Les représentantes de la FIPEQ-CSQ ont profité de la Saint-Valentin pour livrer des messages au ministre de la Famille et responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, qui était cependant absent de son bureau de circonscription.
Les représentantes de la FIPEQ-CSQ ont profité de la Saint-Valentin pour livrer des messages au ministre de la Famille et responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, qui était cependant absent de son bureau de circonscription.

Un manifeste et des messages d'appui aux intervenantes en petite enfance 

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) a profité de la Saint-Valentin, vendredi matin, pour déposer au bureau du ministre de la Famille et député de Papineau, Mathieu Lacombe, un manifeste noirci de 18 000 signatures et plus de 2000 «messages d’amour» en appui aux responsables des services éducatifs en milieu familial et en Centre de la petite enfance du Québec.

La présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon, qui était accompagnée de la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, et d’autres représentantes syndicales de la région, s’est rendue au bureau de comté de M. Lacombe, situé sur l’avenue de Buckingham, à Gatineau, pour démontrer au ministre à quel point les intervenantes en petite enfance sont appréciées à travers la province et pour réclamer de meilleures conditions de travail pour celles-ci.

En l’absence de M. Lacombe, qui assistait à une conférence de presse ailleurs sur le territoire de l’Outaouais, les dirigeantes syndicales ont dû s’adresser à l’attaché politique de ce dernier. Le coup d’éclat de la FIPEQ-CSQ s’est soldé par une brève prestation de Bouchon le clown à l’intérieur des bureaux du député.

«Aujourd’hui, en ce 14 février, nous sommes fières de remettre un manifeste sur la valorisation de la profession signé par plus de 18 000 personnes, intervenantes, parents et citoyens, et également des Valentins pour démontrer tout l’amour que les parents, les intervenantes et aussi les citoyens ont pour les milieux familiaux régis et subventionnés ainsi que pour les CPE», a déclaré Mme Grenon, vendredi.

La convention collective des Responsables en services éducatifs (RSE) affiliées à la FIPEQ-CSQ est échue depuis le 31 mars 2019. Les négociations entre la FIPEQ-CSQ et Québec achoppent sur la question salariale. Le syndicat demande que les intervenantes en milieu familial obtiennent un salaire minimum de 16,75$. L’offre déposée par le gouvernement, en décembre, est bien en deçà de ce qui est réclamé, déplore le syndicat.

«Ce qu’on demande actuellement, c’est un minimum de 16,75$ de l’heure, soit l’équivalent d’une éducatrice non formé en CPE. Ce n’est pas cher payé», a indiqué Mme Grenon.

«C’est insultant comme offre, a-t-elle commenté, à propos de ce que Québec propose. C’est même dégradant. Des responsables en milieu familial gagnent actuellement 12,42$ de l’heure et ce que le ministre de la Famille met sur la table, c’est 12,48$, donc six sous de l’heure d’augmentation, deux gommes balounes. C’est encore en bas du salaire minimum.»

Les éducatrices en milieu familial ont procédé à 45 minutes de grève, vendredi matin, dans les 14 régions représentées par la FIPEQ-CSQ. Si aucune entente n’est conclue à court terme, les moyens de pression s’intensifieront, a précisé Mme Grenon.

«La semaine prochaine, si rien n’est réglé, on va passer à une heure (de grève) et on ira comme ça tous les vendredis, jusqu’à deux heures. S’il le faut, nous avons une demi-journée et une journée de grève complète. Si le besoin est là d’aller chercher des mandats de grève plus lourds, on va le faire. On a 10 000 RSE derrière nous pour continuer à négocier et avoir une entente satisfaisante», a affirmé la présidente de la FIPEQ-CSQ.

«Tôt pour faire la grève», selon le ministre de la Famille

Interpellé sur le dossier alors qu’il se trouvait à Chelsea pour une annonce concernant le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, Mathieu Lacombe a mentionné qu’il trouvait prématuré que des périodes de grève soient déjà entamées. Il invite la partie syndicale à poursuivre les discussions.

«Ce que je dirais d’abord, c’est que je pense que c’est un peu tôt, encore une fois, pour faire la grève. Les offres salariales ont été déposées quelques jours avant Noël, donc moi, je pense que quand on se parle, on est capable de régler des problèmes. La négociation sur ces offres salariales là vient de commencer, je pense que c’est tôt pour prendre les parents en otage», a commenté le ministre de la Famille.

M. Lacombe comprend par ailleurs mal comment la FIPEQ-CSQ peut arriver avec des calculs absolus sur les salaires, alors que les responsables des services éducatifs en milieu familial sont travailleuses autonomes.

«On les entend beaucoup parler d’un salaire à l’heure, mais moi je pose la question ‘comment est-ce qu’on calcule ça’, parce que ce sont des travailleuses autonomes. Donc quand elles disent qu’elles gagnent tel ou tel montant de l’heure, moi je leur demande ‘bon, d’où vient ce calcul-là’. J’ai de la difficulté à comprendre, parce que ce sont des travailleuses autonomes, elles ne sont pas rémunérées à l’heure», a souligné M. Lacombe.