Les dirigeants de la Commission scolaire des Draveurs, dont le président Claude Beaulieu, sont contraints de  présenter une hausse du taux de taxation de 9 %.

Pas de solutions pour la hausse des taxes scolaires

Aucune solution n'aura finalement été trouvée pour éviter de nouvelles hausses de taxes pour les contribuables des commissions scolaires francophones de l'Outaouais cette année.
Après l'adoption d'une hausse du taux de taxation de l'ordre de 6,91 % par la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV), les commissions scolaires des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) et des Draveurs (CSD) ont elles aussi dû se résoudre à augmenter le fardeau fiscal de leurs contribuables.
À la CSPO, le compte de taxes grimpera ainsi de 4,8 %, le taux de taxation ayant été fixé à 0,259 31 $ du 100 $ d'évaluation foncière pour l'année 2017-2018. La CSPO a également déterminé qu'elle ne pouvait « confirmer le maintien de l'équilibre budgétaire prévu dans le budget initial pour l'année 2016-2017 », tout en adoptant un budget de près de 184 millions $ pour 2017-2018.
La hausse du compte de taxes sera encore plus significative pour les contribuables de la CSD. Le conseil des commissaires a adopté jeudi soir une hausse de 9 %, ce qui équivaut environ à 75 $ pour une maison d'une valeur de 250 000 $.
Au cours de la dernière année, près de 10 000 citoyens ont migré vers la Commission scolaire Western Québec. Pour la CSD, cette migration a entraîné une perte de 8 millions $.
« On est la seule région qui vit ça, parce qu'on est une région frontalière, explique le président du conseil des commissaires de la CSD, Claude Beaulieu. Et au conseil, on ne veut pas hausser les taxes, mais on ne veut pas non plus couper dans les services qu'on offre aux élèves. On est pris. »
Recherche de solution
Les quatre commissions scolaires francophones de la région auront espéré jusqu'à la toute dernière minute que Québec mette de l'avant une solution pour éviter de telles hausses. 
Ces augmentations découlent de l'exode de plus de 18 000 contribuables ayant délaissé l'une ou l'autre des commissions scolaires francophones de l'Outaouais au cours de deux dernières années pour contribuer aux coffres de la Commission scolaire Western Québec, où le taux de taxation est plus bas. La loi actuelle prévoit en effet que tout propriétaire foncier n'ayant aucun enfant sur les bancs d'école peut choisir s'il verse ses taxes à la commission scolaire francophone ou anglophone de son territoire.
En août dernier, lors d'une visite dans la région, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, avait dit comprendre que cette situation créait « des tensions et des inégalités ».
La ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, a indiqué jeudi que son collègue à l'Éducation « souhaite en arriver à une solution qui sera applicable sur l'ensemble du territoire » québécois, puisque certaines régions « sont aux prises avec des situations inverses, c'est-à-dire la migration vers les commissions scolaires francophones ».
« La recherche d'une solution plus globale, c'est celle qui a été privilégiée par notre collègue, donc lorsqu'il sera en mesure d'avancer et de faire une proposition, il le fera ». Mme Vallée a également souligné qu'« il faut éviter de créer d'autres iniquités » en considérant entre autres que les valeurs foncières peuvent être très différentes d'un territoire à un autre.
Avec Marika Bellavance