«Nous avons fait pour 22 millions $ de coupes dans nos façons de faire cette année et même à ça, on n'arrive pas», a résumé le recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont.

Nouvelle hausse des frais de scolarité à l'Ud'O

Les étudiants de l'Université d'Ottawa subiront une nouvelle hausse de leurs frais de scolarité en 2017-2018, une décision qu'ils n'ont pas été sans dénoncer lundi lors de la réunion du bureau des gouverneurs.
Les étudiants canadiens au baccalauréat se voient imposer une majoration moyenne de 3 % des droits de scolarité. Les étudiants internationaux de première année devront débourser 15 % de plus en moyenne tandis que la croissance sera de 7 % en moyenne pour ceux de l'étranger qui reviennent à l'institution. Les étudiants à la maîtrise et au doctorat sont épargnés par les hausses des droits. 
Les trois étudiants qui siègent au bureau des gouverneurs ont voté contre l'adoption du budget 2017-2018 de l'Université, lundi. Jamie Ghossein, étudiant au 1er cycle, a signalé qu'il s'agissait de la 12e hausse consécutive des frais de scolarité, et a dit croire que l'Université dépense trop dans les immeubles. Il a déploré qu'aucun étudiant ne siège au comité des finances de l'Université.
« Les étudiants représentent près de 50 % des revenus de l'Université, mais nous ne pouvons rien dire sur le budget et ce sur quoi l'argent est dépensé », a-t-il pesté.
Carlie Boisvert, étudiante et membre du bureau des gouverneurs, a tenu à souligner le stress et l'anxiété vécus par des étudiants qui peinent à joindre les deux bouts.
« Il est connu que les revenus moyens d'un étudiant travaillant 40 heures par semaine pour la durée estivale sont d'environ 7000 $. Considérant que les frais de scolarité à l'Université d'Ottawa s'élèvent à environ 7115 $ par année pour un étudiant canadien et de 26 250 $ pour un étudiant international, comment peut-on s'attendre à ce que nos jeunes puissent être sains mentalement s'ils sont soumis à un stress financier aussi grand ? », a-t-elle notamment fait valoir.
L'Université d'Ottawa justifie la hausse des droits de scolarité à, entre autres, une baisse du nombre d'inscriptions, une réduction des revenus venant du gouvernement ainsi qu'à une hausse de ses dépenses. Malgré tous les efforts, l'institution affiche un déficit prévu de 4,6 millions $ en 2017-2018.
« Nous avons fait pour 22 millions $ de coupes dans nos façons de faire cette année et même à ça, on n'arrive pas », a résumé le recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont.
Dans la salle, des étudiants en grogne ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Free Education Now » et « Fight the Fees » et ont perturbé la séance. D'ailleurs, une motion pour geler les droits de scolarité a été déposée par M. Ghossein, mais elle a été battue. 
La sécurité a dû intervenir pour expulser les étudiants qui ont refusé de quitter la salle.