Un mannequin de collision a été installé sur un vélo afin d’enregistrer toutes les données nécessaires pour étudier en détail ce qui se passe lors d’un impact par l’arrière entre un véhicule et un cycliste. Ce test a été effectué par des étudiants de l’Université Carleton en collaboration avec la Police d’Ottawa.

Simuler un accident pour parfaire ses techniques

Un cycliste a été violemment happé par une camionnette vendredi dans le stationnement du Centre Canadian Tire. Mais rassurez-vous, il ne s’agissait que d’une simulation orchestrée par un groupe d’étudiants en ingénierie de l’Université Carleton et le Service de police d’Ottawa (SPO).

Depuis quelques années, l’Unité des enquêtes sur les collisions de la police d’Ottawa veut parfaire ses méthodes grâce à sa collaboration avec l’institution d’enseignement, où ce mécanisme a été mis au point dans le but d’identifier la cascade d’événements qui se produisent lors d’un accident grave impliquant un vélo et un véhicule. Uniquement en 2017, on a dénombré 226 collisions avec blessés impliquant des cyclistes dans la capitale fédérale. Heureusement, aucun incident mortel n’est survenu.

Au total, 27 étudiants de quatrième année, accompagnés de professeurs de la Faculté d’ingénierie et de design ainsi que du Département de génie mécanique et aérospatial, ont participé à ces tests en bordure de l’autoroute 417 et à deux pas de l’amphithéâtre des Sénateurs.

Au troisième essai, les deux premiers n’ayant pas été concluants, une camionnette F-150 filant en ligne droite a percuté par l’arrière le mannequin-robot prenant place sur le vélo. Au moment de l’impact, on estime que la vitesse du véhicule était d’environ 35 km/h. L’exercice de simulation, qui pourra être étudié ultérieurement, était filmé sur quasi tous les angles, entre autres à l’aide d’un drone et d’une caméra sur le toit du véhicule.

Une camionnette F-150 a percuté par l’arrière le mannequin-robot prenant place sur un vélo.

« Après l’accident, on peut prendre des relevés sur la scène pour voir comment on peut le reconstruire en voyant les marques trouvées sur la chaussée. En essayant de mettre tout en commun, dont les morceaux du vélo, on peut mesurer la vitesse. [...] Pour eux (les étudiants), ça donne de l’expérience en mécanique, alors que dans notre cas, ça nous aide à savoir quelles sortes de preuves on devrait regarder sur une scène d’accident et comment interpréter celles-ci. Avec nos données, on regarde ensuite si tout concorde avec nos hypothèses », indique le détective au SPO Alain Boucher.

De toutes les catégories, les collisions par l’arrière sont les plus fréquentes, ajoute-t-il.

Près d'une trentaine d'étudiants ont participé à l'activité.

Le détective Boucher, habitué de scruter à la loupe des scènes de collision, soutient qu’il y a encore du travail de sensibilisation à faire, notamment sur la notion de partage de la route.

« Il y a la distraction, mais aussi le manque de respect, d’un côté comme de l’autre. L’automobiliste se pense plus gros alors que le cycliste dit qu’il a lui aussi le droit d’être là selon la loi. C’est vrai, sauf qu’il faut avoir une perspective de tout ce qui nous entoure. Peut-être qu’un cycliste peut essayer d’éviter un trou d’eau, alors il change de direction un peu. Mais il doit se rappeler qu’un véhicule ne peut pas tourner aussi rapidement », explique-t-il.

Selon Transports Canada, 64 % des décès de cyclistes causés par un accident de la circulation sont survenus sur des routes urbaines, où la limite de vitesse est de 70 km/h ou moins.

On estime que les blessures à la tête sont la cause d’environ 60 % des décès.

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COLLISIONS IMPLIQUANT DES CYCLISTES À OTTAWA


                         2017   2016  2015

Mortels               0        3         1

Avec blessés      226    245     246


Source : Rapport sur la sécurité routière à Ottawa