La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Deb Matthews, a annoncé vendredi que les 24 collèges publics ontariens devront verser dans un fonds dédié toutes les économies découlant de la grève du personnel scolaire.

Satisfaction... et plusieurs interrogations

L’Association étudiante de La Cité est à demi satisfaite de la décision du gouvernement Wynne de forcer les collèges paralysés par une grève depuis la mi-octobre à mettre sur pied un fonds pour les étudiants ayant des difficultés financières.

« C’est un bon premier pas vers l’avant, mais c’est un peu la moitié du chemin de fait. Ça nous laisse quand même encore dans l’incertitude. Par exemple, quels seront les critères pour aider un étudiant? Sur quoi vont-ils se baser? Y aura-t-il un montant limite de dépenses? Il y a aussi tout le volet pédagogique. Nous, on se bat pour que les étudiants puissent, s’ils le veulent, obtenir un remboursement et quitter sans avoir un échec », plaide la présidente Lynna Kavutse.

Soutenant que « les étudiants se trouvent mêlés à cette grève depuis trop longtemps et ce n’est pas juste », la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Deb Matthews, a annoncé vendredi que les 24 collèges publics ontariens devront verser dans un fonds dédié toutes les économies découlant de la grève du personnel scolaire. 

« Bien que chaque cas soit unique, la communauté étudiante tout entière souffre du climat d’incertitude. Les étudiants s’inquiètent des coûts imprévus, notamment des dépenses additionnelles pour payer leur loyer ou de l’annulation d’un voyage prévu depuis longtemps pour retourner chez leur famille. Ils m’ont dit qu’ils s’inquiètent de savoir quand ils pourront terminer leurs études ou s’ils pourront bénéficier de mesures de soutien lorsque leurs cours reprendront », a-t-elle indiqué, précisant que les paramètres de ce fonds seront déterminés dans les plus brefs délais. 

Alors que débute la cinquième semaine de grève, la présidente de l’AÉ estime que plusieurs étudiants souhaitent carrément faire un X sur leur session, peu importe la suite des choses. Le plan de rattrapage annoncé la semaine dernière ne leur convient pas. Celui-ci prévoit entre autres la prolongation de la session jusqu’au 22 décembre. 

« Il y a du découragement. Certains ont déjà de la difficulté à suivre le rythme normal, alors imaginez avec un semestre condensé. Certains devaient travailler pour payer leur loyer, mais ne seront plus en mesure de le faire en raison du nouvel horaire, alors que d’autres ont déjà payé leur billet d’avion pour retourner dans leur pays respectif le 15 décembre. Est-ce eux qu’on va aider? », de dire Mme Kavutse. 

L’Association affirme qu’une fois le conflit réglé, les étudiants devraient avoir le libre choix d’opter pour une session condensée ou un remboursement de leurs frais de scolarité. 

La direction de La Cité n’a quant à elle pas commenté davantage la décision du gouvernement, se contentant d’affirmer qu’elle était en attente de renseignements supplémentaires pour la suite des choses. 

« Nous avons pris connaissance de la demande de la ministre via le communiqué de presse émis par son bureau vendredi en fin d’après-midi. Nous attendons l’invitation du gouvernement pour travailler conjointement à cette initiative », a indiqué par écrit la porte-parole Pascale Montminy. 

Rappelons qu’à la suite d’une décision de la Commission des relations de travail de l’Ontario, le personnel scolaire en grève devra se prononcer sur la plus récente offre patronale à l’occasion d’un vote prévu de mardi à jeudi. Le syndicat recommande toutefois à ses membres de rejeter la proposition.