«On a fait ce qui n’a jamais été fait dans le passé», s’est félicité le ministre Sébastien Proulx après l'adoption jeudi d'un projet de loi qui serre la vis aux écoles religieuses, encadre l’école à la maison et permet aux jeunes sans-papier d’avoir accès à l’école gratuitement.

Pouvoirs accrus au ministère de l’Éducation

Le ministère de l’Éducation s’est donné les pouvoirs d’intervenir sur les enfants qui ne fréquentent pas l’école.

Adopté jeudi à l’Assemblée nationale, le projet de loi 144 serre la vis aux écoles religieuses, encadre l’école à la maison et permet aux jeunes sans-papier d’avoir accès à l’école gratuitement.

«On a fait ce qui n’a jamais été fait dans le passé», s’est félicité le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx. À partir de 2018, de l’information sera échangée entre le ministère de l’Éducation et celui de la Santé afin d’identifier les enfants qui ne possèdent pas de code permanent. 

Si le gouvernement se rend compte que le droit de ces enfants à l’éducation est compromis, des amendes pourront être exigées aux écoles illégales. La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pourra également intervenir auprès des familles qui négligent d’offrir de l’instruction aux enfants. 

«Pas mal n'importe quoi»

Les députés du Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont voté contre ce projet de loi, parce qu’ils estiment qu’il ne va pas assez loin. Jean-François Roberge, de la CAQ, l’a condamné de façon assez virulente, en soutenant qu’«un abysse» sépare ce que dit Proulx et la réalité. Selon lui, les mesures coercitives incluses dans le projet de loi «ne s’appliqueront jamais». Si bien que cette loi vient en quelque sorte légaliser les écoles religieuses. «C’est pas mal n’importe quoi sincèrement», a répliqué M. Proulx. 

M. Roberge critique le fait que les parents qui voudront faire l’école à la maison pour leurs enfants n’auront qu’un simple projet d’apprentissage à présenter au ministère de l’Éducation, incluant des notions de lecture, d’écriture et de mathématiques. Il aurait aimé que des notions d’histoire et de sciences soient exigées et que ces enfants aient la chance, en bout de piste, de passer les examens du ministère et d’obtenir leur diplôme. 

Le ministre Proulx soutient pour sa part que les familles qui font l’école à la maison sont, pour la première fois, prises en considération par son ministère, qui travaillera en collaboration avec elles. Ainsi «si l’enfant retourne à l’école, l’écart ne sera pas trop grand», évoque-t-il. 

L’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED) est relativement satisfaite des amendements qui ont été apportés au projet de loi cet automne. «Le ministre semble avoir trouvé, au mieux, un juste milieu entre satisfaire les désirs des parents-éducateurs et ceux de l’État», commente Martine Ricard, porte-parole de l’AQED.