Madeline Hancey apprend avec sa tablette.

Source de motivation ou de distraction ?

D'un côté, les élèves peuvent disséquer une grenouille virtuellement, ou encore se promener entre la tour Eiffel et les pyramides d'Égypte sur Google Earth. De l'autre, ils sont assez habiles pour masquer, dans le temps de le dire, toute application dont ils ne devraient pas se servir en classe.
L'intégration des iPad dans les écoles a ses bons côtés comme ses moins bons, estime Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation, qui a mené une étude sur le sujet. Plus de 6000 élèves et 300 enseignants ont été consultés pour cette étude, dont les résultats ont été présentés récemment au Sommet de l'iPad en éducation, à Montréal.
Tout en soutenant que « l'outil a un énorme potentiel » en éducation, le chercheur note que « l'aspect production » est encore limité, puisqu'un texte écrit dans un iPad doit être copié dans une autre application pour y détecter des fautes, par exemple.
Le principal défi est d'éviter que les iPad soient une grande source de distraction. Au lieu d'envoyer un message sur un bout de papier à un ami, un élève muni d'un iPad peut désormais l'envoyer à toute l'école en quelques secondes.
« La distraction, elle est majeure, souligne Thierry Karsenti. [] Au Sommet, des élèves sont venus parler aux directeurs d'école pour leur dire la vérité, aussi crue qu'elle puisse être, en toute immunité. Et dans les écoles, alors qu'un technicien peut avoir passé cinq jours à bloquer des applications, quelqu'un a trouvé une solution en ligne en cinq minutes. »
Selon le chercheur, la coercition n'est pas la meilleure avenue pour que l'utilisation des iPad soit faite à bon escient. Il importe davantage de modifier la façon d'enseigner, croit-il. Un enseignant a notamment décidé de ne jamais utiliser le bleu dans ses présentations, puisqu'il s'agit de la couleur de Facebook. Il s'assure ainsi de voir rapidement si les élèves se concentrent sur autre chose que la matière.
« Le secret, c'est de bien préparer les enseignants », croit Mé Karsenti. « Les écoles où ça s'est moins bien passé, c'est là où les élèves ont eu l'iPad la même journée que les enseignants. »