Le président de la commission scolaire des Draveurs et de la Concertation des commissions scolaires de l'Outaouais, Claude Beaulieu.

«Un ministre qui n'a pas une grande écoute» - Claude Beaulieu

Les commissions scolaires de l’Outaouais quittent l’Assemblée nationale déçues par le manque d’écoute du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

«On a un ministre présentement qui n’a pas une grande écoute et qui nous revient toujours avec des exemples, qui favorisent son projet, mais qui sont cités hors contexte», affirme le président de la commission scolaire des Draveurs (CSD) et la concertation des commissions scolaires de l’Outaouais, Claude Beaulieu.

«Ce n’est basé sur aucune recherche, aucun fait scientifique. C’est de l’improvisation. Ça ne favorise pas la réussite des élèves. Pendant qu’on va travailler à changer les structures, qui va travailler à la réussite des élèves?», ajoute ce dernier.

M. Beaulieu et son homologue de la commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais, Mario Crevier, témoignaient en commission parlementaire sur l’étude du projet de loi 40 qui abolirait la démocratie scolaire.

Le président de la CSD dresse également un parallèle entre le projet de loi 40 et la réforme du système de santé entreprise par l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

«Avec la réforme Barrette, on a vu que les performances et les économies n’étaient pas au rendez-vous. Le ministre dit que les économies vont être au rendez-vous, mais dans toutes les réformes qu’on a vues par le passé, il n’y a jamais eu d’économies du tout», peste Claude Beaulieu.

Les commissions scolaires de l’Outaouais dénoncent une centralisation des pouvoirs par le ministre de l’Éducation et l’absence d’un contre-pouvoir local aux décisions du ministère. M. Beaulieu donne l’exemple de la réforme de la taxe scolaire pour illustrer le besoin d’une représentation politique au niveau scolaire.

«Les présidents de commissions scolaires et les commissaires, s’ils ne s’étaient pas battus face aux libéraux à l’époque, il n’y aurait jamais eu de changement de taxe et on n’aurait pas réglé le problème d’iniquité où les francophones payaient plus de taxes que les anglophones», soutient le président de la CSD.

«Avez-vous déjà vu quelqu’un au conseil d’administration du CISSSO prendre la parole et dénoncer une décision du ministre? C’est ça qu’on va avoir. Est-ce que c’est ça que les gens de l’Outaouais veulent?»