La succession de Denis Harrisson au poste de recteur de l’UQO fait l’objet de plusieurs tractations.

Rectorat de l’UQO: la position du syndicat surprend

L’enthousiasme partagé par la présidente du syndicat des professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Stéphanie Demers, pour une éventuelle candidature de Frédéric Poulin au poste de recteur agace certains de ses membres qui voient dans cette précipitation un accroc au processus démocratique qui mènera à la nomination du successeur de Denis Harrisson.

C’est le cas, entre autres, du professeur au département de sciences sociales, Mario Gauthier, qui est intervenu sur la page Facebook de la présidente pour lui faire connaître son étonnement face à une prise de position aussi rapide de sa part. Mme Demers a précisé au Droit, jeudi, qu’elle n’appuie pas concrètement une éventuelle candidature du directeur général du Cégep de l’Outaouais, mais qu’elle souhaite plutôt le plus grand nombre de candidatures de qualité possible pour remplacer l’actuel recteur. Elle maintient qu’une candidature de M. Poulin susciterait énormément d’enthousiasme et d’intérêt au sein de la communauté universitaire.

Doctorat : une exigence des profs

Mme Demers rappelle qu’elle est d’avis que l’exigence de détenir un doctorat pour devenir recteur de l’UQO ne doit pas disqualifier une éventuelle candidature de M. Poulin, qui détient un diplôme de 2e cycle. La direction de l’UQO précise que cette exigence vient pourtant directement du corps professoral. « Ce syndicat, par le biais de ses représentants, a convenu des conditions d’embauche du prochain recteur avec une résolution de la plus haute instance de l’université ; le conseil d’administration, note le directeur des communications de l’UQO, Gilles Mailloux. Trois mois plus tard, la présidente veut revenir sur l’entente sans toutefois en parler à l’autre partie avec qui elle l’a conclue. On s’explique très mal aujourd’hui la position de la présidente du syndicat des professeurs. »

Interpellée à ce sujet, Mme Demers affirme qu’elle « peut comprendre que les professeurs souhaitent avoir un recteur qui a un doctorat, qui connaît bien la réalité universitaire et la fonction de professeur, mais à mon avis ça ne doit pas être disqualifiant pour des candidatures de qualité ». 

M. Gauthier mentionne lui aussi que l’exigence du doctorat vient des professeurs. « À mon avis, ça fait l’unanimité dans le corps professoral, dit-il. Comme M. Harrisson, le prochain recteur doit connaître les réalités des professeurs. On a besoin d’un recteur qui sera bien ancré dans le milieu et capable de défendre des enjeux bien particuliers d’une université en milieu frontalier, loin de Québec. »