Nathalie Lepage, directrice générale de Centraide Outaouais, estime pouvoir aider 1093 familles à acheter des fournitures scolaires à bas prix.

Une rentrée scolaire, la tête haute

Plus de mille familles moins fortunées de l’Outaouais ont besoin d’un coup de pouce pour fournir à leurs enfants le matériel de base pour la rentrée scolaire.

L’achat de cartables, de gommes à effacer et de crayons de couleur, fait grimper le montant si rapidement qu’un modeste travailleur vivant avec trois enfants ou une mère monoparentale doivent parfois sacrifier le repas du midi.

Centraide Outaouais prévoit aider 1093 familles — 1866 enfants — à acheter les biens nécessaires, à la veille d’une nouvelle année scolaire.

Depuis 24 ans, l’organisme permet à des familles d’acheter tout ce qu’il faut à un élève du primaire pour qu’il « soit comme les autres » en classe. Les 90 000 $ donnés par l’organisme permettent aux parents aux finances précaires d’acheter le matériel scolaire à 25 % du prix courant.

Par exemple, une facture « régulière » totale de 100 $ coûte 25 $ aux familles inscrites à ce programme.

Intervenante au Centre d’aide familiale (CAF) de l’Outaouais, Myriam Parker-Charron a déjà eu recours à cette aide. « Il ne faut pas avoir honte », dit-elle devant les tables remplies de cartables, de cahiers, et de crayons multicolores. « Ça fait la différence entre une boîte à lunch vide ou remplie. Les gens qui viennent ici ne sont pas seuls. Les parents sur l’Aide sociale, ils savent que le chèque passe vite, une fois le loyer payé. Les enfants n’ont pas à subir le regard des autres parce qu’il leur manque des choses, une fois rendu dans la classe. Souvent, l’enfant rentre à l’école et n’a pas tout ce dont il a besoin. Avoir tout le nécessaire, ça rassure l’enfant. Ça peut aussi calmer l’esprit du parent. »

La directrice générale de Centraide, Nathalie Lepage, précise que le programme est réservé aux familles ayant des enfants au primaire. « Nous avons certaines exceptions, soit des familles dont les deux enfants allaient au primaire l’année dernière et qui, cette année, en compte un qui arrive au secondaire. On peut aider, mais on se concentre sur les enfants du primaire. »

Mercredi matin, les parents et leurs enfants affluaient au Centre communautaire Saint-Jean-de-Brébeuf, transformé en l’un des 16 magasins-partages de la région.

Les bénévoles étaient à pied d’œuvre pour accueillir des familles de tous les horizons : un père avec son fils, une mère avec ses trois filles, une famille de nouveaux arrivants, des résidents sinistrés de la dernière inondation dans Pointe-Gatineau...

Centraide agit avec les commissions scolaires et les organismes communautaires de différents quartiers.

Pour Mme Parker-Charron, les sourires des enfants valent plus que son salaire. « C’est ma paie d’aider mon prochain, parce que j’ai eu beaucoup de l’aide dans le passé. C’est gratifiant. »