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La présidente du SEO, Suzanne Tremblay
La présidente du SEO, Suzanne Tremblay

Outaouais: les enseignants voteront sur un mandat de grève générale illimitée 

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Sans contrat de travail depuis près d'un an comme leurs collègues d'ailleurs en province, les 5500 enseignants des trois plus importants centres de services scolaires de l'Outaouais s'apprêtent à se prononcer sur un mandat de grève générale illimitée qui serait déclenchée le 31 mai, si les négociations avec le gouvernement n'ont pas abouti.

Le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) convie ses membres à une importante assemblée générale virtuelle le 24 février, lors de laquelle un vote aura lieu sur ce scénario établi par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). Les autres syndicats affiliés, qui représente des milliers d'autres enseignants, notamment à Montréal, en Estrie et à Laval, seront appelés à se prononcer d'ici la fin mars. 

Chamboulée par la pandémie, l'année scolaire des plus de 40 000 élèves des centres de services scolaires des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), des Draveurs (CSSD) et au Coeur-des-Vallées (CSSCV) pourrait donc être interrompue dans son dernier droit, à la fin du printemps, si une majorité d'enseignants votent en faveur de cet ultime moyen de pression.

«Jusqu'à maintenant, il y a un refus du gouvernement de nous entendre, il y a eu peu d'avancées à la table des négociations. La situation dans laquelle les profs se trouvent et la lourdeur de la tâche font en sorte que les gens veulent opérer un déblocage à la table, ils veulent se faire entendre par ce gouvernement qui avait dit qu'il ferait de l'éducation l'une de ses priorités. Les gens sont fatigués et se demandent comment ils pourraient poursuivre encore plusieurs années dans un même contrat de travail. C'est l'enjeu. On comprend qu'actuellement il y a une pandémie, mais peut-on maintenir les conditions actuelles (de travail) encore longtemps? On pense que non, le taux de désertion est grand, la détresse psychologique aussi», lance la présidente du SEO, Suzanne Tremblay.

Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor

Une soixantaine de rencontres

Selon la FAE, les parties se sont rencontrées à une soixantaine de reprises à la table de négociations, en plus d'une médiation, mais «aucune avancée significative n'a été réalisée». 

La convention collective est échue depuis le 31 mars 2020.

Même si la consultation pour un débrayage demeure au calendrier, la FAE a annoncé mercredi qu'elle avait répondu favorablement à l'invitation de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, à entreprendre une nouvelle phase exploratoire de négociation. 

La partie syndicale indique que ses grandes priorités dans ce processus seront notamment la reconnaissance de l’apport des enseignants à la société québécoise en bonifiant leur condition économique et en améliorant la conciliation famille-travail-vie personnelle ainsi qu'une composition de classe respectueuse des enseignants ainsi que de leurs élèves à risque, élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) et élèves ayant des besoins particuliers (EBP); 

L'assurance «d'une communication transparente et d'une transmission d'informations efficaces pour de meilleures relations de travail» et «une tâche recentrée sur l’enseignement et un meilleur accès à des contrats au secteur de l’éducation des adultes (EDA) ainsi qu'à la formation professionnelle (FP) seront aussi sur la liste des demandes. 

Printemps dernier

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, rappelle que les membres n'ont pas oublié qu'au printemps dernier, le gouvernement «a tenté de profiter de la pandémie pour régler à rabais lors d'une première phase exploratoire».

Le président de la FAE, Sylvain Mallette

Selon Suzanne Tremblay, ce délai de trois mois (dans le cas de la région) entre le vote et la date butoir permettra aux discussions d'avoir lieu et, espère-t-on, en arriver à un accord.

«La balle sera dans le camp du gouvernement. Ça fait un an qu'on discute, les enseignants veulent des résultats. Mais on laisse encore du temps avant de passer à l'action», affirme-t-elle.

Depuis mercredi, sur Facebook, des centaines d'enseignants ont modifié leur décor de photo de profil ou partagent les images d'une campagne intitulée «Les profs désertent. Agis, Roberge. Ça presse». 

Grèves

Les mandats de grève se multiplient dans le secteur de l'éducation dans la région. En janvier, les syndicats représentant le personnel de soutien scolaire et les professionnels ont quant à eux aussi voté pour un débrayage à exercer au moment jugé opportun.

En décembre, les 450 enseignants du Centre de services scolaire des Hauts-Bois-de-l'Outaouais (CSSHBO), représentés par le Syndicat du personnel de l'enseignement des Hautes-Rivières (SPEHR) avaient eux aussi voté en faveur d'une grève dans une proportion de 95%. 

Dans la région, le calendrier scolaire s'étire jusqu'au 23 juin.