L'ex-première ministre du Québec, Pauline Marois

Pauline Marois honorée par l'UQO

L’ex-première ministre du Québec, Pauline Marois, a été honorée par l’Université du Québec en Outaouais (UQO), samedi soir, alors qu’elle s’est vue remettre un doctorat honorifique.

« À quelque part, ça vient me dire “merci”. Pour moi, c’est ça le sens de ce doctorat. C’est un honneur pour moi de le recevoir et c’est le couronnement d’une carrière où je me suis beaucoup investi », a lancé Mme Marois en entrevue avec Le Droit.

Originaire de Québec, Mme Marois en est maintenant à un deuxième doctorat honorifique alors que l’Université Laval lui en avait remis un l’année dernière. Cependant, celui que l’UQO vient de lui remettre a un « sens particulier », avoue-t-elle.

« J’ai vécu ici pendant presque cinq ans. J’ai été directrice de CLSC, j’ai enseigné au cégep et j’ai été chargée de cours au département des sciences humaines de l’UQO à la fin des années 1980, indique-t-elle. Quand je suis venu habiter ici, je suis tombé en amour avec la région de l’Outaouais. »

Après être devenue la première cheffe d’un parti politique au Québec (Parti québécois) en 2007, Pauline Marois a été la première femme à être élue première ministre du Québec en 2012, et ce, 72 ans après l’obtention du droit de vote des femmes dans la province.

« C’est une grande fierté pour moi que d’avoir été la première femme première ministre, a-t-elle concédé. Je sais que j’y suis arrivé à la suite de luttes qui ont exigé de grands investissements de ma part aux plans humain, personnel, intellectuel et moral. Parce que je suis une femme, j’avais l’impression qu’à chaque fois, je montais une marche et que je devais prouver que j’étais capable de monter la suivante. Il a fallu que je me batte. »

Pauline Marois reçoit son doctorat honorifique des mains du recteur de l'UQO, Denis Harrisson.

Mme Marois a également occupé plus de 14 fonctions ministérielles au cours de sa carrière en politique. Aucun politicien ou politicienne, dans l’histoire du Québec, n’en a occupé autant. Elle a notamment été ministre des Finances, du Revenu, de l’Éducation, de la Famille et de l’Enfance, de la Santé et des Services sociaux, de la Recherche, de la Science et de la technologie ainsi que de l’Industrie et du Commerce.

Au cours de ces années, elle a grandement contribué à l’affirmation de la place de la femme au sein de la société, mais aussi en politique. D’ailleurs, avec le recul, l’ex-première ministre québécoise constate que « des pas de géants » ont été franchis depuis les dernières années en ce qui a trait à la parité des genres.

« Jusqu’à la dernière élection, il n’y avait que 29 % de femmes membres de l’Assemblée nationale du Québec et il y en a maintenant 42 %, illustre-t-elle. L’écart de revenu entre les hommes et les femmes s’est aussi amenuisé, même si malheureusement, il en existe encore un. »

En ce sens, Pauline Marois croit qu’il reste encore du travail à faire afin d’atteindre un parfait équilibre entre les hommes et les femmes, et la politique n’y fait pas exception. D’après l’ex-politicienne, les gens jugent encore, à ce jour, davantage les femmes sur leur physique plutôt que sur ce qu’elles ont à dire.

« Les médias contribuent aussi à ça parce qu’on fait toujours des remarques sur notre allure, notre coiffure, nos bijoux ou même nos foulards, explique-t-elle en faisant référence aux reproches qu’elle a reçus lors de sa carrière de politicienne concernant ses bijoux trop voyants et ses foulards trop colorés. Étant donné que je voulais qu’on écoute bien ce que j’avais à dire, un jour, j’ai pris une décision. J’ai dit “c’est terminé les bijoux, les foulards et les tailleurs colorés”. Je me disais que comme ça, les gens allaient écouter ce que j’ai entre les deux oreilles plutôt que de regarder ce que je porte. C’était mon choix. »

Le recteur de l'UQO, Denis Harrison, l'ex-première ministre du Québec, Pauline Marois et le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Pauline Marois a été honorée dans le cadre de la collation des grades des étudiants de l’UQO. Cette année, l’UQO a diplômé 2001 étudiants, dont 33 au doctorat, un record pour l'institution.

« L’Université du Québec en Outaouais est heureuse et fière de décerner un doctorat honoris causa à Mme Pauline Marois pour la richesse remarquable de sa contribution à la société québécoise et à l’avancement des femmes », a mentionné le recteur de l’UQO, Denis Harrisson.