Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, était convaincu que le projet soumis par l'établissement qu'il dirige allait recevoir du financement de la part du gouvernement fédéral.

«Pas une cenne» pour l'UQO

« Pas une cenne, l'argent du fédéral n'est pas là ». C'est avec cette formule, toute simple, et un ton grave, que le député provincial de Chapleau, Marc Carrière, a pris tout le monde par surprise, vendredi matin, en pleine mêlée de presse, et a confirmé que l'Université du Québec en Outaouais (UQO) ne toucherait pas un rond des 460 millions $ du programme fédéral destiné aux infrastructures d'enseignement supérieur du Québec.
L'UQO attendait avec impatience l'annonce de l'entente fédérale-provinciale pour le financement d'importants travaux d'infrastructures aux universités et cégeps de la province. L'université croyait pouvoir célébrer l'octroi de 25 millions $ du fédéral devant lui permettre de réaliser un plan vieux de 20 ans, à savoir la consolidation du campus Alexandre-Taché. Québec avait identifié ce projet comme prioritaire auprès d'Ottawa en y réservant un montant de 20 millions $. L'UQO avait mis de côté la somme de 5 millions $. 
L'onde de choc a été totale à la suite de la question posée par le représentant du Droit lors d'une annonce en habitation de la députation provinciale. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, présent lors de cette annonce, a appris la nouvelle en même temps que les représentants des médias. 
« On est déçu, a lancé M. Carrière qui agit aussi à titre d'adjoint parlementaire de la ministre de l'Enseignement supérieur. Ce projet était identifié par Québec comme prioritaire. Nous avons beaucoup discuté avec nos collègues fédéraux. Nous sommes déçus que ce projet n'ait pas été considéré comme important par Ottawa. »
Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, a indiqué qu'il a appris la nouvelle mercredi. Il était convaincu que le projet soumis par l'établissement qu'il dirige allait recevoir du financement fédéral du Fonds d'investissement stratégique pour les établissements postsecondaires. « On nous disait qu'il y avait des discussions à des hauts niveaux, dit-il. On nous a toujours dit qu'il y aurait quelque chose pour l'UQO, qu'on allait être retenu pour recevoir du soutien financier. »
L'UQO souhaitait utiliser l'argent du fédéral pour construire un tout nouveau pavillon au campus Alexandre-Taché. Ce pavillon aurait permis de fermer le campus Lucien-Brault et d'unifier l'UQO sur un seul site. Des espaces de laboratoire destinés à la recherche et l'innovation étaient prévus, tout comme des salles de classe.
« Notre projet répondait largement aux critères du programme fédéral, insiste le recteur. C'était clair pour tout le monde qu'il s'agissait de notre priorité numéro un, tant à Québec qu'à Ottawa. Je m'explique très mal cette décision. Ce projet était important pour notre université, mais aussi pour le développement de notre région. Le pire scénario auquel je m'attendais c'était un financement moindre que ce qui était demandé, mais jamais je me suis imaginé que ça pouvait être réduit à rien du tout. »
La députée provinciale de Hull, Maryse Gaudreault, cachait mal sa colère dans les minutes suivant la confirmation qu'il n'y avait pas un sou pour l'UQO dans le programme fédéral. « On est tellement déçu, tout le monde reçoit de l'argent du côté d'Ottawa, l'Université d'Ottawa, l'Université Carleton, le Collège Algonquin, la Cité collégiale, mais l'UQO n'a rien du tout », s'est-elle exclamée. 
Le maire de Gatineau avait lui aussi du mal à concevoir que le projet de l'UQO n'ait pas été retenu. « C'est l'université la plus sous-financée de la province, a-t-il rappelé. Qu'elle n'arrive pas à obtenir sa part dans un programme comme celui-là, je ne peux pas le concevoir. Je suis estomaqué. Une partie de notre avenir régional est là. Si le fédéral n'est pas là aujourd'hui alors que les montants n'ont jamais été aussi grands, je ne sais pas quand il sera là pour l'UQO. »
Denis Harrisson s'attend à avoir une rencontre avec le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, très tôt en janvier afin de voir qu'elles sont les possibilités qui s'offrent maintenant à l'UQO pour financer ce projet. « On ne baissera pas les bras ».