Après s’être attaquée à la disponibilité des ressources sur le campus, la prochaine mission de la direction de l’Université d’Ottawa sera d’enclencher un changement de culture important pour réduire les cas de problèmes de santé mentale sur le campus.
Après s’être attaquée à la disponibilité des ressources sur le campus, la prochaine mission de la direction de l’Université d’Ottawa sera d’enclencher un changement de culture important pour réduire les cas de problèmes de santé mentale sur le campus.

Santé mentale à l'Ud'O: vers une université plus accommodante?

Après s’être attaquée à la disponibilité des ressources sur le campus, la prochaine mission de la direction de l’Université d’Ottawa sera d’enclencher un changement de culture important pour réduire les cas de problèmes de santé mentale sur le campus.

Même si certains étudiants soutiennent que le service de counselling n’est pas exactement le «walk-in» sans temps d’attente décrit par la direction de l’Université, des leaders étudiants comme Tim Gulliver et Maxime Lê reconnaissent que cette situation s’est grandement améliorée.

«L’Université s’en va dans la bonne direction, mais ça ne va pas nécessairement assez vite», résume M. Lê, étudiant en communications et cofondateur du Collectif pour la santé mentale uOttawa.

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«Je pense que la stratégie de l’Université, pour le moment, c’est comme si la santé mentale, la vie étudiante et l’aspect académique sont séparés et qu’ils ne voient pas la connexion entre les trois», affirme le commissaire à la revendication du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa (SÉUO), Sam Schroeder.

L’experte de l’impact des enjeux systémiques sur la santé mentale, Dr Jessie Bossé, croit aussi que les universités canadiennes gagneraient à faire preuve d’une plus grande flexibilité dans l’octroi de délais pour la remise de travaux.

Les institutions d’études postsecondaires sont généralement réticentes à le faire pour éviter une forme de tricherie.

«Si, dans une année, on a un 3 à 4% de personnes qui se sont un peu faufilées, mais qu’on a aidé un grand nombre, je pense que nous sommes gagnants, soutient Dr Bossé de la clinique Tall Tree Psychology. Peut-être que ces personnes-là ont aussi d’autres privilèges. Par exemple, ils habitent encore chez leurs parents, ils n’ont pas besoin d’un emploi à temps partiel, les parents financent les études. C’est sûr que c’est plus facile pour eux de remettre un travail à temps.»

Selon M. Gulliver, représentant de la Faculté des sciences sociales au conseil d’administration du SÉUO, certains professeurs démontrent qu’ils n’ont aucune volonté d’offrir des accommodements à leurs élèves, même lorsque la demande respecte les règles actuelles de l’Université.

«Il y a des pommes pourries partout», relativise toutefois Maxime Lê en précisant que le Collectif travaille à la rédaction d’une déclaration commune avec l’Association des professeurs de l’Université d’Ottawa (APUO) sur les enjeux liés à la santé mentale sur le campus.

«La question des accommodements prend une place grandissante dans notre travail et notre éthique professionnelle requiert que l’on prenne en considération les demandes raisonnables. Les membres de l’APUO sont en général très conscients de cet enjeu et en discutent souvent entre eux», affirme le président de l’APUO, Dimitri Karmis.

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Besoin d’aide?

Vous ou vos proches avez besoin d’aide? N’hésitez pas à appeler au 1-866-APPELLE (277-3553), ou encore Tel-Aide Outaouais (819-775-3223) à Gatineau et (613-741-6433) à Ottawa.

Du côté d’Ottawa, vous pouvez aussi appeler la ligne de crise en santé mentale d’Ottawa en composant le 613-722-6914.