Selon un sondage, près d’un enseignant sur deux (47%) estime avoir déjà été victime d’une forme quelconque de violence.

Violence envers les enseignants: une tendance à la hausse

Crachats, coups, gifles, morsures, objets lancés ou encore des propos très grossiers : la violence dont sont victimes les enseignants de la part d’élèves est une triste réalité de plus en plus commune à l’intérieur des murs des écoles.

Depuis quelques années, la tendance est à la hausse pour le nombre de cas signalés par le corps professoral. L’Outaouais ne fait pas exception à la règle.

À titre d’exemple, à la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV), les incidents ayant fait l’objet d’une dénonciation ont augmenté de 53 % entre 2016 et 2018. Des chiffres qui ne doivent pas nécessairement être perçus comme une détérioration de la situation, tient à nuancer l’employeur.

« Il faut que les membres du personnel dénoncent les événements de cette nature. Certains ne nous étaient pas toujours signalés dans le passé, alors depuis quelques années, on insiste pour que ce soit recensé. Dans certains cas, ça peut nous aider à améliorer les choses. Même si le risque zéro n’existe pas, il y a des façons de faire, des aménagements physiques que l’on peut modifier, pour essayer d’amoindrir le nombre d’événements de ce type », affirme la CSCV.

À la Commission scolaire des Draveurs (CSD), où le nombre d’incidents signalés s’est accru de 31 % durant a même période, le président Claude Beaulieu soutient, à titre d’ancien directeur d’école secondaire, que ce doit être tolérance zéro pour de tels comportements dans le milieu scolaire.

« Chaque année, je me faisais un devoir de rencontrer tous les élèves pour les sensibiliser à ça, mettre les choses au clair. Ça se passe à tous les niveaux, il y a la violence verbale aussi. La mise en place de beaucoup plus d’éléments pour compiler ces infractions permet de prendre une meilleure conscience du problème. Dénoncer cette violence-là est la première étape pour l’enrayer. Par la suite, tout le monde doit travailler main dans la main. On a un rôle d’éducation à jouer auprès des jeunes, la violence ne peut être un moyen pour se faire entendre », dit-il.

Le Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO) indique qu’un sondage auprès de ses membres a permis d’apprendre que près d’un enseignant sur deux (47 %) estime avoir déjà été victime d’une forme quelconque de violence.

« Il ne faut pas la banaliser, il faut en parler et continuer de la dénoncer. Beaucoup de profs se font cracher dessus, se font lancer des objets, se font insulter, et ce, autant au primaire qu’au secondaire. Même au préscolaire, ça existe. Colliger les données est une sorte de prévention, peut permettre de comprendre cette violence-là. Les formulaires d’incidents ne doivent pas demeurer sur des tablettes », lance la présidente, Suzanne Tremblay.