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Au Cégep de l’Outaouais, les statistiques ne laissent pas transparaître une tendance alarmante, malgré certains bémols.
Au Cégep de l’Outaouais, les statistiques ne laissent pas transparaître une tendance alarmante, malgré certains bémols.

Réussites et échecs au postsecondaire

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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En partie vides, les campus des universités et collèges de la région ne sont depuis un an plus des endroits grouillants de vie, où travaux d’équipe, discussions en groupe au café étudiant et cours avec 200 personnes entassées dans un amphithéâtre sont légion. Or, malgré la motivation en baisse et l’isolement, les étudiants derrière un écran à la maison ont été moins nombreux qu’on pourrait croire à abandonner ou échouer des cours, selon des données obtenues par Le Droit.

Université du Québec en Outaouais

À l’Université du Québec en Outaouais (UQO), par exemple, il y a eu 350 échecs au baccalauréat lors du trimestre d’automne, comparativement à 374 en 2019. À la maîtrise, on en a dénombré 15 alors qu’on en comptait 42 un an plus tôt. Les chiffres sont stables ou presque pour les majeures et les diplômes d’études supérieures spécialisées (-2), tandis que les échecs ont reculé de 10 % pour les certificats. En termes de proportion, l’institution n’a cependant pas précisé le nombre global d’étudiants inscrits pour chacune de ces catégories d’une année à l’autre.

Au chapitre des abandons de cours (avec remboursement), une tendance à la baisse qu’on observait déjà depuis quelques années à l’UQO s’est poursuivie l’automne dernier. De 2503 abandons en 2019, l’établissement est passé à 2399 en 2020 (-4 %). Si l’on compare avec 2017, on parle d’un recul de 15 %.

Lorsqu’on décortique davantage les données, on note toutefois qu’il y a eu une diminution de 11 % pour les études à temps complet (1202 abandons en 2020 vs 1357 en 2019), mais qu’il y a eu une légère hausse de ceux-ci pour les étudiants à temps partiel (1197 en 2020 vs 1146 en 2019).

L'Université du Québec en Outaouais

Université d’Ottawa

En ce qui a trait à l’Université d’Ottawa, le taux d’abandon d’au moins un cours se chiffrait à 6 % en 2020, alors qu’il était de 8 % l’année précédente. Le taux d’échec est lui aussi en recul d’environ deux points de pourcentage, indique l’institution.

« Nous savons que la pandémie a eu des impacts sur nos étudiants. Lorsqu’on les questionne, plusieurs évoquent des problèmes de motivation, le manque de contacts sociaux avec leurs paires et même une surcharge de travail. Mais plusieurs disent aussi que le format d’apprentissage en ligne leur convient, c’est le cas notamment de certains étudiants internationaux pour qui l’accessibilité aux études postsecondaires a été facilitée grâce à l’enseignement à distance », soutient la porte-parole, Isabelle Mailloux Pulkinghorn.

L’établissement ajoute qu’au premier cycle, une amélioration globale notable (+10 %) du nombre d’étudiants ayant un « bon rendement scolaire » a été dénotée l’an dernier. Chez ceux ayant un « excellent rendement », la hausse serait de 14 %.

« L’Université d’Ottawa offre un service d’appui au rendement scolaire afin d’appuyer ses étudiantes et étudiants au cours de leurs études en leur offrant les outils et les ressources nécessaires pour les aider à se réaliser et à trouver leur propre voie vers le succès scolaire. Ce service est offert en ligne depuis les débuts de la pandémie. [...] On peut donc dire que malgré les défis liés à la transition vers l’apprentissage en ligne, nos étudiants ont somme toute poursuivi avec succès leur parcours académique », ajoute-t-on.

L'Université d'Ottawa

La Cité

À La Cité, malgré les contraintes liées à la crise sanitaire, le taux de rétention des étudiants était en légère hausse à l’automne (+1,2 point) l’automne dernier (78 %) par rapport à la même période en 2019. L’institution souligne être satisfaite de tels chiffres, car il s’agit de 2,5 points de pourcentage au-dessus de la cible identifiée dans son plus récent plan stratégique.

« Cette augmentation peut s’expliquer par l’engagement et la créativité dont ont fait preuve nos professeurs et le personnel d’appui à la réussite pour maintenir l’intérêt des étudiants, poursuivre et renforcer les initiatives mises en place et optimiser l’utilisation de nos ressources », explique la directrice des communications et des relations publiques, Pascale Montminy.

Celle-ci cite en exemple notamment l’identification dès les premières semaines de l’étudiant à risque ; l’approche « campus » selon laquelle toutes les personnes-ressources interviennent de façon concertée auprès des étudiants ; de même que les services offerts par La Boussole (service d’appui, d’accompagnement et d’accommodement pour la réussite des étudiants) et le Carrefour de la réussite (aide aux études à l’extérieur du contexte d’une salle de classe, par exemple les centres d’aide en français, mathématiques, anglais ou bureautique).

Le nombre d’abandons ou d’échecs n’a pas été fourni par l’établissement collégial d’Ottawa.

Le Collège La Cité

Cégep de l’Outaouais

Dans le cas du Cégep de l’Outaouais, les statistiques ne laissent pas transparaître non plus une tendance alarmante, malgré certains bémols.

Si le taux d’annulation d’un cours (1,8 %) a légèrement diminué par rapport à l’an dernier (2,3 %) pour les quelque 4900 étudiants inscrits lors du semestre d’automne, la proportion de cours incomplets demandés par les étudiants a plus que triplé, passant de 1,8 à 5,8 %. Par contre, les échecs ont reculé de deux points et demi par rapport à 2019 (6,2 vs 3,7 %).

De manière globale, en considérant ces trois aspects, le taux combiné d’annulations, d’échecs et d’incomplets s’est quelque peu accru, passant de 10,3 à 11,3 %.

Le taux de rétention au Cégep est quant à lui stable par rapport à l’année précédente malgré le contexte qui prévaut, et ce, autant au niveau du nombre d’étudiants (90,4 %) que d’inscriptions aux cours (86,7 %). Il s’agit même d’une très légère hausse par rapport à 2019. Si à l’automne 2020 on comptait 4867 étudiants, ce nombre avait reculé à 4440 au premier jour de la session d’hiver puis à 4399 au 15 février.

C’est au chapitre du taux de réussite, déterminé à partir des incomplets et des échecs combinés, que l’on dénote une baisse de quatre points (80,8 vs 76,4 %). Bien qu’on affirme s’en préoccuper, ce chiffre ne serait pas pour autant inquiétant.

« Le contexte est difficile, alors on s’attendait à une baisse. Ce n’était pas une session normale. Mais nous nous sommes assurés d’avoir plusieurs mesures d’aide mises en place, lesquelles ont quand même permis d’aider. En toute honnêteté, au début de l’automne, c’était difficile de dire à quoi on pouvait s’attendre. [...] Des étudiants doivent aussi composer avec la conciliation travail-famille, le contexte à distance, d’autres ont des difficultés financières ou des problèmes de santé. On ne peut jamais être satisfaits (d’un taux réussite en baisse), on vise toujours à accompagner tout le monde, mais nous ne sommes pas inquiets », de dire la directrice des études, Jacqueline La Casse.

Cette dernière conclut en précisant qu’au-delà des données quantitatives, il y a aussi les données qualitatives dont il faut tenir compte tout autant sinon davantage, parlant des sondages auprès des étudiants comme de « données réelles sur le terrain ».

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QUELQUES CHIFFRES

Une comparaison avec l'automne 2019

  • Taux d’échec au baccalauréat en baisse de 6 % à l’UQO
  • Taux de rétention de 78 % à La Cité (+ 1,2 point)
  • Taux d’abandon d’au moins un cours de 6 % (-2 points) à l’UdO
  • Taux d’échec en baisse (-2,5 points) et incomplets en hausse (+4 points) au Cégep de l’Outaouais

Sources : Cégep de l’Outaouais, La Cité, UQO et UdO