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Le premier ministre ontarien, Doug Ford
Le premier ministre ontarien, Doug Ford

Ontario: les écoles resteront fermées après la semaine de relâche

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Claudia Blais-Thompson
Claudia Blais-Thompson
Le Droit
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Le premier ministre ontarien Doug Ford a annoncé, lundi après-midi, la fermeture de toutes les écoles primaires et secondaires de l’Ontario, dès la fin de la semaine de relâche actuellement en cours. Les élèves de la province poursuivront leurs apprentissages en ligne, et ce pour une période indéterminée.

«Il faut limiter la mobilité», a déclaré le premier ministre, soulignant que c’est le niveau de transmission de la COVID-19 et l’état de la situation qui déterminera la date de retour des élèves et du personnel scolaire à l’éducation en présentiel. 

La décision a été prise en raison de l’augmentation des cas de COVID-19 dans la province, des risques que posent les variants du virus et du bond important d’admissions à l’hôpital et en unités de soins intensifs. 

Agir maintenant

«On sera dans une situation impossible si on n’agit pas immédiatement», a affirmé le ministre de l’Éducation Stephen Lecce en conférence de presse. 

Jusqu’ici, le ministre Lecce s’était entêté à tenter de rassurer la population en promettant que les écoles de la province sont sécuritaires. 

Dimanche, à peine 24 heures avant l’annonce que les écoles devront rester fermées, celui-ci signait une lettre adressée aux parents de l’Ontario disant que les écoles resteraient ouvertes et où il insistait sur le fait que son gouvernement mettait tout en œuvre pour que les écoles continuent d’être des environnements sécuritaires. 

Stephen Lecce, ministre de l’Éducation

«Incidence importante»

Pourtant, dès le début du mois d’avril, les experts du groupe pour le consensus en matière de modélisation et de conseils scientifiques sur la COVID-19, qui conseillent le gouvernement Ford sur la santé publique, ont fait savoir que «les perturbations scolaires ont une incidence importante et très inéquitable sur les étudiants, les parents et la société.»  

Les services de garderie pour enfants qui ne sont pas en âge d’aller à l’école demeureront ouverts, les programmes avant et après l'école seront suspendus et des services de garde d'urgence pour les enfants d'âge scolaire des travailleurs de la santé et des travailleurs en première ligne seront offerts. 

Plan de garde

Le premier ministre a aussi noté que son gouvernement travaille sur un plan de garde d’enfants plus robuste.

Les conseils scolaires devront prendre des dispositions pour soutenir en présentiel les élèves aux besoins particuliers en éducation qui ne peuvent pas être satisfaits au moyen de l'apprentissage à distance, selon les indications de la province. 

Le premier ministre a décrété, le 8 avril, le troisième état d’urgence sanitaire depuis le début de la pandémie, et émis un ordre de rester à la maison, sauf pour des raisons essentielles comme les déplacements à l’épicerie et à la pharmacie, les soins de santé, la vaccination, l’exercice ou le travail qui ne peut pas être fait à distance.

«Lecce devrait être congédié»

«Hier encore, le ministre Lecce a écrit aux parents pour leur dire que toutes les écoles financées par la province resteraient ouvertes après les vacances d’avril, a écrit dans un communiqué le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca. Un jour plus tard, Doug Ford les ferme pendant des semaines. Les combats entre Doug Ford et son ministre de l’Éducation mettent nos enfants et nos travailleurs de l’éducation en danger, et Lecce devrait être congédié pour cela.»

«Ça n’avait pas à se rendre là», déplore de son côté la cheffe du NPD de l’Ontario, Andrea Horwath. 

Le gouvernement aurait dû dépenser plus dans les écoles pour le dépistage, pour la réduction de la moyenne d’élèves par classe et par autobus, et pour la vaccination des enseignants, juge la néo-démocrate.

Décision saluée

Deux associations francophones ont salué la décision du gouvernement Ford de prolonger la fermeture des écoles au-delà de la semaine de relâche. En fin de journée lundi, l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) et l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) ont affirmé qu’il s’agissait d’une « bonne décision » compte tenu de l’état de la situation entourant la propagation du virus dans la province.

« À ce moment-ci, c’est la bonne décision à prendre pour protéger l’ensemble de la population. Le ministre Lecce a beau dire qu’il n’y a pas de problème dans les écoles et qu’elles sont sécuritaires, mais on n’a aucune garantie de ça », a soutenu en entrevue avec Le Droit la présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy.

De son côté, le directeur général de l’AFOCSC, Yves Lévesque, a noté qu’il était « sage » de ne pas déterminer une date de réouverture des établissements scolaires de l’Ontario, du moins pour le moment.

« On comprend que dans le cadre actuel le gouvernement a de la difficulté à déterminer des limites là-dessus […] La décision de fermer les écoles, c’est pour la sécurité de tous. Ce n’est pas optimal, mais c’est la meilleure solution, je pense, malgré tout. »

Les répercussions sur la réussite éducative des élèves ou sur la fin d’année scolaire ne semblent pas inquiéter ce dernier qui juge toutefois que ce ne sera pas la meilleure année pour mesurer les apprentissages chez les jeunes.

« Ce sera une année plutôt difficile à évaluer au niveau de la réussite des élèves. […] Si on est en mode virtuel pour une plus longue période, je ne crois pas que ça aura un impact sur la fin de l’année. C’est certain que le gouvernement devra prendre des décisions sur comment on complète l’évaluation des élèves », a souligné M. Lévesque.

L’AEFO croit par ailleurs que le gouvernement Ford doit mettre en place d’autres mesures pour assurer la santé et la sécurité des élèves et du personnel enseignant. Parmi elles, Mme Vinet-Roy nomme notamment l’accélération de la vaccination pour le personnel scolaire.

« On pensait avoir vu une lumière d’espoir un moment donné quand il a dit que les travailleurs de première ligne feraient partie de la phase 2. Il a choisi de vacciner juste certaines catégories de travailleurs de l’éducation. Sauf que tous les lieux de travail ont besoin d’avoir les mêmes mesures de sécurité si on veut prévenir au lieu d’essayer de guérir. »