Dans le complexe STEM, de l’Université d’Ottawa, de jeunes génies s’activent dans plusieurs domaines en ingénierie.

«L’université de demain»

L’innovation, la création d’idées et la recherche sont au coeur du nouveau complexe consacré à la science, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques (STIM) à l’Université d’Ottawa (Ud’O).

Le plus gros édifice du campus, nommé complexe STEM, comptera entre autres 18 laboratoires et 50 imprimantes 3D. L’espace disponible pour la recherche a doublé sur le site de l’Ud’O.

«Je l’ai vu grandir. C’est un complexe qui est immense, mais c’est surtout un complexe résolument tourné vers demain. C’est ce dont on rêvait pour les étudiants, des espaces ouverts avec beaucoup de capacité de recherche et d’innovation. C’est un peu l’université de demain. Je voudrais que tous les pavillons soient comme ça», souligne Jacques Frémont, recteur de l’Ud’O.

Apprentissage expérientiel
Le complexe «complexe», comme l’a qualifié M. Frémont lors de l’inauguration officielle jeudi matin, se veut un endroit de collaboration multidisciplinaire. Les étudiants, les professeurs, les chercheurs, les entrepreneurs, le personnel de l’université et la collectivité pourront accéder à cet espace d’apprentissage expérientiel.

Plus de 11 000 étudiantes circuleront dans le complexe STEM sur une base quotidienne. L’édifice regroupe 11 différentes disciplines en sciences en plus de celles en génie. L’université compte intégrer les arts aux activités quotidiennes.

Le nouveau complexe STEM utilise un acronyme anglophone.

Les étudiants peuvent y construire et y mettre à l’essai des prototypes complexes, comme des télécommandes pour les personnes paralysées, des prothèses et des voitures de course de niveau compétitif.

L’atelier Makerspace Richard-L’Abbé a été conçu pour «inventer, construire et jouer». Des équipements de pointe s’y retrouvent, tels que des découpeurs lasers, des imprimantes 3D, des accessoires de réalité virtuelle et des outils Handibots.

Un bassin de simulation de tsunami a été installé au sous-sol de l’édifice. L’objectif est de permettre de construire des infrastructures plus résistantes à la force destructrice des phénomènes météorologiques extrêmes.

Les murs en vitres permettent aux gens d’observer sans déranger les chercheurs.

Le complexe STEM a pris deux ans à construire. Un défi sans précédent, estime le recteur. Deux bâtiments ont dû être démolis, soit le pavillon MacDonald et le Cube.

«C’est un édifice certainement aussi complexe au plan technologique que de concevoir un hôpital, illustre M. Frémont. On a même fini 72 heures en avance, c’est un miracle.»

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L'UNIVERSITÉ D'OTTAWA SE DÉFEND D'UTILISER UN ACRONYME ANGLOPHONE

L’Université d’Ottawa (Ud’O) a choisi d’utiliser un acronyme anglophone afin de nommer son nouveau pavillon de science et de génie.

Le complexe STEM, regroupe la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques. La lettre «E» fait référence au mot «engineering» qui signifie ingénierie en français.

«C’est l’acronyme qui est reconnu à travers le monde. En chine on appelle ça STEM, en France, en Europe, en Belgique, en Suisse. On a vérifié partout, assure le recteur Jacques Frémont. Pour des fins de simplicité, on a pris le mot mondialement connu, toutes langues confondues.»

M. Frémont assure que l’université n’a pas voulu choisir un terme anglophone aux dépens d’un mot équivalent dans la langue de Molière. 

«STEM, c’est un mot universellement reconnu comme reflétant cette dimension-là», ajoute le recteur.

Le commissaire aux services en français de l’Ontario n’était pas disponible, jeudi, pour commenter le choix fait par l’université.

«Si jamais le Commissariat recevait une plainte à ce sujet, cette plainte serait a priori recevable», a précisé Emmanuelle Bleytou, chef des communications stratégiques.

Rappelons que l’établissement d’enseignement a obtenu la désignation de ses services et programmes d’études en français, en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario en 2015. 

«La désignation constitue donc une reconnaissance fondamentale de l’engagement de l’Université d’Ottawa envers la promotion, le rayonnement et le développement de la francophonie en Ontario, pour les générations à venir», peut-on lire sur le site web de l’Ud’O.