Les pourparlers avec le fédéral ont beau se poursuivre pour louer un plus grand espace, l'étroitesse des locaux du Centre Asticou ne laisse pour l'instant d'autre choix au Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO): les 400 élèves de quatrième et cinquième secondaire de l'école secondaire Mont-Bleu ne pourront aller en classe qu'une semaine sur deux dès la rentrée.
Les pourparlers avec le fédéral ont beau se poursuivre pour louer un plus grand espace, l'étroitesse des locaux du Centre Asticou ne laisse pour l'instant d'autre choix au Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO): les 400 élèves de quatrième et cinquième secondaire de l'école secondaire Mont-Bleu ne pourront aller en classe qu'une semaine sur deux dès la rentrée.

Mont-Bleu: une rentrée à mi-temps et les discussions se poursuivent

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Les pourparlers avec le fédéral ont beau se poursuivre pour louer un plus grand espace, l'étroitesse des locaux du Centre Asticou ne laisse pour l'instant d'autre choix au Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO): les 400 élèves de quatrième et cinquième secondaire de l'école secondaire Mont-Bleu ne pourront aller en classe qu'une semaine sur deux dès la rentrée.

La nouvelle a été communiquée aux parents dans une lettre dont Le Droit a obtenu copie et acheminée mardi par le directeur de l'établissement, Pierre Ménard.

Malgré que ce scénario ait été retenu pour l'amorce de l'année scolaire, le CSSPO tient à préciser que les négociations avec Services publics et Approvisionnement Canada dans le but d'agrandir la superficie occupée par l'école sont toujours en cours. L'institution a besoin de 10 locaux additionnels, rappelons-le, pour être en mesure d'accueillir ses 1600 élèves à temps plein en présentiel.

«C'est certain que pour les premières semaines de l'année, ça va devoir se faire de cette façon. On n'a pas le choix, même s les négociations se poursuivent. Pour le moment, c'est le format qu'on est en mesure d'offrir aux élèves, mais on continue de regarder les différentes options. Le dossier n'est pas à plat, les gens sont très mobilisés, sauf que c'est quand même complexe. Il fallait informer les parents pour qu'ils puissent s'organiser à très court terme. Il fallait leur envoyer une communication assez tard pour que ce soit le plus fidèle possible à la réalité de la rentrée, mais d'un autre côté assez tôt, pour qu'ils puissent s'organiser», note la directrice générale, Nadine Peterson.

La rentrée scolaire est prévue le 1er septembre pour les écoles du CSSPO.

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Consciente que la décision ne plaît pas à tous, Mme Peterson affirme que c'était l'avenue la plus logique pour l'instant.

«Avec ce format, on maintient la qualité pédagogique, alors ça me convient. C'est sûr que ce n'est pas un modèle parfait, mais actuellement, c'est la meilleure solution. Nous nous sommes organisés de façon à ce que s'il y a une autre option sur la table, on peut rapidement basculer vers autre chose», lance-t-elle.

Rappelons que Québec autorise les centres de services scolaires, en fonction de la réalité de chacune des écoles secondaires, à offrir un enseignement à distance un jour sur deux aux écoliers de quatrième et cinquième secondaire.

Le centre Asticou accueille les élèves de l'école secondaire Mont-Bleu depuis l'automne 2018.

À l'école secondaire Mont-Bleu, les élèves de ces niveaux seront présents en alternance sur une base hebdomadaire. Le calendrier officiel doit leur être fourni d'ici la fin du mois.

«Les élèves de 4e secondaire seront présents à l’école la semaine 1 à compter du 1er septembre en alternance avec les élèves de 5e secondaire qui viendront à l’école en présentiel la semaine 2 à compter du 8 septembre. Cela leur permettra de maintenir leurs cours à options, leur permettant souvent de maintenir une certaine motivation, à persévérer et à rester à l’école. Tous les élèves de l’école secondaire Mont-Bleu auront le même horaire de cours de 4 périodes (3 périodes au sport-études et aux PCSAÉ) qu’ils soient en présentiel ou en enseignement à distance», écrit M. Ménard dans la missive.


« Aller à l'école tous les jours, ça instaure une discipline, c'est la vraie vie. »
Nicolas Pedneault

«Nos priorités ne sont pas à la bonne place»

Parmi les parents qui faisaient pression sur le CSSPO pour qu'un autre scénario soit privilégié, plusieurs se disent déçus, même s'ils gardent espoir que les discussions avec le fédéral puissent aboutir à moyen terme.

Nicolas Pedneault, dont la fille débutera sa quatrième secondaire, persiste et signe en affirmant «ne pas avoir observé la levée de boucliers qui aurait été nécessaire en tout début d'été pour que cette situation ne se produise pas».

«Je suis attristé de la situation. Quand c'a été le temps de trouver un aréna pour une équipe de hockey junior majeur, tout le monde s'est justement jeté sur la patinoire, mais quand c'est le temps de trouver une solution pour quelque chose qui à mon sens est plus important que le hockey, on n'a pas senti que personne se donnait corps et âme pour régler le problème. C'est la seule école dans cette situation. C'est comme si nos priorités ne sont pas à la bonne place. Ma fille m'a dit: peut-être qu'il faut se résigner, mais moi je dis non. Ce n'est pas normal que l'on ne puisse pas aller à l'école à temps plein en 2020», déplore le père de famille, qui réitère que l'école Mont-Bleu «ne l'a pas eu facile» ces dernières années.

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Ce dernier précise que s'il doit composer avec une telle situation, il aurait à tout de moins préféré que le CSSPO opte pour une fréquentation scolaire à mi-temps chaque jour, comme ce sera le cas pour les élèves de ces niveaux à l'école polyvalente Nicolas-Gatineau, qui est gérée par le Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD). Là-bas, il est prévu que les écoliers de quatrième et cinquième secondaire seront présents à l'école en matinée seulement.

«Aller à l'école tous les jours, ça instaure une discipline, c'est la vraie vie», conclut M. Pedneault.

Sur le groupe Facebook créé par les parents insatisfaits, qui compte environ 90 membres, d'autres personnes ont aussi fait part de leur incompréhension.

«Je suis d'avis qu'une meilleure solution peut encore être trouvée. J'aimerais bien comprendre ce qui accroche dans ce dossier. Un peu de transparence serait apprécié», a écrit une mère. 

D'autres soulignent que le scénario d'être présent à l'école à 50%, mais avec une formule d'une journée sur deux, aurait eu moins de répercussions négatives.

La députée Gaudreault confiante

Répétant qu'elle est en contact direct avec le CSSPO chaque semaine, la députée de Hull, Maryse Gaudreault, demeure confiante qu'une solution soit trouvée dans ce dossier, elle qui a pu discuter avec le cabinet du ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, mercredi, lequel a confirmé que les choses cheminent et que la question budgétaire n'est pas un obstacle.

«Ça me soulage. L'objectif de tout le monde, c'est que les élèves de secondaire 4 et 5 soient à l'école à mi-temps le moins longtemps possible», de dire l'élue.