Les étudiants grévistes ne se rendent pas en classe ou à leurs stages cette semaine pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à leurs revendications.

Plus de 35 000 étudiants en grève pour des stages payés

MONTRÉAL — Plusieurs milliers d’étudiants ont déclenché une grève de cinq jours, ce lundi, afin de réclamer une rémunération pour les stages accomplis en cours d’études.

Selon les organisateurs du mouvement, ils sont plus de 35 000 à ne pas se rendre en classe ou à leurs stages cette semaine pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à leurs revendications.

Les étudiants avaient tenu une semaine de grève l’automne dernier et le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait affirmé en janvier qu’il entendait se pencher sur le dossier et qu’il n’excluait aucun scénario à l’exception du statu quo.

Les propos du ministre survenaient à l’issue d’une rencontre avec des représentants de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de l’Union étudiante du Québec (UEQ), mais les instigateurs du mouvement dénoncent l’approche de ces deux organisations étudiantes, qu’ils accusent d’avoir élaboré une position en vase clos.

Dans un communiqué, les organisateurs estiment que la position de la FECQ et de l’UEQ équivaut à catégoriser et hiérarchiser les stages, ce qui ne peut que «reproduire les inégalités qui traversent le système d’éducation» alors que leur objectif est plutôt d’obtenir le plein salaire et des conditions de travail convenables pour l’ensemble des étudiants en situation de stage, à tout ordre d’enseignement.

Cependant, dans une entrevue au Journal de Québec, le ministre Roberge a confié que les travaux du comité mis sur pied par Québec dans ce dossier ne sont pas terminés et il est donc assuré qu’aucune enveloppe destinée aux stages ne sera prévue dans le premier budget du ministre Éric Girard, jeudi prochain.

Les organisateurs souhaitent maintenant rencontrer le ministre du Travail, Jean Boulet, dans l’espoir de dégager d’autres solutions à court terme, notamment des amendements à la Loi sur les normes du travail «pour y enchâsser des protections légales conséquentes pour les stagiaires», affirme-t-on.

Fait à noter, il y a près de 100 000 stagiaires de niveau universitaire à chaque année, auxquels s’ajoutent des milliards d’autres stagiaires de niveau collégial, dont les trois quarts ne sont pas rémunérés.

Quant à la population étudiante dans les cycles supérieurs, elle se situait à plus de 200 000 au niveau collégial et à près de 310 000 au niveau universitaire en 2015-2016, soit selon les dernières statistiques disponibles à l’Institut de la statistique du Québec.