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Seulement trois échangeurs d'air ont été commandés pour des établissements de l'Outaouais.
Seulement trois échangeurs d'air ont été commandés pour des établissements de l'Outaouais.

Très peu d’échangeurs d’air commandés pour les écoles de l'Outaouais

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
La Presse Canadienne
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C’est loin d’être en Outaouais où l’on retrouvera dès la réouverture des écoles un grand nombre d’échangeurs d’air fournis par le ministère de l’Éducation expressément pour les locaux de classe ayant une ventilation déficiente. Des près de 450 qui ont été commandés partout en province, on en compte jusqu’ici trois dans la région.

En date de cette semaine, seul le Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées (CSSCV) avait commandé de tels appareils pour certains de ses établissements. Ceux-ci, soit trois au total, sont destinés à des locaux de l’école Mgr Charbonneau, à Gatineau; ainsi que de l’école St-Pie-X, à Papineauville, deux bâtiments construits dans les années 50 et 60.

L’organisation a précisé vendredi dernier qu’elle n’avait toujours pas reçu la commande, mais que c’était imminent, selon l’entreprise mandatée par le ministère.

Dans le cas du Centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSSPO), aucun échangeur d’air n’a été demandé aux instances provinciales étant donné les résultats jugés satisfaisants lors de la série de tests de ventilation menés dans toutes les écoles de janvier à mars à la demande de Québec.

Le CSSPO n’a pas non plus fait l’achat d’un équipement de ce type de son propre gré.

«Nous rappelons que tous les systèmes de ventilation mécanique des établissements du CSSPO ont été programmés pour un échange d’air maximal avec l’extérieur, sans que cela affecte la température ambiante des établissements peu importe la saison. Le CSSPO veille également à l’entretien régulier des systèmes de ventilation de ses établissements scolaires, tel qu’exigé par le gouvernement. En plus de la ventilation mécanique, depuis le début de la pandémie, toutes les directions d’établissement ont reçu la consigne d’aérer les locaux et de favoriser la circulation d’air en ouvrant les fenêtres ou les portes à des moments opportuns», explique l’organisation.

L’analyse avait permis de conclure que 93% des locaux testés dans la trentaine d’écoles du CSSPO avaient une troisième mesure de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) inférieure à 1000 parties par million (ppm), c’est-à-dire la cible établie par le ministère.

Quant au Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), il indique ne pas être en mesure pour l’heure de confirmer si des échangeurs d’air devront être demandés à Québec et si oui quelle quantité puisque certaines analyses qui doivent être refaites à la suite d’actions correctives n’ont pas pu avoir lieu en raison de la fermeture des établissements depuis le début avril. Il faudra attendre au retour des élèves en présentiel pour effectuer ces tests.

Le CSSD explique que des tests ont été repris à des endroits où le taux de CO2 surpassait la barre des 1000 ppm et que les correctifs aux systèmes mécaniques se sont avérés positifs. D’autres ajustements doivent être effectués.

Cet hiver, une lecture de taux dépassant 2000 ppm a été mesurée dans certaines classes des écoles de l’Odyssée et des Belles-Rives, à Gatineau.

L’organisation spécifie qu’à la reprise des tests, si des résultats au-dessus du seuil de CO2 souhaité sont toujours constatés dans des écoles non ventilées, on communiquera avec le ministère pour obtenir des appareils. On ajoute que lorsque le protocole d’ouverture des fenêtres et des portes est respecté, le taux de CO2 mesuré est en général est sous les 1000 ppm.

Au Centre de services scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais (CSSHBO), on affirme ne pas avoir fait de demande pour un échangeur d’air, tandis que la Commission scolaire Western Québec (CSWQ) a indiqué au Droit qu'elle avait commandé quatre appareils.

Notons que si les échangeurs d’air peuvent être installés dans les écoles, la santé publique ne recommande cependant pas que des purificateurs d’air s’y trouvent, prétextant depuis des mois que cela créé un faux sentiment de sécurité.

Une qualité de l’air «acceptable» et «sécuritaire», dit Roberge

Dans l’ensemble, la qualité de l’air dans le réseau scolaire est «acceptable» et «sécuritaire», sans toutefois être «idéale», a reconnu mardi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Il commentait en mêlée de presse la publication par son ministère des résultats complets des tests de dioxyde de carbone effectués dans près de 15 000 classes.

Cette controverse dure depuis des mois, alimentée entre autres par l’opposition qui s’inquiète de la propagation de la COVID-19 dans les écoles et réclame l’installation de purificateurs ou d’échangeurs d’air.

M. Roberge a reconnu mardi que «bien souvent, on n’atteint pas notre cible idéale de 1000 ppm et moins». Le taux de CO2 se situe en deçà de 1000 ppm dans seulement 51,2 % des classes testées.

Mais, il considère comme «acceptables» les résultats dans 89,7 % des classes qui affichent un niveau de CO2 sous la barre des 1500 ppm.

«Selon plusieurs pays, un taux inférieur à 1500 montre que la ventilation est acceptable et sécuritaire. Pas idéale, mais acceptable et sécuritaire», a argué M. Roberge.

«Ce n’est peut-être pas l’idéal pour le confort, (...) mais pour ce qui est d’assurer la santé et la sécurité dans un contexte de pandémie, (...) inférieur à 1500, c’est un indicateur d’un apport d’air frais qui est suffisant», a-t-il renchéri.

Le ministre a reconnu qu’il gérait une «crise», en plus de «toutes les autres crises qui touchent le réseau scolaire». Il a affirmé vouloir «mettre les choses en perspective».

«Est-ce que c’est épeurant d’avoir une classe qui a une des trois mesures à 1350? La réponse, c’est non, a-t-il insisté. Il ne faut pas s’effrayer puis faire des peurs aux parents, aux membres du personnel.»

Mardi, le ministère a aussi révélé que dans 7,9 % des classes, le taux de CO2 mesuré se situe entre 1500 et 2000 ppm, et que dans 2,4 % des classes, ce taux est supérieur à 2000 ppm.

Ces constats sont plus «inquiétants», a admis M. Roberge, qui assure toutefois que des correctifs ont déjà été apportés dans 90,7 % de ces classes: 438 échangeurs d’air ont été commandés.

«Notre cible idéale, audacieuse, c’est 1000 ppm, a-t-il répété. On l’atteint dans 51 % des cas. On ne l’atteint pas partout, mais on veut l’atteindre partout, donc il reste beaucoup de travail à faire.»

M. Roberge a soutenu que les tests de CO2 se poursuivront dans les écoles au cours des prochaines années, et que la méthodologie continuerait d’être améliorée.