Les membres de l'AEFO avaient débrayé le 13 février dernier. 
Les membres de l'AEFO avaient débrayé le 13 février dernier. 

Vers une grève historique vendredi dans les écoles de l'Ontario

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
À moins d’une entente surprise dans les heures à venir, ce qui est prévu depuis une semaine se confirme: toutes les écoles de l’Ontario seront fermées vendredi alors que 200 000 enseignants et employés du soutien scolaire représentés par quatre grands syndicats de l’éducation seront en grève générale. C’est du jamais vu depuis l’époque du gouvernement Harris en 1997.

«Avec autant d’enseignants qui sortent de leurs classes, ce sera la plus grande mobilisation syndicale de l’histoire de l’Amérique du Nord, selon ce qu’on m’a dit», lance le président de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin. 

Devant la lenteur des négociations avec le gouvernement Ford et les 72 conseils scolaires, l’AEFO, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO/ETFO), la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) et l’Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA) joignent leur forces et érigeront des piquets de grève devant plusieurs des 5000 institutions scolaires d’un bout à l’autre de la province. 

Un dernier blitz de négociations avec l’AEFO a eu lieu mercredi et était toujours en cours jeudi matin à Toronto, mais il n’y a pas eu d’avancées ou presque. 

«On a poursuivi les négociations aujourd’hui (jeudi) étant donné le peu de progrès hier et le fait que notre journée de mercredi a été gaspillée parce que les conseils scolaires n’étaient pas prêts. On se dirige définitivement vers une grève demain (vendredi), je ne peux pas voir comment ça pourrait se régler», affirme M. Sabourin. 

«Beaucoup de ponts à rebâtir»

Des piquets de grève seront installés à plus de 80 endroits sur le territoire ontarien, dont une quinzaine à Ottawa et dans l’Est ontarien. Les enseignants se masseront par exemple sur la rue Principale à Casselman ainsi qu’aux abords des écoles Béatrice-Desloges et De La Salle, dans la capitale. 

«Ça continue d’être une négociation avec deux adversaires. Non seulement il y a le gouvernement avec toutes ses actions que l’on connaît, mais les conseils (scolaires) continuent de s’attarder sur de petits sujets et ne semblent pas saisir la gravité de la situation. Quand tout sera terminé, ces gens-là (les enseignants) seront toujours leurs employés. Cette relation-là est très importante et actuellement c’est difficile de croire qu’ils ont vraiment à coeur le bien-être de leurs employés. Il y aura beaucoup de ponts à rebâtir. Dans les trois dernières semaines, si nous n’avions pas fait les premiers pas, il n’y aurait pas eu de négociations. Je ne veux pas lancer une guerre, il y a des gens qu’on respecte beaucoup de l’autre côté. Sauf que quand le gouvernement veut changer radicalement ce à quoi vont ressembler les classes dans le futur et que nous sommes les seuls à se battre, c’est extrêmement frustrant», dit-il.

Malgré ce statu quo, le président syndical continue de croire que les parties finiront tôt ou tard par conclure un accord. 

Une journée de grève la semaine prochaine?

Il s’agira de la deuxième journée de débrayage en huit jours pour les enseignants franco-ontariens, qui ont aussi déclenché une grève du zèle à la mi-janvier. La phase 3 de leur grève prévoit qu’ils ne seront pas en classe une fois par semaine jusqu’à ce que le conflit soit réglé. 

On ne connaît toutefois pas encore la date de la prochaine grève. En théorie, rien n’empêche les 12 000 membres de l’AEFO de débrayer en début de semaine prochaine. 

«Aucune décision n’a pas été prise pour l’instant. On annonce souvent à l’avance notre date, mais on le fait par courtoisie, ce n’est pas obligatoire», soutient M. Sabourin. 

Les enseignants ontariens sont sans contrat de travail depuis le 31 août. La taille des classes, les cours électroniques et la rémunération sont parmi les points en litige. 

Les leaders des syndicats impliqués, soit Rémi Sabourin, Liz Stuart, Sam Hammond et Harvey Bischof, feront un point de presse commun à Queen’s Park vendredi à 9h30. Des milliers d’enseignants sont aussi attendus dans la Ville-Reine pour manifester.