Les établissements collégiaux dont La Cité n'ont jamais autant fait appel à des employés contractuels.

Une grève plane sur les collèges publics en Ontario

Le risque d'un conflit de travail plane sur les 24 collèges publics de l'Ontario alors que le syndicat du personnel scolaire des institutions d'enseignement a obtenu un mandat de grève, jeudi.
Soixante-huit pour cent des membres du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO) qui se sont prononcés lors d'un vote ont confié à leurs représentants syndicaux le pouvoir de déclencher la grève « si le Conseil des employeurs des collèges refuse de bouger sur les enjeux clés », a précisé le SEFPO dans un communiqué publié jeudi soir.
La convention collective des 12 000 professeurs, instructeurs, conseillers et bibliothécaires expire le 30 septembre. Aucune date de grève n'a été déterminée. Les pourparlers pour le renouvellement du contrat de travail devraient reprendre la semaine prochaine. Les enjeux clés à négocier incluent le rôle du personnel scolaire dans la prise de décisions académiques et le traitement équitable du personnel scolaire à forfait. 
« Quatre-vingt-un pour cent de l'enseignement dans les collèges est fait par du personnel scolaire à contrat, un personnel qui n'a aucune sécurité d'emploi et qui est payé considérablement moins que ce qui est négocié pour le personnel permanent à temps plein », a signalé le syndicat.
Comme leurs milliers de collègues des autres collèges à travers l'Ontario, les professeurs, conseillers et bibliothécaires de La Cité et du Collège Algonquin étaient appelés à se prononcer, jeudi, devant l'impasse dans les négociations avec leur employeur.
Le recul graduel d'année en année de la proportion du personnel enseignant à temps plein est aussi un des principaux points en litige, a-t-on souligné du côté syndical.
« Il y a un effritement du personnel scolaire à temps plein », a déploré la présidente de la section locale 470 du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO), Mona Chevalier, de La Cité. Nous en sommes rendus à 19 %, ce qui reflète bien la réalité que l'on observe sur le terrain. C'est devenu inacceptable. Certains secteurs n'ont même pas de professeurs à temps plein attitrés à des programmes. Tout ça a clairement un impact sur les étudiants. [...] Il s'agit d'emplois très précaires avec des contrats réécrits chaque session. Ils ne sont rémunérés que pour leur nombre d'heures d'enseignement, sans temps de préparation de cours ni de correction, etc ».
Les établissements collégiaux dont La Cité n'ont jamais autant fait appel à des employés contractuels, ce qui au bout du compte « leur permet de faire des économies incroyables sur le dos des professeurs », déplore-t-on. Soulignant que la question salariale n'est ni la plus importante ni la plus préoccupante dans les négociations, Mme Chevalier affirme que l'objectif est à tout de moins de suivre le taux d'inflation. Or, selon le SEFPO, l'offre de l'employeur est une hausse de 1 875 % par an jusqu'en 2021, ce qui s'avère inférieur au taux d'inflation et à la hausse du coût de la vie.