Dyane Adam, présidente du conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français, confirme qu’une annonce sera faite avant le 15 janvier.

Une annonce pour assurer la survie de l'Université de l'Ontario français

L’Université de l’Ontario français (UOF) serait sur le point de conclure en entente pour assurer sa survie au-delà du 15 janvier, moment où la province ne financera plus le projet.

Selon les informations obtenues par Le Droit, l’accord avec le fédéral permettrait d’assurer un financement et de faire le pont jusqu’à ce qu’une entente fédérale-provinciale soit conclue.

Une annonce en ce sens doit être dévoilée au cours des prochains jours.

« Tout ce que je peux vous dire, c’est que ça devrait être avant le 15 », confirme Dyane Adam, présidente du conseil de gouvernance de l’UOF.

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« Ma priorité et celle de l’équipe c’est vraiment d’assurer un financement pour l’Université d’une source qui nous permet de poursuivre nos activités et de ne pas mettre nos employés à pied le 16 janvier au matin, poursuit-elle. Ça va nous permettre de continuer à travailler avec les deux paliers de gouvernement pour que cette fameuse entente puisse arriver et que la notion d’une pause dans la mise en œuvre de l’Université, qui nous a été confirmée cette semaine par le gouvernement provincial, soit une pause de courte durée. »

Il s’agirait d’un fonds qui « permettrait à l’Université de poursuivre les activités liées à son mandat, mais qui s’inscrit dans un autre programme que celui de l’entente normale fédérale-provinciale », précise-t-elle.

Au cours des dernières semaines, l’UOF a élaboré des scénarios avec Ottawa pour trouver une solution alternative.

Des discussions sont en cours avec Patrimoine canadien et le bureau de la ministre de la Francophonie et des Langues officielles, Mélanie Joly.

« Mon équipe et Patrimoine canadien travaillent depuis quelques semaines à cela. On a espoir d’avoir un dénouement positif pour au moins favoriser le financement et garder l’université jusqu’à tant que les deux gouvernements aient le temps de se parler, confie Mme Adam. Ce qui nous manque dans ce dossier-là, c’est du temps. »

Plusieurs acteurs de la francophonie font pression sur le gouvernement Ford afin qu’il dépose une demande de financement au fédéral.

Depuis que les progressistes-conservateurs ont annoncé qu’ils annulaient le financement de l’UOF, la ministre de la Francophonie et des Langues officielles du Canada, Mélanie Joly, a déclaré à plus d’une reprise que son gouvernement pouvait financer 50 % du projet, mais que la demande devait venir de la province.

La Loi ne sera pas abrogée

De son côté, le gouvernement provincial a confirmé qu’il cessait de financer l’UOF dès mardi prochain et qu’il mettait une pause au développement du projet.

Toutefois, « le gouvernement a l’intention de respecter ses obligations financières liées à la mise en suspens de la mise en œuvre du projet », soutient Tanya Blazina, porte-parole du ministère de la Formation, des Collèges et des Universités de l’Ontario.

Le conseil d’administration de l’Université devra fournir un résumé de ses actifs et de ses passifs au ministère.

Ce dernier fournira « le soutien nécessaire » à l’élaboration du résumé et à toute autre question qui pourrait survenir au cours de ce processus.

« Tous les frais engagés pour interrompre la mise en œuvre seront remboursés », ajoute Mme Blazina dans un courriel.

L’entité légale de l’UOF ne sera pas modifiée. Le ministère confirme que « le gouvernement n’a pas l’intention pour le moment de révoquer ou de modifier la Loi de 2017 sur l’Université de l’Ontario français », écrit la porte-parole.

« On a une confirmation que le conseil des gouverneurs demeure, que la Loi est protégée. Pour le moment, le gouvernement ontarien n’est pas en mesure de poursuivre, je dis bien pour le moment, et on se trouve en pause », explique Mme Adam.

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UNE PÉTITION POUR CONTRER L'ASSIMILATION

Depuis près de deux mois, la communauté franco-ontarienne exerce une pression sur le gouvernement Ford afin qu’il revienne sur sa décision de couper dans les services en français et de mettre une pause au projet de l’Université de l’Ontario français (UOF). 

La pétition initiée par la Franco-Ontarienne, Clayre Bertrand, a enregistré plus de 11 500 noms depuis les deux derniers mois. Cette dernière est fière de voir sa communauté se mobiliser.

« Je suis issue du milieu de l’éducation et ça devenait pour une priorité de pouvoir faire pression. J’étais indignée et je ne pouvais pas m’imaginer que ça passe », confie Mme Bertrand.

Selon elle, l’UOF est essentiel pour éviter l’assimilation de la communauté francophone en Ontario.

« Ça permettrait de boucler la boucle des études. On sait que beaucoup de jeunes qui habitent près de Toronto décident d’aller dans une université anglophone, observe-t-elle. Leur environnement est en anglais et ils font des rencontres en anglais. Étudier en français c’est un moyen de contrer l’assimilation. »