Le CISSSO évalue ses besoins en CHSLD à 254 préposés aux bénéficiaires. 
Le CISSSO évalue ses besoins en CHSLD à 254 préposés aux bénéficiaires. 

Préparer la formation de préposés aux bénéficiaires: un défi «un peu surhumain»

Depuis vendredi, Élise Lacroix et son équipe se tapent des journées de travail de 12 à 13 heures pour trier les demandes et préparer le lancement de la nouvelle formation accélérée pour devenir préposé aux bénéficiaires, qui commence lundi. «C’est un peu surhumain», confie la directrice du service régional de la formation professionnelle en Outaouais.

Le 27 mai, le premier ministre François Legault annonçait le lancement imminent d’une campagne pour recruter 10 000 personnes prêtes à devenir préposés aux bénéficiaires dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). La campagne a été lancée le 2 juin.

Avant que le premier ministre n’en parle, Élise Lacroix ignorait tout des projets du gouvernement. Elle s’est rapidement retrouvée plongée dans le dossier, devant gérer les 4199 candidatures reçues en Outaouais. Après l’élimination des doublons, il en restait quand même 3821 à éplucher, a fait savoir le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

En Outaouais, «60% des dossiers reçus sont des immigrants», a indiqué Mme Lacroix. De nombreux documents rédigés dans une langue autre que le français et l’anglais doivent ont donc dû être analysés, par exemple pour déterminer quelles sont les équivalences de formations suivies à l’étranger.

«C’est toute une gestion», confie Élise Lacroix, qui est entourée de sept personnes pour abattre tout le travail devant être fait en si peu de temps.

Les candidats ont reçu un message les invitant à passer à une autre étape, en considérant qu’ils doivent s’engager à travailler un an dans un des CHSLD du CISSSO une fois la formation terminée, en septembre.

Après cette étape, il restait 1074 noms pour le Centre de formation professionnelle (CFP) Vision-Avenir du secteur Hull, 132 pour le CFP de la Vallée-de-la-Gatineau à Maniwaki et 32 pour le CFP Pontiac, à Mansfield-et-Pontefract. Malgré des rappels, ils ont été nombreux à ne pas fournir les pièces justificatives demandées.

La directrice du service régional de la formation professionnelle en Outaouais, Élise Lacroix, en compagnie d'une partie de son équipe

Un besoin estimé à 254 préposés aux bénéficiaires

Lundi, Mme Lacroix a soumis 217 dossiers au CISSSO, qui est responsable des entrevues et de la vérification des antécédents judiciaires. Le processus se poursuit pour fournir d’autres noms au CISSSO, qui évalue ses besoins en CHSLD à 254 préposés aux bénéficiaires.

Dans un monde idéal, il y aura quatre groupes de 22 personnes au CFP Vision-Avenir, soit deux groupes le jour et deux en soirée. Un groupe de 22 est prévu dans chacun des deux autres CFP, tandis qu’il est aussi possible qu’un autre groupe soit formé pour le CFP Relais de la Lièvre-Seigneurie, à Papineauville. Cela totaliserait 154 personnes en formation, soit 100 de moins que les besoins du CISSSO.

Les choix du CISSSO doivent être approuvés par le ministère de la Santé. «Je n’aurai pas les listes avant samedi ou dimanche pour faire mes groupes qui commencent lundi», a indiqué Mme Lacroix. Son équipe doit aussi planifier les horaires des enseignants, une tâche qui ne pouvait pas encore être entamée mardi matin, faute d’avoir reçu les détails du programme de Québec.

«C’est un peu surhumain cet objectif-là de partir le 15 juin, estime Mme Lacroix, qui part à la retraite à la fin du mois. [...] On n’a jamais vécu ça.» L’équipe fonctionne tout de même à plein régime, dans l’objectif que «tout fonctionne» lundi matin.

D’ici le début de cette formation assortie d’une bourse de 760$ par semaine, les CFP doivent aussi récupérer tout le matériel prêté au CISSSO lorsque l’organisation se préparait à tous les scénarios pour affronter la pandémie.