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Le premier Symposium national en petite enfance s’est ouvert mercredi.
Le premier Symposium national en petite enfance s’est ouvert mercredi.

Symposium en petite enfance: plus de formation en français pour les éducateurs

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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Le manque de formation en français pour les éducateurs de la petite enfance en contexte linguistique minoritaire hors Québec a un réel impact sur l’assimilation des jeunes francophones en garderies anglophones. C’est du moins l’un des thèmes longuement discutés lors du premier Symposium national en petite enfance qui s’est ouvert mercredi.

«La petite enfance c’est vraiment un moment clé en matière de l’apprentissage de la langue française et de construction identitaire, de développement de sentiment d’appartenance à la langue et la communauté francophone», a expliqué Lynn Brouillette, la présidente directrice générale de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), l’organisation derrière le congrès. 

Pour sa première édition, le Symposium national en petite enfance s’est penché sur la formation francophone des éducateurs en petite enfance, qui présente d’importantes lacunes en contexte minoritaire, affirme Mme Brouillette. «Depuis des années, il y a de gros enjeux, une pénurie chronique de personnel qualifié. Il y a une absence de formation initiale en français pour les éducateurs de la petite enfance dans certaines régions du pays. Il y a aussi une absence de formation pour obtenir une certification supérieure en français dans certaines régions. Des fois, la formation n’est pas bien adaptée et parfois la formation continue est faite de façon expéditive exclusivement en anglais.» 

Le symposium était donc plus que nécessaire pour réfléchir à des pistes de solutions auprès des homologues de toutes les provinces, avance la présidente. «En contexte minoritaire, on ne peut pas former comme la majorité le fait. On doit former différemment, adapté à la réalité francophone.» 

Le dernier budget du gouvernement fédéral, présenté le 19 avril dernier, a mis de l’avant le nouveau système pancanadien de garderie.

Mettre un frein à l’assimilation 

Près de 500 personnes ont participé aux dizaines de panels du symposium qui se poursuit jusqu’à jeudi. Mme Brouillette affirme que le congrès a permis aux participants de créer, faire des échanges de modèles et de pratique et encourager la création de partenariat pour remédier à cette problématique, mais aussi aux autres enjeux bien présents dans le milieu. «L’enjeu central de tout ça, c’est surtout l’assimilation des jeunes enfants, l’assimilation des francophones. À certains endroits, il y a autant d’enfants sur les listes d’attente qu’il y en a en garderies francophones. Ces enfants-là ne peuvent pas attendre cinq ans avant d’avoir une place. Leurs parents vont leur trouver une place dans une garderie anglophone. Vous voyez l’enjeu? Quand vient le temps de choisir l’école, l’enfant a été socialisé en anglais, donc des fois les parents vont prendre la décision de poursuivre le cheminement scolaire en anglais», poursuit-elle. «Pour les francophones en contexte minoritaire, c’est crucial le secteur de la petite enfance et d’avoir suffisamment de place de garde pour placer les petits enfants francophones. Cet enjeu-là ne se pose pas du tout pour la majorité. Il n’y a pas d’anglophones qui s’assimilent dans un contexte similaire. Alors que pour les francophones, c’est névralgique.»  

Prendre exemple sur le Québec

Le dernier budget du gouvernement fédéral, présenté le 19 avril dernier, a mis de l’avant le nouveau système pancanadien de garderie qui vise à offrir la garde de jeunes enfants à 10 $ par jour d’ici 2026. Cet investissement initial de 30 milliards pour mettre en place le système nécessitera par la suite un investissement annuel de plus de 8 milliards pour le maintenir en place. Un bon début, croit la présidente. «Je ne sais pas si le modèle proposé va être à l’image exacte du modèle du Québec, mais je sais qu’il s’en est inspiré», a indiqué M. Brouillette. «C’est revenu souvent dans les discussions que le modèle du Québec était un modèle intéressant à plusieurs niveaux et surtout pour que ce soit abordable pour les parents.» 

Selon elle, c’est un gros pas vers l’avant et ça démontre que l’enjeu des garderies est pris au sérieux au niveau national. «C’est certain que les provinces sont les premiers décideurs autour des services de garde. Mais on est très enchantés de voir que le gouvernement fédéral investit pour mettre en place un système pancanadien. C’est très bien reçu par les communautés francophones en contexte minoritaire partout au Canada.»