Madeleine Meilleur

«L'Université d'Ottawa doit demander la désignation», selon Madeleine Meilleur

L'Université d'Ottawa y songe depuis cinq ans, le gouvernement ontarien souhaite qu'elle passe maintenant à l'action: s'il n'en tient qu'à la ministre Madeleine Meilleur, la plus importante université bilingue au pays demandera prochainement que ses programmes offerts à la minorité franco-ontarienne soient protégés par la Loi sur les services en français.
«Je souhaite que l'Université d'Ottawa demande la désignation en vertu de la Loi. Oui, c'est souhaitable», a confié hier au Droit la ministre déléguée aux Affaires francophones, quelques heures après que La Cité collégiale ait annoncé qu'elle entame une démarche en ce sens pour ses propres programmes et services.
C'est la première fois que le gouvernement ontarien se prononce de façon aussi claire pour la désignation de «l'université canadienne» en vertu de la LSF, alors que depuis six mois, intellectuels, étudiants et membres de la communauté pressent la maison d'enseignement de formuler une telle demande.
Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a déjà encouragé l'université à demander la protection de cette loi quasi constitutionnelle. Idem pour son vis-à-vis provincial, François Boileau. Le Collège Boréal est assujetti à la LSF depuis 2008. Les universités Laurentienne et de Hearst devraient l'être d'ici la fin de l'année. Et La Cité collégiale demandera à la province de protéger les programmes et les services qu'elle offre, a-t-elle confirmé hier, six mois après les célébrations du 25e anniversaire de la LSF.
Dans les faits, comme la grande majorité des cours et programmes d'études du collège sont offerts en français, la démarche est essentiellement symbolique, a souligné son vice-président principal, Serge Brousseau. «Quoi qu'il en soit, la LSF nous permettra d'obtenir une meilleure protection juridique de nos programmes et services. À l'heure actuelle, le règlement qui nous régit peut être modifié à tout moment par le gouvernement, sans (consultation) avec l'Assemblée législative. En demandant la désignation, on a une protection additionnelle», a-t-il ajouté.
Rappelons que le Parti progressiste-conservateur avait identifié dans sa plateforme électorale de 2011 quatre collèges - dont les deux seuls francophones - comme des sources potentielles de «gaspillage» à réformer ou tout simplement éliminer. Comme les autres établissements postsecondaires ayant récemment demandé la désignation, la Cité souhaite conserver une «autonomie de gestion des cours et programmes», afin de pouvoir s'adapter aux besoins du jour.
Cette autonomie n'est pas explicitement décrite dans la Loi, ce qui déplaît à certaines maisons d'enseignement, à commencer par l'U d'O, qui avait été la première à songer à la désignation, en 2007.
L'U d'O soutient qu'elle étudie toujours la question. «L'Université canadienne» dispose depuis 2010 d'un avis juridique prônant la désignation partielle de ses services et programmes, mais la haute direction s'est jusqu'à présent opposée à une telle démarche.
Une rencontre a été tenue entre le commissaire aux services en français François Boileau et le recteur Allan Rock, en début d'année. M. Boileau s'est dit «optimiste», hier, de voir l'université se prononcer sur la question à court ou moyen terme.
Les cas de la Cité et de l'U d'O sont bien différents, a rappelé Mme Meilleur, hier. «Le cas de l'Université est beaucoup plus complexe, à cause de sa taille et parce qu'elle est bilingue.»
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