Éducation

Éducation sexuelle: la Commission des droits de la personne conteste elle aussi

TORONTO — La Commission ontarienne des droits de la personne a annoncé mardi qu’elle se joindra à la contestation judiciaire du programme provisoire d’éducation sexuelle mis en place par le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford.

La commission estime que le programme provisoire établit une discrimination fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre. 

Les familles de six élèves ont déposé en août dernier une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne de l’Ontario, affirmant que le programme retenu pour l’instant par les conservateurs ne fait aucune mention d’enjeux tels que la diversité sexuelle ou les droits des élèves LGBTQ. 

En annonçant qu’elle se joignait à la contestation judiciaire, la Commission des droits de la personne ajoute mardi que le programme élimine également des informations essentielles sur le consentement, ce qui exposerait davantage les élèves à la violence sexuelle. 

En campagne électorale, au printemps, le premier ministre Ford avait promis d’abroger et de remplacer le programme d’éducation sexuelle mis en place par le précédent gouvernement libéral de Kathleen Wynne. 

Il a tenu sa promesse immédiatement après sa prise de fonction l’été dernier. 

L’Association canadienne des libertés civiles et le syndicat représentant les enseignants des écoles élémentaires de l’Ontario ont également déposé une contestation judiciaire. 

Éducation

Rentrée dans le calme à de l’Île

Il n’y a pas eu de bisbille ni de manifestation. C’est dans le calme, avec une certaine fébrilité, que les cours ont repris mardi matin à l’école secondaire de l’Île pour les élèves de l’école secondaire Mont-Bleu qui étaient en congé forcé depuis la tornade du 21 septembre.

Les directeurs des deux établissements étaient sur place pour accueillir élèves et membres du personnel. Un peu partout sur le terrain bordant la rue Saint-Rédempteur, des élèves jasaient en petits groupes avant de rentrer dans l’école pour y vivre une deuxième rentrée.

La manifestation qui avait été évoquée par certains élèves de de l’Île opposés au double horaire dans leur école n’a pas eu lieu. Une présence policière discrète a tout de même été observée sur place. Les élèves de Mont-Bleu ont l’horaire de l’avant-midi, tandis que ceux de l’école hôte suivront leurs cours en après-midi, jusqu’à 17 h 34.

« Ça se passe rondement, s’est réjoui le directeur de Mont-Bleu, Pierre Ménard. C’est sûr qu’il y a de petits ajustements à faire, mais je trouve que ça se déroule bien et les jeunes semblent contents de revenir à l’école. »

Son homologue de de l’Île, Michel Letang, était aussi satisfait de voir que tout se déroulait dans le calme. « Je pense que là, la tempête est passée, a-t-il dit. Aujourd’hui, c’est un nouveau départ. »

Un comité d’accueil composé de membres du personnel et d’environ 40 élèves de l’école de l’Île était sur place pour orienter les élèves de Mont-Bleu dans l’établissement.

Les gens rencontrés sur place n’ont démontré aucune frustration, même si le nouvel horaire complique un peu les choses.

Martin Laliberté avait accompagné son fils Alex, qui a commencé son secondaire au sport-études à Mont-Bleu cette année, afin de lui indiquer à quel endroit il devait prendre l’autobus à la fin des classes. M. Laliberté se disait confiant que tout irait bien à l’intérieur de l’école, tout en soulignant qu’un possible déménagement vers le Centre Asticou dans les prochains mois serait « définitivement » une bonne option pour tout le monde.

Sur l’heure du midi, quelques élèves de de l’Île qui arrivaient pour leurs cours ont confié que l’horaire de l’après-midi a chamboulé leur routine, que ce soit pour les activités en soirée ou pour leur travail.

« Ça me bouscule », admet Angelika Ferreira, qui doit laisser tomber une partie de son entraînement en cheerleading. L’adolescente de 16 ans a souligné que malgré tout, ses camarades de classe et elle comprennent la décision de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais d’avoir instauré un double horaire à la suite de l’incendie ayant causé d’importants dommages à Mont-Bleu.

Lina Mouthafar, 17 ans, devait finir son secondaire entre les murs de l’école secondaire Mont-Bleu cette année. La tornade est venue tout bouleverser, mais l’adolescente estime que la première journée à de l’Île « était le fun », même si les élèves de Mont-Bleu se sentent « comme dans une autre maison ».

Obligés de trimballer toutes leurs choses dans leur sac à dos faute d’avoir accès à un casier, les élèves de Mont-Bleu devront « s’y habituer », croit l’adolescente, qui a tenu à remercier les élèves et le personnel de de l’Île de les accueillir.

Éducation

«Lueur d’espoir» pour les enseignants

La possibilité que le double horaire à l’école secondaire de l’Île ne s’étende pas sur toute l’année « donne une lueur d’espoir » aux enseignants touchés par le chambardement découlant de cette mesure.

Tout en soulignant l’espoir suscité par un éventuel transfert des activités de l’école secondaire Mont-Bleu vers le Centre Asticou, la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay, note qu’une telle avenue représenterait tout de même un défi supplémentaire pour bien accompagner les élèves de Mont-Bleu.

Ces derniers vivraient un deuxième transfert en quelques mois. Sans compter que certains ont été directement touchés, chez eux, par la tornade ayant frappé le quartier.

« Les professeurs vont tout mettre en œuvre pour les accompagner et les aider, souligne Mme Tremblay. Ce sont des professionnels, il faut leur faire confiance. Mais pour les élèves, il va falloir qu’on mette les ressources nécessaires en place, que la CSPO réponde aux besoins. »

Certains élèves en difficulté pourraient par exemple avoir besoin de voir un orthopédagogue plus souvent, illustre Mme Tremblay, tandis que d’autres pourraient avoir besoin de soutien psychologique pour affronter tous ces bouleversements.

Transfert de fonctionnaires

Le transfert des activités de Mont-Bleu vers le Centre Asticou nécessiterait aussi le déménagement de fonctionnaires fédéraux qui sont installés dans ce qui était autrefois la Polyvalente de Hull.

Au Syndicat de l’agriculture, qui représente notamment les employés de la Défense nationale et de l’École de la fonction publique du Canada travaillant au Centre Asticou, le président national, Fabien Murphy, a indiqué jeudi ne pas avoir été informé des démarches en cours dans le dossier Mont-Bleu.

« Nous n’avons pas été contactés, nous n’avons eu aucune discussion au sujet de ce plan », a fait savoir M. Murphy.

Le syndicat, qui fait partie de l’Alliance de la fonction publique du Canada, tentera d’obtenir davantage de détails sur un éventuel transfert d’employés pour laisser de la place à Mont-Bleu. Se disant sensible aux besoins des élèves, M. Murphy affirme que si le transfert vers Asticou « s’avère être la meilleure solution », le syndicat évaluera, avec les employeurs et ses membres, comment la transition peut se faire en douceur.

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Éducation

Québec et Ottawa cherchent un toit pour les élèves de Mont-Bleu

Tant le cabinet de Philippe Couillard que celui de Justin Trudeau sont intervenus dans la gestion de crise visant à trouver un nouveau toit – possiblement au Centre Asticou – pour les élèves de l’école secondaire Mont-Bleu, sévèrement endommagée par la tornade ayant frappé Gatineau le 21 septembre.

Réélue députée de Hull lundi soir, Maryse Gaudreault a fait savoir qu’elle a elle-même appelé au bureau du premier ministre Philippe Couillard, la semaine dernière, «pour lui demander de faire un appel au bureau du premier ministre du Canada».

«En l’espace de quelques secondes, le cabinet du ministre de l’Éducation était dans la conversation et tout le monde était prêt à poser des gestes forts pour venir dénouer l’impasse des suites de la tornade, a-t-elle indiqué. Il y a eu des approches au cabinet de Justin Trudeau, et par la suite il y a eu beaucoup d’échanges entre les deux cabinets.»

Le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, s’est aussi mis à la recherche de solutions après le passage de la tornade. Il ne veut toutefois pas, pour l’instant, confirmer que le Centre Asticou fait partie des «différentes options» sur la table. Plusieurs sous-ministres travaillent sur ce dossier, mais M. Fergus ne veut pas s’aventurer trop loin, de peur de créer des «attentes trop élevées» chez les élèves, les parents et le personnel.

Propriété du gouvernement fédéral, le Centre Asticou du boulevard de la Cité-des-Jeunes est l’option idéale, selon Mme Gaudreault, pour que les quelque 1500 élèves de Mont-Bleu obtiennent un toit juste pour eux à moyen terme. L’école doit pouvoir compter sur une cinquantaine de locaux et «il y a tout ce qu’il faut pour répondre aux besoins pressants de la CSPO» au Centre Asticou, affirme Maryse Gaudreault.

Décision imminente

Sans vouloir brûler d’étapes, le président de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), Mario Crevier, reconnaît que «tout va dans ce sens-là» et qu’un transfert vers le Centre Asticou pourrait se confirmer d’ici «quelques jours». Le tout ne se ferait sans doute pas avant le retour du congé des Fêtes, puisque les locaux devraient être réaménagés.

«On attend, on est près de la coupe aux lèvres, mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué», a souligné M. Crevier.

Ce dernier précise qu’au départ, lorsque la CSPO a approché le fédéral pour savoir si le Centre Asticou était disponible, la réponse a été «que c’était impossible». L’intervention politique à un plus haut niveau a donc fait changé la donne, de sorte que cette option devient fort probable.

Le double horaire imposé par la CSPO entrera donc en vigueur comme prévu, mardi prochain, à l’école secondaire de l’Île.

Cette solution soulève l’ire de nombreux élèves, parents et membres du personnel, plusieurs ayant dénoncé que l’horaire du matin soit réservé pour Mont-Bleu, reléguant ainsi les occupants habituels de de l’Île à l’horaire se terminant à 17h34.

De nombreux parents de l’école secondaire de l’Île ont assisté mercredi soir à une rencontre d’information marquée par une longue période de questions. Le scénario s’est répété jeudi soir, cette fois avec les parents de l’école secondaire Mont-Bleu.

Maryse Gaudreault espère pour sa part que les parents seront «réconfortés» de voir que de nombreux efforts sont déployés «pour minimiser les impacts» du transfert des élèves de Mont-Bleu. «On sait que le double horaire va chambouler plusieurs vies», a-t-elle rappelé.