pas mal» en politique, il a déclaré ne pas vouloir participer à l'éventuelle course à la chefferie pour remplacer Philippe Couillard.

Celle-ci devrait avoir lieu quelque part en 2020, ou même en 2021. «J'ai été pas mal discret sur cette question-là. Pourquoi? Parce que je voulais me poser la question et y répondre moi-même : "Ai-je le goût de faire cela?" La réponse, c'est non», a-t-il expliqué.

Dans les corridors du parlement, on chuchote que les députés Dominique Anglade, André Fortin et Marwah Rizqy pourraient choisir de briguer la direction du parti.

D'ici là, M. Proulx a l'intention de continuer à exercer son rôle de leader parlementaire. Toutefois, il ne promet pas de siéger comme député jusqu'en 2022.

«Ça fait cinq élections que je fais. J'ai été à l'Assemblée nationale dans trois mandats différents. J'ai été deux fois leader parlementaire, ministre de trois ministères en peu de temps. J'ai donné pas mal. J'ai joué beaucoup de rôles importants. J'ai tout donné dans ce mandat de ministre de l'Éducation également pour tenter de faire au mieux», a-t-il élaboré, en laissant planer la possibilité de tirer carrément un trait sur sa carrière politique.

Sébastien Proulx a été réélu dans la circonscription de Jean-Talon le 1er octobre dernier. Il est le seul député libéral élu à l'est de l'île de Montréal.

L'Assemblée nationale est composée de 75 députés de la Coalition avenir Québec, 29 députés libéraux, 10 députés du Parti québécois, 10 députés de Québec solidaire et d'un député indépendant.

Le départ de M. Proulx serait un dur coup pour le PLQ, estime le député libéral Gaétan Barrette. «Sébastien, vous le voyez, il a une expérience et une compétence.» Mais il dit comprendre qu'une telle décision doit se prendre à la maison.

«Quand on va en politique, on perturbe notre environnement familial et ce n'est pas toujours de gaieté de coeur que la décision se prend, c'est un compromis», a-t-il affirmé.

De son côté, le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, a déclaré que M. Proulx était «important» pour lui. «Il est bien en selle», a-t-il soutenu.