Après un deuxième incendie à l’école secondaire Mont-Bleu, l’information émise par la commission scolaire semble déplaire aux commissaires.

Un commissaire dénonce les communications dans le dossier Mont-Bleu

La Commission scolaire des Portages-de-l’Ouaouais (CSPO) a tardé avant d’informer les parents sur l’avenir de l’école secondaire Mont-Bleu, ce qui a provoqué « une grogne assez particulière » à l’interne, affirme le commissaire Alain Gauthier.

M. Gauthier est passablement irrité par la gestion des communications dans le dossier de l’école secondaire Mont-Bleu, qui a subi de lourds dommages causés par un incendie lors de la tornade du 21 septembre. « Sur l’aspect des communications aux parents, le conseil des commissaires veut aller à gauche, alors que le président et le directeur général veulent aller à droite », a-t-il lancé en entrevue.

M. Gauthier soutient que dès le 24 octobre, les commissaires ont été informés que la rentrée à Mont-Bleu en septembre 2019 serait « impossible », que l’école soit rénovée ou démolie puis reconstruite.

« Le 25 octobre au matin, les membres du conseil — incluant moi-même — se sont mis à demander qu’on sorte un communiqué, et dès le lendemain soir, la majorité du conseil voulait qu’on sorte un communiqué pour dire que la rentrée à Mont-Bleu en septembre 2019, ça n’arrivera pas. [...] Mais ça a été refusé, à cause des discussions avec nos partenaires. Il y avait tout le temps une excuse. Sauf qu’à la base, un parent dont l’enfant va faire son entrée au secondaire en septembre 2019 a le droit d’être informé. Si des parents veulent que leur enfant aille ailleurs qu’à Mont-Bleu, ils doivent s’inscrire pour les examens d’admission, et la date limite, c’était vendredi passé. »

Toujours selon M. Gauthier, lors d’une autre rencontre informelle tenue 1er novembre, une «quasi-unanimité de commissaires» ont statué qu’un communiqué devait être diffusé le 6 novembre en matinée. Alain Gauthier affirme que la sortie de ce communiqué a été retardée en raison d’une information diffusée au 104,7 Outaouais selon laquelle la CSPO avait déjà décidé que l’école serait démolie. Cette information a par la suite été démentie par la CSPO.

Le président de la CSPO, Mario Crevier, affirme de son côté que dès le 24 octobre, il y avait « un gros doute » que la rentrée ne pourrait pas avoir lieu à Mont-Bleu en septembre 2019, mais précise que « l’information officielle » ne sera pas connue avant le rapport sur l’étendue des dommages, attendu pour la fin novembre. M. Crevier note que l’information n’a pas été diffusée dès ce moment à la demande du ministère de l’Éducation, pour « donner le temps au fédéral de prévenir ses employés » qui travaillent au Centre Asticou, là où emménageront les élèves de Mont-Bleu le 3 décembre. « Le conseil est souverain, mais dans une certaine limite, parce qu’on a des partenaires », affirme M. Crevier.

Alain Gauthier soutient par ailleurs qu’en raison de convocations à la dernière minute pour des discussions hors du cadre d’une réunion officielle, « il y a de la grogne parce que le conseil prend des décisions en dehors de résolutions formelles » et que ces décisions sont par la suite infirmées. « Il n’y a pas juste un problème de communication sur la situation à Mont-Bleu, dit-il. On a un problème de gouvernance. »

De cette grogne découlera le dépôt d’une motion, lors du conseil des commissaires de mercredi soir, sur un nouveau modèle de « communication administrative et stratégique » à la CSPO.

Mario Crevier réplique pour sa part ne pas avoir voulu tenir les parents dans l’ignorance. « Je ne suis pas contre l’idée d’aviser les parents, le but ce n’était pas de cacher rien, dit-il. [...] Mais il y a des commissaires qui sont loin de leur mission qui doit être d’avoir l’élève au cœur des priorités, pas la communication à savoir si l’école n’ouvrira peut-être pas en septembre 2019. »

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L’école primaire Côte-du-Nord de Gatineau

DE L'AMOUR POUR UNE ÉCOLE PROTECTRICE

L’école primaire Côte-du-Nord de Gatineau a été entourée, mardi, par ses quelque 400 élèves qui l’ont ainsi remerciée de les avoir protégés lors du passage de la tornade du 21 septembre dernier.

De la maternelle à la sixième année, les élèves se sont brièvement tenus par la main tout autour de l’école, qui a été épargnée par les vents destructeurs ayant balayé le quartier Mont-Bleu lors de la tornade.

La directrice de l’établissement, Isabelle Lowe, a souligné qu’il s’agissait s’un geste symbolique.

«[On a voulu] encercler notre école pour la remercier de nous avoir protégés le 21 septembre dernier alors que plusieurs amis se trouvaient encore au service de garde, a-t-elle mentionné. J’y étais aussi. Il y a des moments que je n’oublierai jamais.» L’école, qui n’a même pas perdu d’électricité, a accueilli dès les premiers instants des voisins touchés par la tornade. Les enfants, eux, «ne s’en sont pas rendu compte». «Ils n’ont rien vu, ils jouaient», a raconté Mme Lowe.

La directrice Isabelle Lowe

La journée de mardi a aussi été l’occasion de planter trois arbres sur le terrain de l’école, pour remplacer ceux qui ont été déracinés par la tornade.