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Une classe de l'école des Belles-Rives, à Gatineau, a eu lors de l’analyse une lecture de taux dépassant le cap des 2000 ppm.
Une classe de l'école des Belles-Rives, à Gatineau, a eu lors de l’analyse une lecture de taux dépassant le cap des 2000 ppm.

Tests de ventilation: les écoles de l'Outaouais s'en tirent assez bien

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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La série de tests de ventilation commandés cet hiver par Québec pour l’ensemble des établissements scolaires révèle que la majorité des classes des écoles des deux plus grands centres de services scolaires de l’Outaouais ont un taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air qui respecte le seuil toléré par le ministère de l’Éducation. Dans de rarissimes cas, les résultats sont moins reluisants et nécessitent des correctifs rapides.

Au final, la minutieuse analyse qui s’est étalée sur quelques semaines de janvier à mars permet de conclure que 93% des locaux testés dans la trentaine d’écoles du Centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSSPO) avaient une troisième mesure de la concentration de CO2 inférieure à 1000 parties par million (ppm), soit l’objectif ciblé.

Pour chaque école, Québec exigeait que de quatre à dix locaux soient évalués et les endroits sélectionnés devaient être représentatifs de l’ensemble de l’immeuble (différents niveaux scolaires, étages, orientations par rapport au vent, etc).

Au CSSPO, une troisième mesure variant entre 1000 et 1499 ppm a été enregistrée dans 6% des locaux testés, alors que dans à peine plus de 1% des cas, le taux surpassait la barre des 1500 ppm même après l’ouverture des fenêtres. Le nom des écoles n’a pas été dévoilé.


« Dans ces cas, nous demandons d’établir une routine stricte sur l’ouverture des fenêtres, car il y a une différence marquante suite à l’ouverture des fenêtres. Nous demandons également de s’assurer que la porte de classe soit ouverte en tout temps. »
Maude Hébert, porte-parole

Aucune mesure au-dessus de 2000 ppm — le niveau à partir duquel des correctifs immédiats doivent être apportées et qu’un déplacement des élèves pourrait être nécessaire — n’a été recensée.

Exigences

Selon les exigences établies par le ministère, les correctifs doivent être faits dans les meilleurs délais lorsque le taux varie entre 1000 et 1500 ppm, alors qu’ils doivent être mis en place rapidement (un mois) si le taux se situe entre 1500 et 2000 ppm.

«De manière générale, un taux de CO2 inférieur à 1 000 ppm favorise la réussite éducative. C’est donc l’objectif à atteindre dans toutes les situations. Cela dit, on a jugé que des résultats inférieurs à 1 500 ppm étaient acceptables bien qu’au-dessus de l’objectif visé. Il faut donc quand même se pencher sur ces cas pour apporter des améliorations et atteindre l’objectif. Il vous est donc fortement demandé de prendre les actions correctives nécessaires pour atteindre la valeur cible de 1000 ppm. Toutefois, la priorité doit être mise sur les résultats supérieurs à 1500 ppm et à fortiori sur les résultats supérieurs à 2000 ppm», indique le ministère de l’Éducation dans une communication transmise aux centres de services scolaires.

Au Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), dans 70% des tests effectués en classe, au moins deux des trois mesures ont révélé des concentrations en deçà du seuil recommandé de 1000 ppm.



« Certaines classes se situent entre 1000 et 2000 ppm. Ces écoles doivent ouvrir les fenêtres et les portes des classes plusieurs fois par jour pour assurer une circulation de l’air. Nous profitons du printemps et de la chaleur qui s’installent. Il est beaucoup plus facile de le faire quand il fait chaud que durant l’hiver. Cette technique fonctionne très bien. »
Mathieu Daoust, conseiller en communication par intérim

Bémol

Le plus grand bémol: trois classes situées aux écoles de l’Odyssée et des Belles-Rives, à Gatineau, ont eu lors de l’analyse une lecture de taux dépassant le cap des 2000 ppm. Il s’agit d’établissements, construits dans les années 60, où la ventilation est naturelle ou hybride. À ces endroits, les fenêtres et les portes devront aussi être ouvertes plusieurs fois par jour. Le CSSD, qui spécifie qu’il analysera la situation dans les semaines à venir et qu’il apportera les ajustements nécessaires, est allé plus loin en commandant des échangeurs d’air qui seront installés dans certaines classes où une qualité d’air moins bonne a été détectée par moments.

 « Contrairement aux purificateurs d’air mobiles, les échangeurs d’air sont recommandés par les experts de la santé publique. Québec assume tous les coûts d’acquisition. Nous avons fait des ajustements au niveau de certains systèmes de ventilation mécaniques », ajoute M. Daoust.

Plusieurs établissements, notamment l’école secondaire du Versant, l’école polyvalente Le Carrefour ainsi que les écoles Le Petit Prince, du Sommet, de la Rose-des-Vents et La Source, n’ont obtenu que des mesures sous le seuil toléré de 1000 ppm.

Coeur-des-Vallées veut attendre

De son côté, le Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées (CSSCV) indique avoir transmis ses résultats de tests au ministère de l’Éducation mais n’a pas encore communiqué les informations aux parents et employés. L’organisation a mentionné au Droit qu’elle préfère donc attendre avant de les communiquer aux médias.

Lors de la première vague de tests de ventilation, l’automne dernier, près de 90% des analyses du taux de CO2 menées dans un échantillon plus restreint de 15 écoles de l’Outaouais étaient conformes aux normes tolérées par Québec. Dans une vingtaine de cas, des mesures ont cependant dû être mises de l’avant pour améliorer la qualité de l’air. 

D’un bout à l’autre de la province, des tests avaient été effectués dans 1369 classes de 330 écoles. Le taux moyen de CO2 détecté était alors de 804 ppm, un résultat jugé satisfaisant par le gouvernement.