Satisfaction pour les centres de services scolaires en Outaouais

Le plan de match pour la prochaine rentrée scolaire, même s'il viendra avec sa part de «défis», est accueilli positivement par les centres de services scolaires en Outaouais.

Loin de nier que des ajustements devront être faits au fil du temps et que certaines choses pourraient être complexes à arrimer, le directeur général du Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées (CSSCV), Daniel Bellemare, applaudit le retour à un «milieu scolaire «quasi normal». 

«J'accueille tout ça favorablement, je suis content pour les élèves, car la rentrée scolaire, c'est un moment charnière, c'est important pour eux. C'est un nouveau départ, un nouvel enseignant, parfois une nouvelle école, donc de recommencer à la maison avec de l'enseignement en ligne n'aurait pas été ce qui favorise le plus le sentiment d'appartenance», affirme-t-il d'emblée. 

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Sachant que les dernières semaines se sont déroulées sans anicroche, il croit qu'on pourra continuer sur cette lancée lorsque les écoles rouvriront à la fin de l'été, et ce, même si les consignes ne seront pas identiques et que de nombreux écoliers mettront les pieds dans les établissements pour la première fois depuis la mi-mars.

«On a quand même vécu une deuxième rentrée au primaire en mai, on peut reposer sur cette expérience-là. Ça s'est bien passé et on a travaillé en collaboration avec le personnel, ça va être encore le cas. On prépare déjà la rentrée avec des comités qui regroupent des gens de tous les corps d'emploi, ça donne de la richesse au niveau des idées. Pour les plus jeunes enfants, c'est certain que ça pourrait être plus difficile de s'adapter, mais de manière générale, je suis persuadé qu'on pourra trouver des solutions et que ça va bien aller. De façon logique, on pourrait croire à première vue que c'est difficile, mais c'est surprenant à quel point les enfants nous ont surpris ces dernières semaines», dit-il.

Le directeur général du Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées, Daniel Bellemare.

M. Bellemare l'avoue d'ailleurs candidement sans détour: lorsque Québec a annoncé à la fin avril que les écoles primaires à l'extérieur de la région de Montréal rouvraient leurs portes le 11 mai, il a douté de la réussite de la délicate opération. Mais il s'est vite ravisé. 

«En toute honnêteté, j'étais l'un de ceux qui se disaient que ce serait le bordel pour les élèves de comprendre tout cela. Je ne dis pas qu'on n'a pas dû répéter, mais finalement ça s'est tellement mieux passé que ce que je croyais au départ. C'est peut-être pour ça que j'ai une belle confiance par rapport à septembre. Je pense aussi que les gens sont compréhensifs», indique-t-il.

Manon Dufour, directrice générale du Centre de services scolaire des Draveurs

«Un tremplin»

Le son de cloche est semblable au Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), où la directrice générale Manon Dufour se réjouit de constater que plusieurs des préoccupations du milieu ont été pris en considération par le ministère.

«Avec les services de garde d'urgence et le retour à l'école en mai, on a quand même réussi un tour de force, alors on va continuer à construire là-dessus. On a aussi un délai plus long pour se préparer. [...] Ce qu'on a fait dans les dernières semaines n'est pas perdu, on peut utiliser ça comme tremplin», affirme-t-elle.

Au sujet des bulles composées d'un maximum de six élèves à privilégier en salle de classe au primaire, Mme Dufour soutient être favorable au principe puisque les interactions entre élèves et le travail d'équipe faisaient partie de ses préoccupations. Il y aura toutefois de la latitude, précise-t-elle.

«Ça va faciliter toute l'organisation, tout le monde va pouvoir se retrouver dans le même local. Ce sera à chaque école de déterminer ce qui est bon pour les élèves. Il n'y aura pas de consigne de ma part qui ferait en sorte que tout le monde fera la même chose. Ça dépend de l'environnement physique. Peut-être que dans certaines écoles, ce sera des îlots de trois ou quatre élèves. Dans certaines classes, ce sera possiblement davantage des travaux individuels. On va respecter cela, c'est important que l'enseignant soit à l'aise», lance-t-elle.

Cette dernière avoue que le défi sera de taille pour certains aspects comme l'accès aux casiers, l'utilisation des laboratoires et l'heure du dîner à la cafétéria dans les écoles secondaires, en particulier à la polyvalente Nicolas-Gatineau, qui accueille 2900 élèves. 

«Chacune des écoles a ses particularités. On va réfléchir à tout ça. Par exemple, pour l'organisation du dîner, est-de qu'il y aura des heures variables? Aura-t-on suffisamment de locaux pour faire la désinfection des installations entre chacun des groupes?», relate Mme Dufour.

Chose certaine, avec l'élaboration d'un plan d'urgence tel que demandé par Québec, elle estime que les établissements sont mieux préparés à une éventuelle fermeture en cas de deuxième vague de contagion. «On sera prêt à distribuer du matériel informatique. Il n'y aura pas de bris de service, on va garder contact avec les élèves», termine-t-elle.