Sebastien Goupil de l'UNESCO, le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, la vice-rectrice, Sylvie B. deGrosbois, ainsi que Paul Carr et Gina Thésée de la Chaire UNESCO, à l'UQO.

L'UQO obtient une Chaire UNESCO

L'Université du Québec en Outaouais (UQO) a joint un club sélect lundi en devenant la 17e institution au pays à accueillir entre ses murs une Chaire UNESCO.
C'est au sociologue de l'éducation et professeur au Département des sciences de l'éducation de l'UQO, Paul R. Carr, qu'ont été confiées les rênes de la Chaire UNESCO en démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire (DCMÉT). 
Le professeur, dont la justice sociale, l'éducation pour la démocratie, les inégalités sociales et les études de la paix sont quelques-uns des thèmes de recherche, fera équipe avec Gina Thésée, professeure au Département de didactique de la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), qui agira à titre de co-titulaire de la Chaire.
Cette 20e Chaire UNESCO au Canada aura plusieurs objectifs, en particulier contribuer à la démocratisation des systèmes éducatifs. Elle compte également promouvoir la citoyenneté par une éducation à la démocratie critique dans diverses sociétés et accroître les échanges entre les pays du Nord et du Sud par la création de partenariats. 
Le lancement de la nouvelle chaire, qui a eu lieu alors que s'amorce la Semaine de la recherche à l'UQO, avait de quoi réjouir le recteur Denis Harrisson.   
« Cette chaire va nous permettre évidemment de croître notre internationalisation. À l'UQO, depuis un certain temps déjà, on s'intéresse à cela. On passe par différentes phases, notamment l'attraction pour les étudiants étrangers, mais aussi le fait que nos étudiants puissent être mobiles, qu'ils puissent se voir offrir des expériences ailleurs dans le monde. Ça veut dire beaucoup aussi pour la recherche, il faut de plus en plus accroître la capacité de nos professeurs de faire de la recherche avec des collègues internationaux », a-t-il lancé. 
Le titulaire Paul R. Carr précise que les travaux sur ces enjeux se sont étalés sur une période d'une décennie. 
« On se pose des questions. Est-ce qu'on vit en démocratie ? Ou plutôt comment devient-on démocrate ? On ne naît pas démocrate. Il faut le devenir, il faut le cultiver. [...] Il y a plusieurs manières d'aborder la participation citoyenne et de mobiliser les gens en paix, contre la guerre et la pauvreté », affirme-t-il. 
Sa collègue Gina Thésée a quant à elle expliqué à sa façon que la Chaire DCMÉT permettra d'engager un véritable dialogue social. 
« Le 20e siècle nous a donné des images d'horreur, de violence de toutes sortes, et malheureusement, le 21e siècle, depuis 17 ans maintenant, nous montre ces mêmes images. Nous devons donc repenser les choses, repenser la citoyenneté, repenser la démocratie, repenser l'éducation. Comment est-ce possible de le faire ? Nous croyons que l'UNESCO, à travers le réseau des Chaires, nous donne cette opportunité d'inviter ces générations, cultures, ethnies et locuteurs divers à prendre la parole, de faire entendre ces voix qui sont habituellement muselées », a-t-elle expliqué. 
Partager les connaissances
Le programme des Chaires UNESCO existe depuis un quart de siècle et fait la promotion de la mise en réseau des universités à l'échelle internationale afin de renforcer les capacités des établissements grâce au partage des connaissances et aux travaux menés en collaboration. On en dénombre actuellement un peu plus de 700 réparties dans une centaine de pays. Les autres Chaires UNESCO à travers le pays se trouvent entre autres à l'Université du Québec à Montréal, à l'Université Laval de Québec, à l'Université du Québec à Trois-Rivières, à l'Université Queen's de Kingston ainsi qu'à l'Université de Victoria. 
Précision
Concernant le financement des universités :
Dans notre article intitulé « Intimidation et désinformation » publié en page 11 de notre édition du 24 mars, il était indiqué que le Syndicat des professeures et professeurs de l'Université du Québec en Outaouais (SPUQO) soutenait que 93 % du financement des universités provient des frais déboursés par les étudiants à temps plein. Or, il faudrait plutôt dire que le financement de l'UQO, composé à la fois de la subvention gouvernementale et des droits de scolarité, repose (à hauteur d'environ 93 %) sur le paramètre « étudiant en équivalence au temps plein » (EETP). Autant un étudiant à temps plein suivant 30 crédits par année que cinq étudiants qui suivent six crédits par année équivalent donc à un EETP.
Le Droit