La ministre des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, et la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney.

Université de l'Ontario français: l’entente est signée

Après des mois de tractations pour faire revivre le projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), le gouvernement fédéral et le gouvernement de l’Ontario ont signé une entente de principe samedi pour financer le projet.

La nouvelle a été annoncée conjointement par la ministre des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, et la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney.

Cette entente de collaboration permettra de financer l’université à hauteur de 126 millions $ au cours des huit prochaines années. Les deux paliers de gouvernement s’engagent d’ailleurs à mettre en place un comité qui travaillera à la mise sur pied de l’UOF ainsi que sur les négociations concernant son financement. 

L’entente comprend notamment une clause qui permet au gouvernement fédéral d’être protégé dans l'éventualité où le gouvernement ontarien «ne soit pas en mesure de fournir le financement dans les délais prévus». Cette clause constituait une pomme de discorde entre Ottawa et Queen's Park.

«Je suis ravie que nous ayons conclu aujourd’hui, date du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles, une entente qui permet au gouvernement fédéral d’aider les gouvernements provinciaux et territoriaux à répondre aux besoins des minorités de langue officielle partout au pays. En cette journée d’anniversaire, nous avons une raison de plus de célébrer», a lancé la ministre Joly.

De son côté, la ministre Mulroney a souligné qu’«il s’agit d’un important premier pas. Notre gouvernement reconnaît la contribution exceptionnelle de la communauté francophone au développement social, culturel et économique de la province. Nous reconnaissons également l’importance d’une université gouvernée par — et pour — des francophones en Ontario.»

La nouvelle a été reçue comme une bouffée d’air frais par l'Université de l'Ontario français. «Cette entente vient dissiper toute incertitude et nous donne l’oxygène nécessaire pour poursuivre la lancée de la première université autonome de langue française de l’Ontario. À partir de maintenant, nous avons les garanties nécessaires pour prendre les décisions qui s’imposent en vue d’arrêter le choix du site de l’université et pour démarrer la campagne de financement», a indiqué la présidente de l’UOF, Dyane Adam, par voie de communiqué.

«Un moment historique»

En entrevue avec Le Droit, le président de l’Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, a souligné qu’il s’agit d’«un moment historique pour la francophonie ontarienne. C’est la plus grande nouvelle francophone depuis la victoire de l’Hôpital Montfort.»

M. Jolin a d’abord voulu louanger la réponse franche de la communauté franco-ontarienne à la suite du jeudi noir du 15 novembre 2018. «Bravo à la communauté qui est sortie forte le 1er décembre pour passer un message au gouvernement. Pour leur montrer qu’on a besoin de nos institutions.»

M. Jolin a aussi tenu à remercier la ministre Joly, notamment pour avoir financé le conseil des gouverneurs de l’UOF en janvier dernier. «Remerciement à la ministre Joly qui a toujours eu cette ouverture-là de vouloir financer le dossier pour les quatre premières années. De l’autre côté, il faut souligner la persévérance et le travail colossal de Caroline Mulroney pour faire cheminer un dossier francophone au sein de son caucus.»

«Cette entente assure à nos jeunes qui sortent du secondaire d’avoir une option de plus pour pouvoir poursuivre leurs études en français à Toronto», conclut M. Jolin.

L’Université de l’Ontario français pourrait ouvrir ses portes pour la rentrée de 2021.

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L'UNIVERSITÉ D'OTTAWA SALUE L'ENTENTE

L’Université d’Ottawa dit se réjouir de l’entente de principe signée par les gouvernements fédéral et provincial samedi qui assurera la pérennité le l’Université de l’Ontario français (UOF).

«Cette entente historique contribuera à édifier une nouvelle institution d’enseignement supérieur en français en Ontario. L’annonce de la signature du protocole d’entente sur l’UOF est une grande nouvelle pour l’ensemble de la communauté francophone et francophile en Ontario, pour tous les francophones et francophiles à travers le pays», a indiqué le vice-chancelier et recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont.

L’Université souligne d’ailleurs la «mobilisation sans précédent dans les derniers mois de tous les francophones et francophiles du pays pour faire reconnaître les droits linguistiques des Canadiennes et Canadiens», sans quoi cette annonce n’aurait pas été possible.

M. Frémont souligne que l’Université d’Ottawa s’est toujours affichée comme une alliée de l’UOF. Il ajoute qu’elle «poursuivra et intensifiera sa collaboration avec l’UOF dans les années à venir» afin que les deux institutions continuent d’agir comme «partenaires privilégiés».

«L’Université d’Ottawa constitue pour la communauté franco-ontarienne un formidable outil de développement et de rayonnement. La création de l’Université de l’Ontario français viendra diversifier l’offre de services en enseignement en français et c’est tant mieux. Plus il y aura de collèges et d’universités francophones et bilingues au pays, mieux les intérêts des francophones seront servis», conclut M. Frémont.