Le Collège La Cité

Un syndicat déplore «l'intimidation» de La Cité

L'éviction par des agents de sécurité d'une femme qui discutait de la syndicalisation des professeurs à temps partiel à La Cité a été dénoncée, vendredi, par le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO).
Son président, Warren Thomas, avait convoqué les médias en matinée à la cafétéria de l'institution collégiale, accompagné pour l'occasion de l'organisatrice syndicale expulsée, pour dénoncer ce qu'il considère comme étant une autre tentative d'intimidation perpétrée par les « nantis des collèges » de la province de l'Ontario. C'était la deuxième fois que cette organisatrice était expulsée, a-t-elle expliqué.
« Je faisais simplement mon travail d'organisatrice syndicale. J'étais en train de discuter avec des professeurs et des agents de sécurité m'ont indiqué que je devais partir. Ils en avaient eu l'ordre. Je n'ai pas été bousculée, mais je n'ai pas eu d'autre choix que de quitter les lieux », a indiqué cette organisatrice syndicale.
« Le droit d'adhérer à un syndicat est un droit fondamental pour tous les Canadiens, a déclaré M. Thomas. Malheureusement, nous continuons à voir des cas comme ici, à La Cité, où des présidents de collège, à l'instar de Lise Bourgeois, continuent d'ignorer ces droits et d'empêcher les travailleurs de signer une carte syndicale. »
Le SEFPO, qui représente déjà 226 professeurs à temps plein et 186 membres du personnel de soutien à La Cité, souhaite convaincre les 500 professeurs à temps partiel à joindre ses rangs. Sa démarche vise aussi environ les 16 000 à 20 000 enseignants à temps partiel des collèges ontariens.
« Ces enseignants à temps partiel travaillent fort. Le temps de préparation des cours et passé avec les étudiants pour leur permettre de réussir n'est pas reconnu. Peu importe les manoeuvres obstructionnistes des présidents de collège pour nous arrêter, nous n'abandonnerons pas ces travailleurs », a mentionné M. Thomas. 
À l'issue de la conférence de presse, la responsable des communications de La Cité est venue dire aux dirigeants de la SEFPO qu'ils n'avaient pas le droit d'être présents dans la cafétéria car ils n'avaient pas informé au préalable la direction de la tenue de cette conférence de presse. 
Par courriel en début d'après-midi, la direction de La Cité a réagi aux incidents survenus en matinée. 
« La Cité croit en la liberté de son personnel scolaire travaillant à temps partiel de prendre la décision qui lui convient le mieux quant à son adhésion, ou non, au Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario. Ceci dit, le Syndicat se doit de respecter les dispositions légales gouvernant les relations de travail, c'est-à-dire que la sollicitation syndicale sans autorisation sur les lieux de travail et pendant le travail est une action illégale. Le Collège n'accepte donc pas que des solliciteurs entrent dans les classes pour s'adresser directement aux enseignants alors qu'ils exercent leurs fonctions », a indiqué la gestionnaire des Communications et des Relations publiques à La Cité, Pascale Montminy.