Les enseignants de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens ont voté à 97% pour un mandat de grève.

Vote de grève à 97% pour les enseignants franco-ontariens

Les enseignants franco-ontariens emboîtent le pas à leurs collègues des autres syndicats de l’éducation de la province alors qu’ils se sont prononcés dans les 48 dernières heures en faveur d’un mandat de grève dans une forte proportion de 97 %.

« Ce vote retentissant en faveur du oui démontre hors de tout doute que les enseignantes et enseignants franco-ontariens ont l’intention de repousser les offensives du gouvernement conservateur et celles du Conseil des associations d’employeurs (CAE), qui, entre autres, s’attaquent à leurs acquis et cherchent à leur retirer des droits. Ce résultat de 97 % nous place dans une position de force à la table de négociation pour défendre les droits et les conditions de travail de nos membres », a indiqué le président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin. 

Le vote s’est déroulé de mercredi à vendredi.

Le syndicat représente quelque 12 000 membres. Du nombre, presque la moitié œuvrent dans les établissements du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario et du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien.

La convention collective est échue depuis le 31 août.

L’augmentation du nombre d’élèves par classe, les conditions de travail, l’obligation de suivre des cours en ligne pour l’obtention du diplôme d’études secondaires et le projet de loi 124 limitant à 1 % les hausses salariales dans le secteur public sont au nombre des points d’achoppement dans les pourparlers entre les parties. 

« Nous ne luttons pas seulement pour nos droits, nous avons aussi des revendications qui touchent directement l’apprentissage des élèves. Il est clair que pour le gouvernement, c’est une question d’argent. Mais réduire le choix des cours offerts à nos élèves, les forcer à suivre des cours en ligne et supprimer des postes n’est vraiment pas la solution. Le gouvernement et, à notre grande consternation, le CAE semble se désintéresser des répercussions que cela aurait sur l’apprentissage des élèves. Nos membres, nos élèves, notre système d’éducation méritent mieux que cela », affirme M. Sabourin. 

Les cours reprendront le 6 janvier après la pause des Fêtes, et si débrayage il y a, celui-ci ne pourrait être déclenché que plus tard durant le mois. Selon la législation, le syndicat a l’obligation d’informer le gouvernement et les conseils scolaires au moins cinq jours civils avant de recourir à des mesures de grève. D’autres moyens de pression pourraient également être envisagés.

L’AEFO précise que le mandat de grève ne signale pas non plus l’arrêt des négociations. Des rencontres entre les trois parties sont toujours prévues du 14 au 16 janvier. 

La semaine dernière, l’AEFO a annoncé qu’elle faisait front commun avec les trois autres syndicats en éducation de la province en déposant un recours judiciaire pour contester le projet de loi 124, adopté le 8 novembre par le gouvernement Ford. 

« Comme syndicat, on doit être en mesure de mener des négociations sans entrave, sans interférence. C’est de l’ingérence du gouvernement », a lancé M. Sabourin au Droit il y a quelques jours. 

L'employeur se dit « entre l'arbre et l'écorce »

Le président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), Denis Chartrand, dit respecter la décision des syndiqués.

« Le message est clair, oui, mais ça ne change rien aux négociations comme telles. Ce qui se passe est normal dans un processus démocratique, ils sont allés chercher un mandat de grève et ils l’ont obtenu. C’est la position de leur syndicat, qui va tenir tête au gouvernement sur certains points. Quant à nous, on est un peu pris entre l’arbre et l’écorce. L’AÉFO se dit surprise de notre position (celle de l’ensemble des employeurs), mais dans le cas de l’ACÉPO, on a fait plusieurs représentations auprès du gouvernement pour leur dire qu’il y a un côté inéquitable avec la hausse du nombre d’élèves par classe ou encore les cours en ligne. Selon les élèves et selon nous, ce n’est pas une bonne idée. Sauf qu’on a le mandat de négocier et on est pris avec l’encadrement du ministère », dit-il. 

Confiant, M. Chatrand affirme que pour la suite des choses, « du moment où il y a du progrès, aussi lent soit-il », une entente pourra éventuellement être conclue.