La présence d'itinérants au centre Robert-Guertin inquiète des parents d'élèves de l'école secondaire de l'Île.
La présence d'itinérants au centre Robert-Guertin inquiète des parents d'élèves de l'école secondaire de l'Île.

Refuge à Guertin: des parents préoccupés à l’école secondaire de l’Île

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Des voix s’élèvent chez des parents d’élèves de l’école secondaire de l’Île, voisine du centre Robert-Guertin et du refuge Le Gîte Ami. On souhaite que les mesures de sécurité autour de l’établissement soient renforcées en vue de la nouvelle année scolaire lors de laquelle jusqu’à trois fois plus d’itinérants pourraient croiser les adolescents dans un rayon d’une centaine de mètres.

L’ex-commissaire scolaire Nathalie Villeneuve, elle-même maman de deux filles qui s’apprêtent à entamer leur deuxième et quatrième secondaire à la fin du mois dans cet établissement de la rue Saint-Rédempteur, est du lot.

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«Le hockey, c’est une chose, mais il faut aussi penser à la sécurité et à l’emplacement de ce refuge. On a déjà vécu un incident dans le passé (une élève a été attaquée à l’arme blanche par un sans-abri sur une piste cyclable derrière l’école en 2016) et à l’époque, quelques itinérants réussissaient parfois à entrer dans l’école. Mon inquiétude, elle est là. Est-ce qu’on va avoir un plan de sécurité? Va-t-on les empêcher de circuler sur le terrain de l’école? Comment va-t-on faire pour gérer les élèves, surtout les marcheurs. Et les déplacements? Sachant qu’ils devront porter le masque dans les corridors, ils vont sûrement vouloir sortir à l’extérieur. Il y a de plus en plus de monde dans l’école avec les modulaires sur le terrain arrière», dit-elle.

Nathalie Villeneuve a communiqué avec le CISSSO afin d'obtenir des réponses à ses questions.

Préoccupée, Mme Villeneuve affirme avoir tenté d’obtenir des réponses à ses questions en appelant le centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSSPO). Pour l’instant, on lui aurait simplement répondu qu’elle pouvait formuler une plainte.

«On sait de quelle façon ça va être traité. Juste d’ouvrir la plainte et d’analyser le dossier, ce n’est pas la semaine prochaine que j’aurai des réponses. Je fais confiance au CSSPO, là n’est pas le problème, sauf qu’on n’a pas encore eu de communication à ce sujet et la rentrée est dans moins de trois semaines», renchérit-elle.

Répétant à deux reprises qu’elle ne remet pas en question le fait que les sans-abri ont aussi besoin d’un toit, la mère de famille soutient s’être promenée aux abords de l’amphithéâtre ces derniers temps et avoir aperçu gants et seringues un peu partout au sol.

«Je suis inquiète. Je vais préparer mes filles, je leur en ai parlé. Je vais les avertir de ne pas trop se promener près de l’aréna. Elles m’ont d’ailleurs elles-mêmes demandé s’il y aura plus d’agents de sécurité», lance-t-elle.

Si plusieurs citoyens ont signé une pétition pour contester la venue du refuge d’urgence sur la rue Marengère dans le quartier Pointe-Gatineau et forcer le CISSSO à faire marche arrière, Mme Villeneuve s’interroge si les parents des élèves de l’école secondaire de l’Île ne devraient pas eux aussi y aller d’une telle initiative.

«C’est clair qu’il y a un certain danger»

L'aréna Guertin a été transformé en centre d’hébergement d’urgence par la Ville de Gatineau.

Pour la maman d’un garçon s’apprêtant à débuter sa troisième secondaire, qui préfère garder l’anonymat, il est également clair que des mesures devront être instaurées par le centre de services scolaire, en collaboration avec la Ville, pour sécuriser le périmètre autour de l’école.

«Personnellement, je fais confiance à mon fils sauf que c’est clair que je vais lui passer un message, avoir une petite discussion avec lui avant la rentrée. Il est assez mature pour comprendre, mais en gang, on ne sait jamais comment les jeunes peuvent réagir de nos jours. Il ne s’agit que quelqu’un en provoque un autre et ça peut dégénérer. Les sans-abri sont souvent des gens avec des problématiques de toxicomanie et de santé mentale. C’est quand même un peu inquiétant, c’est clair qu’il y a un certain danger. On aurait pu privilégier un autre endroit pour eux, on pourrait trouver d’autres options, même si ça ne plaira jamais à personne», s’exclame-t-elle.

La dame souhaite que des consignes soient bientôt établies par le CSSPO et ses partenaires.

«Ce sont des élèves du secondaire, on ne peut pas les attacher non plus, mais j’ose espérer qu’on va agir», dit-elle.

Le CSSPO a indiqué au Droit qu’il préfère attendre avant de commenter le dossier.