Les élèves des écoles de la CSPO et de la CSD devront encore fréquenter des écoles trop petites pour les populations étudiantes.

Pas un sou pour la CSD et la CSPO

Pour la première fois depuis plusieurs années, les deux plus importantes commissions scolaires francophones de l’Outaouais essuient des refus de la part du ministère de l’Éducation pour toutes leurs demandes d’ajouts d’espaces, a appris Le Droit.

Les commissions scolaires des Draveurs (CSD) et des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), dont la clientèle est en croissance dans plusieurs secteurs, ont récemment reçu des avis de la part de Québec les avisant que l’ensemble des projets qu’elles avaient soumis, d’une valeur de plusieurs millions $, n’ont pas été retenus. 

En mai, le gouvernement avait annoncé l’octroi d’une somme de 608 millions $ uniquement pour la construction et l’agrandissement d’établissements scolaires partout en province.

Dans le cas de la CSD, il s’agissait d’une demande pour une nouvelle école primaire dans le secteur Bellevue ainsi qu’un projet d’agrandissement du centre de formation professionnelle Compétences Outaouais.

Du côté de la CSPO, les projets étaient la construction d’une autre école primaire dans le secteur ouest (Aylmer), l’agrandissement de l’école primaire Parc-de-la-Montagne et l’agrandissement de l’immeuble Sainte-Cécile de l’école au-Cœur-des-Collines, à La Pêche.

Frustration et déception

Le commissaire de la CSPO Réjean Desjardins a justement fait une sortie en règle mercredi contre le ministère de l’Éducation, s’estimant amèrement déçu que le projet de l’école au Coeur-des-Collines se bute à un refus pour une quatrième année consécutive. 

« Les années se suivent et malheureusement, se ressemblent. L’école primaire Ste-Cécile existe. Elle n’a pas disparu et n’est pas sur le point de fermer ses portes. Alors, si le gouvernement veut vraiment prouver qu’il n’oublie pas les régions éloignées, il doit se pencher sur notre dossier et en faire une priorité », lance-t-il. 

M. Desjardins rappelle que les deux édifices, qui datent des années 60, « souffrent d’un manque d’espace adéquat pour les élèves et ont un grand besoin de rénovations et surtout d’un gymnase. »

Au sujet des refus de Québec sur toute la ligne pour les projets soumis, le président de la CSPO, Mario Crevier, n’a pas caché une certaine déception.

« Je m’attendais à plus que ça de notre côté. La croissance est incroyable, les besoins sont là », affirme-t-il.

Son homologue à la CSD, Claude Beaulieu, ne baisse pas les bras et dit que ce n’est que partie remise.

« Le projet n’était peut-être pas encore assez mûr, mais on va revenir à la charge, on va déposer une autre demande. Selon ce que je comprends, d’autres régions étaient en difficulté, Montréal a par exemple eu une grosse part du gâteau », dit-il.

Le ministère de l’Éducation défend ses décisions en disant qu’il a reçu 170 demandes et qu’il devait « prioriser les projets en fonction des besoins les plus criants » et respecter l’enveloppe budgétaire accordée.

Dans le dossier de l’école au-Cœur-des-Collines, le porte-parole du ministère Bryan St-Louis affirme qu’il s’agit plutôt du deuxième refus de Québec. Il ajoute que si le projet n’a pas obtenu le feu vert, c’est qu’un besoin minimal d’ajout de quatre classes doit être démontré d’ici cinq ans, selon les règles. Or, dit-il, selon les prévisions de la clientèle, le besoin dans ce secteur sera nul en 2018-2019 et l’équivalent d’une classe sera disponible dès 2021-2022.

Projets retenus

Les investissements du ministère pour l’ajout d’espaces en 2018 en Outaouais concernaient donc la Commission scolaire Western Québec avec l’agrandissement de l’école Pierre Elliott Trudeau (7,6 M$), qui fera partie du programme Lab-école ; ainsi que la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV) avec l’agrandissement de l’école Maria-Goretti à Thurso (4 M$), tous des projets annoncés au printemps dernier. À la Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais (CHSBO), aucune demande n’avait été soumise.

Encore fâché que Québec ait dit non à une nouvelle école dans le secteur Buckingham, le président de la CSCV Éric Antoine soutient cependant « que ça va être fou ce qui va être fait en termes de campagne marketing pour se faire entendre bientôt ».

Par l’entremise de son attachée de presse Isabelle Marier St-Onge, la ministre Vallée a réagi en disant avoir toujours soutenu les projets présentés par toutes les commissions scolaires de la région. Elle précise que c’est le ministère (de l’Éducation) qui a le dernier mot et qui prend ses décisions.

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UN PREMIER COMPTE DE TAXES SCOLAIRES RÉDUIT

De nombreux contribuables de l’Outaouais doivent esquisser un large sourire ces jours-ci en ouvrant l’enveloppe contenant leur compte de taxes scolaires. 

Plusieurs lecteurs et internautes ont indiqué au Droit que leurs économies par rapport à l’an dernier atteignaient jusqu’à 500 $. 

Danielle Legault, par exemple, a vu sa facture passer de 765 $ à 280 $, tandis que celle de Jacinthe Dubé est passée de 656 $ à 298 $. 

C’est la première fois que des factures sont acheminées depuis l’adoption par Québec d’un projet de loi mettant en place un taux de taxation unique pour chacune des régions de la province. 

Celui-ci, basé sur le taux effectif le plus bas dans la région, est de 0,13694 $ par 100 $ d’évaluation foncière. 

Depuis quelques années, la grogne était palpable, car la migration massive de contribuables sans enfant vers la Commission scolaire Western Québec, où le taux de taxation était jusqu’à deux fois et demie moins élevé, avait entraîné une hausse importante du compte de taxes scolaires pour plusieurs autres. 

Les quatre commissions scolaires francophones de la région réclamaient donc des changements et leur souhait a été exaucé le printemps dernier avec l’adoption du projet de loi 166.