Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, devant un parterre d'invités mardi matin.
Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, devant un parterre d'invités mardi matin.

Un objectif de 15 millions $ sur cinq ans pour la Fondation de l'UQO

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
La Fondation de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) s’est fixé un objectif de 15 millions $ à amasser pour les cinq prochaines années.

La campagne quinquennale annoncée mardi permettra de prioriser le développement de cinq axes précis. Un montant de 7 millions $ sera attribué à la construction du campus unifié, tandis que 3 millions $ serviront à mettre de l’avant la recherche et la création. Le développement du programme de bourses recevra 2 millions $ alors que le développement des programmes d’étude et l’enrichissement de l’expérience étudiante seront bonifiés à l’aide d’un montant de 1,5 million $.

« C’est un objectif ambitieux, mais je pense qu’on va être capable de le réaliser. On a plusieurs projets en place. On cherche à obtenir l’appui de notre communauté de l’Outaouais pour développer l’ensemble de ces projets-là », a lancé le recteur de l’UQO, Denis Harrisson.

La somme de 15 millions $ qui sera amassée servira majoritairement à contribuer à mettre sur pied le projet de campus unifié qui permettra de concentrer les activités de l’UQO dans son pavillon du boulevard Alexandre-Taché. 

Le campus Lucien-Brault serait ensuite cédé à la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais. Ce projet, évalué à 90 millions $, devrait normalement être achevé pour 2023.

« On va construire un nouveau bâtiment au campus Alexandre-Taché pour accueillir les étudiants qui sont actuellement à Lucien-Brault afin d’accueillir de nouveaux programmes qui seront développés au cours des prochaines années », détaille M. Harrisson ajoutant que le lancement de la campagne de la Fondation vise à lancer un message clair au gouvernement, « à l’effet que notre région se mobilise derrière ce projet de campus unifié ».

L’UQO planifie d’ailleurs introduire graduellement 18 nouveaux programmes d’étude d’ici les 10 prochaines années.


« Il y a beaucoup d’étudiants qui étudient dans l’une ou l’autre des universités à Ottawa. Ce qu’il manque à l’UQO, c’est une offre de programmes diversifiée qui fera en sorte qu’on pourra accueillir ces étudiants-là. »
Denis Harrison, recteur de l'UQO

M. Harrison souligne que certains de ces nouveaux programmes d’étude, comme celui de kinésiologie, seront offerts aux étudiants de l’UQO dès la rentrée automnale de 2021.

« Développer un programme prend de trois à quatre ans. Il y a des programmes qui sont déjà en processus d’évaluation. Il y en a qui vont être disponibles dès 2021. Ensuite, il y aura un nouveau programme par année qui sera mis en place. »

Selon M. Harrisson, le développement de ces nouveaux programmes permettra d’améliorer le niveau de rétention des étudiants en sol gatinois et ainsi d’aider à lutter contre leur exode vers l’Ontario.

« Il y a beaucoup d’étudiants qui étudient dans l’une ou l’autre des universités à Ottawa. Ce qu’il manque à l’UQO, c’est une offre de programmes diversifiée qui fera en sorte qu’on pourra accueillir ces étudiants-là. »

M. Harrison souligne d’ailleurs qu’il prévoit que l’ouverture de la faculté de médecine, un projet de l’Université McGill de Montréal, devrait se faire pour 2021.

De son côté, la présidente du conseil d’administration de la Fondation de l’UQO, Nathalie Brunette, a tenu à inviter la population à faire des dons pour arriver à l’objectif de 15 millions $ d’ici 5 ans.

« Un don à la Fondation, c’est bien plus qu’un appui financier. C’est une démonstration d’intérêt envers notre université afin qu’elle réponde mieux aux besoins de notre communauté et de notre belle région de l’Outaouais. »

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CONTRIBUTION INCERTAINE POUR GATINEAU

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, n’a pas osé se prononcer mardi à savoir si la Ville de Gatineau prolongera son entente financière avec l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

L’entente de cinq ans entre l’UQO et la Ville de Gatineau, qui a permis d’assurer la mise sur pied d’un observatoire du développement de l’Outaouais grâce à l’octroi de 100 000 $ annuellement, prend fin cette année. 

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

« On a appuyé l’UQO de plusieurs façons au fil des années. Pour ce qui est de cette campagne-ci, je mets mon carnet d’adresses à la disposition de l’UQO. Je vais faire des téléphones et je vais m’assurer qu’on ramasse des sous. Pour ce qui est de la contribution de la Ville elle-même, il y a encore du travail à faire pour concevoir ce que ça pourrait être avant que je m’avance là-dessus. »

M. Pedneaud-Jobin a tout de même tenu à souligner que l’engagement de la Ville auprès de l’UQO est important. 

Particulièrement au niveau de l’observatoire du développement dont les résultats de recherches bénéficient à la Ville.

« C’est important parce que ces étudiants-là deviennent des professionnels qui travaillent chez nous. C’est de la connaissance sur les municipalités, sur l’environnement, sur le développement économique. L’UQO a déjà dressé des portraits de notre situation économique et sur nos communautés qu’on utilise pour savoir où sont les gens les plus vulnérables à Gatineau. C’est presque toute l’activité de la ville qui est influencée par une université forte. »

Le maire Pedneau-Jobin a aussi pris le temps de rassurer les Gatinois qui seraient inquiets de voir grimper leur compte de taxes si la Ville allait de l’avant pour offrir de l’aide financière à l’UQO.

« Les gens ne payeront pas en double. On doit financer des choses que Québec ne finance pas. Le but n’est pas de remplacer le gouvernement du Québec, il faut que l’on complète le financement de l’UQO. C’est ce qu’on a fait la dernière fois et je vais tenir à ce qu’on le fasse encore maintenant », conclut-il.