Le Syndicat du personnel professionnel des commissions scolaires de l'Outaouais (SPPCSO), qui représente entre autres des orthopédagogues et des psychologues, agite un drapeau rouge à certains égards en vue de la rentrée de septembre. 
Le Syndicat du personnel professionnel des commissions scolaires de l'Outaouais (SPPCSO), qui représente entre autres des orthopédagogues et des psychologues, agite un drapeau rouge à certains égards en vue de la rentrée de septembre. 

Rentrée de septembre: «un flou immense», clame un autre syndicat de l'éducation en Outaouais

Le Syndicat du personnel professionnel des commissions scolaires de l'Outaouais (SPPCSO), qui représente entre autres des orthopédagogues et des psychologues, agite un drapeau rouge à certains égards en vue de la rentrée de septembre. 

L'organisation appréhende notamment «une explosion» du nombre d'élèves en difficulté qui auront besoin de services, au moment même où les ressources sont souvent insuffisantes.

Joignant sa voix aux autres syndicats du monde de l'éducation dans la région, le SPPCSO émet plusieurs réserves quant au plan de match de la prochaine rentrée scolaire élaboré par Québec. 

«Nous avons des corps d'emploi qui ont réagi très fortement. Nos orthopédagogues, orthophonistes et tous ceux qui travaillent à la rééducation des élèves en difficulté sont vraiment en panique présentement. Ils n'ont aucune idée comment on va réussir à offrir le soutien adéquat aux élèves qui n'étaient peut-être pas là (en mai et juin, qui étaient déjà en difficulté et qui le seront encore; sans compter ceux pour qui des difficultés ont émergé dû au contexte actuel. On s'attend à une explosion du nombre d'élèves qui auront besoin de services, mais on n'aura pas plus de temps ni de ressources. Les équipes sont très inquiètes de la pression que ça exercera dans les écoles», lance la présidente de l'organisation, Annie St-Pierre.

Le SPPCSO regroupe quelque 350 professionnels d'une quinzaine de corps d'emploi qui oeuvrent au sein des quatre centres de services scolaires francophones de l'Outaouais. 


« Dans la région, il y a un manque de psychologues en milieu scolaire. C'est très difficile aussi d'avoir des orthophonistes dans les écoles. »
Annie St-Pierre

Mme St-Pierre affirme que plusieurs questions demeurent sans réponse en vue du retour en classe à temps plein pour l'ensemble des élèves dans 10 semaines. 

«On pense qu'il va y avoir un travail énorme qui va être délégué aux professionnels, ça va être fondamental la collaboration avec toute l'équipe-école. On se sent encore devant un flou immense, on se demande si on n'est pas en train de travailler dans une direction qui éventuellement changera. On a tellement fait d'allers-retours. Les gens sont un peu épuisés de travailler en fonction de choses qui finalement changent. Ça va être une rentrée fatigante», note-t-elle. Le syndicat affirme qu'il est possible d'ajouter des ressources mais qu'il y a des enjeux d'attraction de main-d'oeuvre et de disponibilité assez importants dans certains domaines.

«Dans la région, il y a un manque de psychologues en milieu scolaire. C'est très difficile aussi d'avoir des orthophonistes dans les écoles. La problématique date de bien avant la pandémie. Les salaires sont bien meilleurs dans le secteur privé, alors il faut être très imaginatif pour les convaincre de venir travailler avec nous. Et dans les écoles, ils n'ont pratiquement que le temps de faire de l'évaluation, alors il se fait peu ou pas d'interventions, de thérapies. Il y a une grande partie du travail qui est impossible à faire en raison du manque de ressources», dit-elle. 

Côté rémunération, on parle d'une différence allant jusqu'à 8000$ au sommet de l'échelle, tandis que l'écart est encore plus grand au bas de l'échelle, si l'on compare avec les emplois équivalents dans les conseils scolaires ontariens ou encore dans la fonction publique fédérale. Au sujet de la distanciation sociale imposée dans les écoles, Annie St-Pierre ne cache pas que la situation était loin d'être évidente ce printemps et qu'on anticipe la même chose en septembre.

«C'est difficile à appliquer comme principe, surtout dans un contexte particulier où les enfants sont souvent un à un avec les professionnels. Nous sommes encore plus proches, en temps normal. Ça crée des malaises de repousser les enfants, en quelque sorte, car on veut être là pour les soutenir. Si tout va bien, ça faciliterait vraiment les choses si c'était diminué. Certains m'ont même demandé s'ils avaient le droit de ne pas respecter les règles. [...] En même temps, je pense qu'il faut tenir compte de l'anxiété que ça cause à certains adultes, car les interventions sont à leur meilleur quand les gens sont à l'aise», explique-t-elle.

Le SPPCSO représente également des conseillers pédagogiques, des travailleurs sociaux, des employés des services administratifs et des analystes en informatique, entre autres.