Le recteur de l'UQO, Denis Harrisson, a indiqué que l'année préparatoire du programme de médecine de l'Université McGill inclut de nombreux cours en biologie humaine qui ne sont pas offerts à l'UQO.

L’UQO ne peut offrir le programme préparatoire de médecine

L’Université du Québec en Outaouais (UQO) ne serait pas en mesure, à court terme, d’offrir le programme préparatoire que doivent obligatoirement suivre les cégépiens qui souhaitent étudier dans la future faculté satellite de médecine de la région.

Le recteur Denis Harrisson a indiqué au Droit que l’année préparatoire au programme de médecine de l’Université McGill par laquelle doivent passer les finissants du cégep inclut de nombreux cours en biologie humaine qui ne sont pas offerts à l’UQO. « On n’a pas de programme en biologie, et à court et à moyen terme, on ne compte pas non plus obtenir un programme en biologie, a-t-il mentionné. On a plutôt opté pour un programme qui s’appelle écologie et environnement, on a accueilli les premiers étudiants cet automne et on va d’abord consolider ce programme-là pour ce qui est du domaine des sciences biologiques. »

À l’heure actuelle, les finissants du cégep doivent passer par une année préparatoire à Montréal, pour y suivre des cours offerts uniquement en anglais par la faculté des sciences de McGill.

M. Harrisson ne ferme toutefois pas à la porte à un éventuel partenariat avec McGill pour accueillir les cégépiens qui souhaitent suivre le programme préparatoire dans la région.

Rentabilité

Il serait toutefois difficile qu’une telle option soit « rentable », en raison du petit nombre d’étudiants concernés. Selon l’Université McGill, la première cohorte de 24 étudiants de la faculté satellite, qui doit ouvrir en 2020 au-dessus de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, comptera de 12 à 20 finissants du cégep qui auront suivi le programme préparatoire.

Le recteur soutient que « McGill est ouvert à ce qu’un jour », l’UQO offre le programme préparatoire à l’entrée en médecine, mais souligne que la priorité va pour l’instant au développement de programmes en sciences de la santé. « On a obtenu du financement pour développer des programmes en santé et c’est là-dessus qu’on mise davantage que sur le développement d’un programme de sciences fondamentales comme biologie et chimie », précise-t-il.

Si toutefois le gouvernement tenait à ce que le programme préparatoire soit offert en français en Outaouais, cela nécessiterait des « investissements lourds », mais l’UQO « aurait de la place », assure Denis Harrisson.

« On aurait de l’intérêt aussi, dit-il. Si le programme est financé, on va regarder ce qu’on peut faire. [Avec] 12 à 15 étudiants dans une salle de classe, c’est sûr que ce n’est pas rentable, surtout pour des cours de sciences comme ça, parce que ça demande quand même des investissements dans des laboratoires, des techniciens et de l’équipement spécialisé. »

L’UQO pourrait aussi offrir certains cours optionnels - « il y a entre autres des cours de statistiques » –, mais si un jour le programme préparatoire est offert dans la région, les « conditions d’admission en médecine de l’Université McGill » devront être respectées, précise M. Harrisson.