L’Ontario devra offrir le plus d’aide psychologique possible aux élèves de la province en vue de la rentrée
L’Ontario devra offrir le plus d’aide psychologique possible aux élèves de la province en vue de la rentrée

Une rentrée plus angoissante que jamais en Ontario

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
L’Ontario devra offrir le plus d’aide psychologique possible aux élèves de la province en vue de la rentrée, avertit la professeure agréée à l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa, la Dre Nafissa Ismail.

«Les jeunes vont en avoir besoin cette année, plus que jamais», craint-elle, soulignant que certains peuvent avoir perdu des êtres chers, et que d’autres ont des parents ayant développé des troubles de santé mentale comme l’anxiété et la dépression durant la crise sanitaire.

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Directrice du laboratoire de neuro-immunologie, de stress et d’endocrinologie de l’Université d’Ottawa, la Dre Ismail est d’avis que les nombreuses mesures mises en place pour assurer la santé et la sécurité des élèves et du personnel représenteront des changements importants qui peuvent créer beaucoup d’angoisse et d’anxiété chez les jeunes.

Elle remarque aussi qu’après avoir passé tant de temps confinés chez eux, les adolescents pourraient développer des troubles anxieux d’agoraphobie. «On doit réapprendre à apprivoiser les autres, à les côtoyer, et à se comporter de façon sociale avec les autres, mais en maintenant une certaine distance physique. C’est une période de grands changements qui peuvent mener à la dépression. »


« La priorité est la santé et la sécurité des enfants. C’est normal d’être stressés, mais ça va s’estomper dans les semaines à venir. Une fois qu’on fait face à nos peurs, c’est prouvé que notre stress diminue. »
Nathalie Lacroix

En parler, c’est la clé 

Pour les parents d’élèves anxieux, la première chose à faire est de normaliser ce stress, croit Nathalie Lacroix, clinicienne en santé mentale qui oeuvre auprès des jeunes en milieu scolaire. «On est dans un contexte de pandémie et c’est du jamais vu. Il y a beaucoup d’inquiétude et d’incertitude. C’est normal d’être stressés. On encourage les parents à soutenir leurs enfants dans cette démarche-là.»

Elle conseille aux parents d’entretenir des discussions honnêtes et ouvertes lorsque c’est possible, et de rester à l’écoute des besoins des jeunes. «C’est important pour les enfants de savoir ce qui se passe», souligne-t-elle. 

Cependant, gare à sa propre gestion du stress. En effet, il est primordial pour les parents d’être conscients de leur propre niveau d’anxiété, sans quoi l’angoisse peut facilement se transmettre à l’enfant. «Certains enfants n’ont peut-être pas pris conscience encore de la réalité approche, d’où l’importance de faire attention. Ça l’affecte autant les enfants que les adolescents, mais à différents niveaux et de différentes façons.» 

Mme Lacroix dit évidemment s’attendre à une hausse marquée de la demande de services, mais que les ressources semblent être en place pour faire face à la situation. «La priorité est la santé et la sécurité des enfants. C’est normal d’être stressés, mais ça va s’estomper dans les semaines à venir. Une fois qu’on fait face à nos peurs, c’est prouvé que notre stress diminue.»